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Le début d’une ère nouvelle

À Saint-Casimir, dans la MRC de Portneuf, Carl Thibodeau, qui est expert-conseil en production végétale à la Coop Univert, a vite flairé le potentiel de ce nouvel outil de diagnostic.

« À mon avis, c’est littéralement l’avenir quant à la gestion d’une exploitation de grandes cultures. Les problèmes de compaction sont parfois abstraits pour le producteur, mais si la carte peut chiffrer qu’ils lui provoquent des pertes de 20 000 $, le constat sera beaucoup plus évident. Même chose si un producteur loue des terres, il peut réaliser lesquelles sont rentables et lesquelles ne devraient plus être louées. » Ce conseiller affirme que l’échantillonnage du sol s’avère beaucoup plus efficace avec ces cartes de rendement géoréférencées. « Avant, les sites d’analyses de sol étaient déterminés de façon aléatoire. Maintenant, en un coup d’œil, nous savons où sont les bonnes zones et où sont les problèmes. Nous pouvons donc y cibler nos analyses. J’ai un producteur qui avait constaté une baisse générale de rendement pour son champ de blé. Les données provenant du satellite ont mis en évidence une zone performante, mais deux autres sites aux résultats plus faibles. Je me suis déplacé précisément à ces endroits pour découvrir que l’une des zones faibles comportait un sol léger, où il y aurait peut-être un manque de matière organique, un élément que les analyses de sol éclairciront. L’autre zone faible, c’est un problème de compaction. Et ce producteur cultive en semis direct. Or, la carte me permet de délimiter l’étendue de la zone compactée afin de circonscrire les travaux de sous-solage à ce secteur, sans démolir les bienfaits de son semis direct dans le restant du champ. »  Carl Thibodeau souligne qu’un avantage de l’imagerie satellite se démarque même des cartes de rendement produites à partir du capteur d’une moissonneuse-batteuse. « Les photos satellites sont prises bien avant les récoltes, nous permettant ainsi d’anticiper les rendements.

Ce genre d’informations peut s’avérer très intéressant quant à la mise en marché des grains d’un producteur. Par exemple, un client avait visité son champ et anticipait une excellente récolte. Il envisageait même de fermer un contrat concernant une bonne partie de sa récolte. Lorsque j’ai reçu les cartes, le constat différait! En effet, les rendements apparaissaient très bons en périphérie du champ, mais faibles au centre. En visitant les endroits critiques, il n’y avait pas de doute : les tiges étaient menues et les épis petits. Sachant que cette zone faible représentait 56 % du champ, le producteur a modifié sa stratégie de mise en marché, en laissant tomber l’idée de vendre un bon volume d’avance… Fait intéressant, la zone de faibles rendements correspondait à un semis sur retour de maïs, tandis que les bons secteurs avaient été semés sur un retour de soya. »

Démocratisons la précision!

Les tarifs pour obtenir ces données, compilées sur des cartes, varient entre 550 $ et 1000 $ par exploitation, par année. Des forfaits pour le traitement de trois années de données seront éventuellement offerts. « C’est un service clé en main, affirme Alain Brassard. Pour nous, les cartes de rendement conçues à l’aide de l’imagerie par satellite démocratisent l’agriculture de précision. D’une part, tous les producteurs, petits ou grands, y ont accès. D’autre part, le coût est accessible; environ trois fois moins élevé que celui associé au traitement des données provenant d’une moissonneuse-batteuse munie d’un capteur de rendement géoréférencé. »