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La débroussailleuse idéale?

Texte, photos et vidéos : Martin Ménard

De l’herbe impossible à atteindre avec le tracteur à gazon, des roseaux qui envahissent le devant de la propriété, de nouvelles pousses qui referment le chemin d’un boisé? Quand les indésirables doivent être rasés, mieux vaut posséder « LA » machine!

L’achat d’une débroussailleuse ne représente peut-être pas un moment très exaltant, mais le choix du bon outil peut épargner plusieurs heures de travail pénible et quelques raideurs au dos. Le « fouet », comme plusieurs l’appellent communément, est offert selon différ



Modèle à arbre courbé

Il s’agit ici d’un coupeMM_debrousailleuse_11-300x175 (1)-herbe et non d’une débroussailleuse. La forme arrondie de l’arbre indique qu’une tige flexible transfère la puissance du moteur à la bobine de fil. Ce type de transmission présente des limites en termes de force, de sorte qu’il est impossible d’employer cette machine avec une lame. L’arbre courbé gêne également l’accès aux endroits couverts.

Utilisation : idéal pour tondre la pelouse autour des bâtiments, des clôtures, etc.

Avantages : faible prix d’achat, vitesse de rotation élevée de la bobine.

Désavantages : incapacité de couper les tiges plus coriaces, les roseaux, les jeunes arbres, etc. Accès plus difficile sous les conifères, les patios, etc.

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Modèle à arbre droit avec poignée en D

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Un arbre droit implique la présence d’un petit système d’engrenages à l’extrémité de l’arbre. Son effet démultiplicateur abaisse légèrement la vitesse de rotation de la bobine mais lui confère plus de force, notamment pour recevoir différentes lames. L’arbre droit facilite l’accès aux zones couvertes.

Utilisation : très diversifiée. Coupe autant le gazon autour des bâtiments que les herbes denses, les roseaux, etc.

Avantages : construction généralement plus robuste. Grand choix de cylindrées. Peut recevoir différents types de lames. Très maniable.

Désavantages : un modèle avec poignée en D ne peut être équipé d’une lame circulaire destinée à la coupe d’arbres (trop dangereux). Il se révèle également moins approprié pour de longs travaux, surtout si ceux-ci exigent des mouvements continus de gauche à droite.

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Modèle à arbre droit avec poignées bicyclette

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Voici une machine de guerre! L’opérateur enfile un harnais qui soutient le poids de la débroussailleuse et ses deux mains contrôlent les poignées, ce qui permet une prise solide de la machine. Advenant le cas où la lame heurte un obstacle, le rebond de l’appareil se contrôle de façon plus sécuritaire. Il est possible d’employer une lame conçue pour couper les arbres allant jusqu’à 10 cm de diamètre.

Utilisation : travaux longs ou ardus, débroussaillage forestier, etc.

Avantages : peut fonctionner avec une bobine de fil de nylon, des lames à herbe et des lames circulaires (forestières). Poignées de bicyclette plus sécuritaires pour contrôler les rebonds, ce qui permet en outre de travailler de longues heures sans trop de fatigue.

Désavantages : Nécessite d’enfiler un harnais, même pour couper simplement l’herbe autour de la maison. Limité dans les endroits exigus.

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Parlons moteur!

Quelle puissance de moteur choisir? « Pour les agriculteurs qui désirent faucher l’herbe autour de la maison, raser les roseaux en bordure de fossé ou couper de jeunes arbres avec une lame circulaire, je conseille un moteur de 31 cc, indique Yann Allard, gérant des services techniques et de la formation chez Stihl. Pour des graminées denses et coriaces sur de grandes surfaces, un moteur plus puissant sera le bienvenu, par exemple de 36 cc. Et pour ceux qui ont des plantations d’arbres à dégager ou des boisés à entretenir, bref, pour une utilisation du matin au soir en forêt, il faudra opter pour un moteur de 40 cc ou plus. Évidemment, le prix et le poids augmentent avec la cylindrée. »

Les minimoteurs n’échappent pas aux nouvelles normes de pollution et leur conception est en pleine évolution. Alors, petite devinette : quelle technologie vous convient-elle?

