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Pour les travailleurs étrangers, travailler et vivre au Canada est un privilège, affirme Steven Cyr, conseiller aux entreprises chez Solution Recrutement International. Son agence aide les membres de l’AMMAQ à combler leurs besoins en mécaniciens. Photo : Riendeau

Pour les travailleurs étrangers, travailler et vivre au Canada est un privilège, affirme Steven Cyr, conseiller aux entreprises chez Solution Recrutement International. Son agence aide les membres de l’AMMAQ à combler leurs besoins en mécaniciens. Photo : Riendeau

La main-d’œuvre étrangère appelée en renfort

Les agriculteurs qui se rendent chez un concessionnaire d’équipements agricoles doivent s’attendre à voir de nouveaux visages dans un proche avenir. La pénurie de main-d’œuvre amène un nombre grandissant de membres de l’Association des marchands de machines ­aratoires du Québec (AMMAQ) à se tourner vers l’international pour recruter de nouveaux ­mécaniciens.

« À l’heure actuelle, presque chaque concessionnaire de l’AMMAQ envisage de recruter à l’international parce que le nombre d’élèves formés dans les écoles au Québec n’arrive pas à combler les besoins du marché. Pour 2020, on prévoit que de 40 à 50 mécaniciens étrangers seront en processus d’embauche », explique Steven Cyr, conseiller aux entreprises pour Solution Recrutement International.

Cette agence, qui collabore depuis peu avec l’AMMAQ, a facilité l’embauche de 900 travailleurs des Philippines et de Madagascar dans différents secteurs d’activités au cours des quatre dernières années.

Grand bassin de travailleurs qualifiés

« Ces deux pays possèdent un bassin intéressant de travailleurs qualifiés. Aux Philippines, des entreprises agricoles comme Dole ou Del Monte sont bien implantées, tandis que le Madagascar compte un centre de formation Caterpillar pour opérer de la machinerie lourde dans le secteur minier », poursuit Steven Cyr.

Qui plus est, les travailleurs de ces deux pays ont la réputation de mettre du cœur à l’ouvrage. « Pour eux, le travail n’est pas une corvée. Dans le cas des Philippins, beaucoup travaillent au Japon ou en Arabie saoudite, mais l’intégration dans ces sociétés est impossible en raison des lois d’immigration très strictes.
C’est un privilège pour eux de pouvoir travailler et vivre au Canada en sachant qu’ici il y a un avenir pour eux », observe le conseiller dont l’agence affiche un taux de rétention de 95 % au terme du premier contrat d’embauche. 

Comment ça fonctionne?

Le processus d’embauche, d’une durée de six à huit mois, a été conçu de façon à réduire au maximum la charge de travail des employeurs. En fonction d’une description détaillée du poste et d’un contrat de travail, l’agence lance le processus d’appel de candidatures. Un partenaire local effectue une première présélection pour arriver à un ratio de trois candidats pour un poste.

Deux options se présentent ensuite à l’employeur. Celui-ci peut choisir de mener les entrevues par vidéoconférence ou encore de partir en mission à l’étranger, une option qui mérite d’être considérée, mentionne Steven Cyr. « L’employeur peut comprendre d’où les candidats partent, mais il a aussi l’occasion de prendre son temps pour faire les rencontres. Il peut poser des questions plus précises, étudier la gestuelle du candidat, constater si le courant passe entre eux. Le processus de sélection est plus complet ainsi. »

Clé en main

Après la signature du contrat, l’agence s’occupe du processus d’immigration avec un cabinet ­légal, en plus de veiller aux détails du voyage et de l’accueil. Pendant ce temps, l’employeur a la responsabilité de trouver un logement et de le meubler. Les sommes consacrées constituent une avance sur le salaire de l’employé, question de ne pas créer un sentiment d’injustice chez ses collègues. Une fois le travailleur étranger arrivé, il faut compter quelques semaines avant qu’il s’intègre à son nouveau milieu professionnel.

S’il s’agit d’un processus qui prend plusieurs mois et qui peut coûter entre 10 000 et 15 000 $ par travailleur, le recrutement à l’international a fait ses preuves, fait ­valoir le conseiller. « Ces travailleurs sont en général très reconnaissants envers l’employeur qui leur a donné une première chance. Ils peuvent rester 10, 15 ou 20 ans avec la même entreprise. »

David Riendeau, collaboration spéciale


Ce texte est paru dans le cahier spécial soulignant les 70 ans de l’AMMAQ, publié le 11 mars 2020.