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« Pour se préserver, le grain doit être aéré. Nos capteurs locaux, un système électronique autonome basé sur l’internet des objets, facilitent la ventilation des silos en attendant la livraison. L’agriculteur reçoit l’information à distance en temps réel. » Mathieu Phaneuf / président d’Agrilog

« Pour se préserver, le grain doit être aéré. Nos capteurs locaux, un système électronique autonome basé sur l’internet des objets, facilitent la ventilation des silos en attendant la livraison. L’agriculteur reçoit l’information à distance en temps réel. » Mathieu Phaneuf / président d’Agrilog

Le silo connecté : « l’œil bionique » du producteur

Qui aurait dit il y a quelques années que les silos allaient « parler » à l’agriculteur? Eh bien, c’est chose faite! Désormais, il est possible d’obtenir un certain nombre d’informations sur ce qui mijote à l’intérieur de notre cylindre géant (volume, température, humidité, composants de l’air, etc.). Si le pas est franchi pour le grenier céréalier, il reste encore un bout de chemin à parcourir pour que les silos-tours se tournent vers le numérique.

Les données relatives au stockage des grains constituent un élément ­important du processus d’alimentation du bétail. Toutefois, les producteurs négligent souvent cet aspect en raison d’une méconnaissance des nouvelles pratiques ou par manque de temps. La mise en place de l’Internet des objets vient combler ce vide dans la transformation digitale des fermes.

« Faites de l’air »

Silo métallique à fond conique sur semelle de ciment.

Silo métallique à fond conique sur semelle de ciment.

Pour maintenir un bon taux d’humidité et préserver la qualité des céréales, on doit prévoir des cycles précis d’aération. Des capteurs installés à l’intérieur de l’enceinte métallique remplissent cette fonction en permettant d’automatiser la ventilation mécanique.

« Le grain est un organisme vivant, souligne Mathieu Phaneuf, président d’Agrilog. Tout comme l’homme, il réagit aux conditions climatiques telles que la température et l’humidité. Durant la période d’entreposage, les grains vont donc respirer et ainsi libérer humidité et chaleur. »

Une ventilation inadéquate peut entraîner la présence de moisissures et un assèchement du grain pouvant conduire à une perte du taux de germination. Le système Silog automatise les cycles de ventilation en se servant des plages météo optimales pour garantir la qualité du produit.

« Pour se préserver, le grain doit être aéré, précise le président d’Agrilog. Nos capteurs locaux, un système électronique autonome basé sur l’Internet des objets, facilitent la ventilation des silos en attendant la livraison. L’agriculteur reçoit l’information à distance en temps réel. »

Pas de temps à perdre

Trois composantes font partie du système : un contrôleur de puissance, un contrôleur numérique et une station météo. Le système collecte des données sur la nature du grain, la température, la ventilation, l’humidité et la pression. Le suivi sur Internet donne accès aux informations via une interface client.

Les bénéfices environnementaux de cette appro­che sont non négligeables. En plus d’optimiser le temps de ventilation et de baisser la consommation d’énergie (électrique, propane ou autre), on réduit les émissions de GES.

De plus, on diminue les pertes dues à la mauvaise qualité du grain (germination, moisissures, rétrécissement, etc.) tout en simplifiant de 80 % en moyenne le temps de gestion.

Gérer l’inventaire

« L’avantage du système LoRa (Long Range) qui mesure par ultrasons repose sur l’ajout d’une radio reliée à un fil à l’extérieur du silo. Si les ondes sont bloquées, on peut tout de même obtenir les informations. »

« L’avantage du système LoRa (Long Range) qui mesure par ultrasons repose sur l’ajout d’une radio reliée à un fil à l’extérieur du silo. Si les ondes sont bloquées, on peut tout de même obtenir les informations. »

Un autre outil met l’accent sur le volume de denrées contenu dans ce magasin à céréales.

« Le système Seelow évite de se déplacer physiquement pour voir le contenu du silo, mentionne Majid Tounsi, président d’Agrimesh. Cette innovation réduit les risques d’avoir à grimper l’échelle et donne une évaluation de la quantité de moulée beaucoup plus fiable que l’évaluation par “cognage” ou à l’œil. »

Ce nouveau moyen de surveillance technologique, qui convient à toutes les catégories de cellules de stockage quelle que soit leur forme, leur matériau ou leurs dimensions, possède une micropuce qui capte et transmet des données par le biais d’un réseau local et les envoie par Internet au client (page Web ou application mobile).

« Installé sur le toit, le capteur utilise ensuite un laser afin de mesurer la distance, pouvant aller jusqu’à 60 mètres, ajoute M. Tounsi. Il évalue ensuite la quantité de moulée en fonction de plusieurs lectures et d’algorithmes en convertissant avec une bonne approximation cette information de hauteur en poids. »

De plus, le système s’adapte à n’importe quelle production (porc, lait, volaille, etc.) et à une variété d’aliments solides (moulée, grain, fourrage, etc.).

Une radio à l’extérieur

Une autre technologie est dédiée aux capteurs à batterie longue portée (15 à 20 km de l’antenne) à faible consommation d’énergie (plus de 100 000 lectures avec un ensemble de batteries) et de longue durée (environ 10 ans). Le système LoRa (Long Range) mesure par ultrasons. Il met en place des alertes pour ­permettre un ravitaillement automatisé et améliore la logistique de livraison.

« L’avantage de cette avenue repose sur l’ajout d’une radio reliée à un fil à l’extérieur du silo, indique Éric Bourbeau, président de X-TELIA. Si les ondes sont bloquées, on peut tout de même obtenir les informations. Les deux technologies [laser et ultrasons] possèdent des avantages et des limites. Le laser consomme beaucoup d’énergie. Envoyer un rayon laser coûte très cher. »

Vers la ferme 4.0

Le capteur de niveaux offre des avantages réels. De plus, on évite le sur-entreposage de certaines denrées nécessaires pour une courte période. Il est également possible de retracer tous les événements survenus au cours de ­l’année ou plus afin de connaître la courbe de croissance ou de déficience des grains mis en stockage.

« Nos systèmes connectés et intelligents offrent une nouvelle façon d’interagir avec les appareils et les paramètres d’élevage, conclut le président d’Agrimesh. Nous ne ­souhaitons pas remplacer l’humain, mais l’intelligence artificielle demeure un outil pour résoudre des problèmes complexes et une sorte d’aide à la chaîne de décision. » 

Pour maintenir un bon taux d’humidité et préserver la qualité des céréales (risque de moisissure, assèchement des grains ou encore perte de germination), on doit prévoir des cycles précis d’aération. Des capteurs installés à l’intérieur de l’enceinte métallique remplissent cette fonction en permettant d’automatiser la ventilation mécanique afin d’atteindre la teneur en eau du grain.

Pour maintenir un bon taux d’humidité et préserver la qualité des céréales (risque de moisissure, assèchement des grains ou encore perte de germination), on doit prévoir des cycles précis d’aération. Des capteurs installés à l’intérieur de l’enceinte métallique remplissent cette fonction en permettant d’automatiser la ventilation mécanique afin d’atteindre la teneur en eau du grain.

Roger Riendeau, collaboration spéciale