  1. A.   Moteur à deux temps traditionnel (mélange d’huile et d’essence). Il est le plus polluant et émet un son strident. Mais il est aussi le moins coûteux et son ratio poids/puissance est excellent. Toutefois, certains prévoient que les nouvelles normes antipollution conduiront à sa disparition.
  2. B.   Le moteur à deux temps amélioré. L’huile est toujours mélangée à l’essence, mais les manufacturiers comme Husqvarna, Stihl et Echo modifient certains mécanismes afin de diminuer les émissions polluantes. « Chez Stihl, il s’agit d’un système à charge stratifiée. Le principe consiste à intercaler une “poche d’air frais” entre les gaz d’échappement et le mélange d’essence, précisément au moment du balayage. Il en résulte un abaissement des gaz d’échappement imbrûlés, en plus d’une consommation réduite de carburant », mentionne Yann Allard.
  3. C.   Le moteur à quatre temps sans base d’huile. Ce moteur très novateur fonctionne de façon identique au modèle à quatre temps conventionnel, mais sa lubrification se fait par l’incorporation d’une certaine quantité d’huile à l’essence. Différents manufacturiers, comme Shindaiwa et Stihl, l’offrent. « Ce type de moteur allie les avantages d’un moteur à deux temps à ceux d’un quatre-temps : un couple nettement plus élevé, une consommation d’essence réduite, des émanations parmi les plus faibles, idem pour les vibrations, le tout sans vidange d’huile », note M. Allard. Ce dernier souligne que l’huile additionnée à l’essence n’entraîne pas de pollution. C’est plutôt l’essence non brûlée et rejetée dans l’atmosphère qui pollue.
  4. D.   Le moteur à quatre temps avec base d’huile. « Husqvarna offre des débroussailleuses avec moteur à quatre temps avec base d’huile qui performent très bien, mais il faut être conscient que leur utilisation nécessite certaines précautions, précise Éric Viens, propriétaire de Laganière Mini-Moteur à Saint-Hyacinthe. Par exemple, il importe de ne pas renverser la machine sur le côté, ni de l’utiliser à l’envers. Autrement, l’huile peut s’écouler dans le filtre à l’air. »

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Pourquoi différents prix?

« Dans les grandes surfaces, nous retrouvons des taille-bordures à essence pour 119 $. Ce montant comprend le transport et la marge de profit du manufacturier, de l’intermédiaire et du détaillant. En d’autres mots, à ce prix, il ne faut pas que la machine ait coûté trop cher à produire », fait remarquer M. Viens!

Ce dernier mentionne qu’il s’agit souvent de modèles assemblés en Chine ou misant à tout le moins sur des pièces qui y sont fabriquées. « D’une part, lors de leur réparation, l’accessibilité aux composantes est plus laborieuse, et la disponibilité des pièces pose problème. D’autre part, ces produits ont généralement une durée de vie plus courte. Certains taille-bordures provenant de grandes surfaces sont classifiés par des organismes gouvernementaux comme ayant une durabilité de 50 heures au minimum, alors qu’un modèle de marque Echo, par exemple, est certifié pour un minimum de 300 heures », fait observer Éric Viens.

Encore une fois, tout réside dans l’utilisation qu’on en fait. Un taille-bordure peu dispendieux pour couper l’herbe autour de la maison peut être tout à fait adéquat. À l’inverse, tailler différents types de végétaux de façon intensive nécessite une machine solide de grade commercial.

« Les modèles haut de gamme, affichant un prix de 500 $ ou plus, sont plus résistants à long terme. Par exemple, la puissance du moteur est transmise par un arbre d’entraînement rigide plutôt que par un câble métallique tressé. Elles s’avèrent également plus agréables à opérer puisque le moteur est monté sur un système de coussinets de caoutchouc antivibrations. Lors des travaux qui durent plusieurs heures, le confort de l’opérateur importe, diminuant le niveau de fatigue », soutient Yann Allard.

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Fil de nylon ou lame?

Le fil de nylon représente le choix idéal près des bâtiments et des arbres ou le long des rocailles. Des dispositifs facilitent la vie des utilisateurs. En maintenant l’accélérateur à fond, il suffit de cogner la tête de la bobine contre le sol pour faire sortir du fil; nul besoin d’arrêter et de se pencher. Sauf que le fil de nylon ne performe que dans l’herbe tendre. Il se fractionne face aux tiges plus denses. Dans ce genre de conditions, une lame à herbe métallique ou en plastique de deux, quatre ou huit dents excelle. Mais attention de ne pas trop approcher les bâtiments, qu’elle pourrait endommager… Quant aux roseaux et aux branchages jusqu’à 2 cm de diamètre, ils sont la spécialité du couteau à taillis. Il s’agit d’une lame à trois dents qui rejette les tiges tout en les coupant.

Nylon ou métal, l’utilisateur doit toujours porter des lunettes de protection. Avec une lame à taillis, il est recommandé de porter une visière, en plus des lunettes de protection. Aussi, en option pour la poignée en D, un garde permet de maintenir une distance avec l’outil, et une bandoulière diminue la fatigue.MM_debrousailleuse_encadre_2a1

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Une débroussailleuse pour travailler en forêt

« Incontestablement, une débroussailleuse coupe les petits arbres beaucoup plus rapidement qu’une scie mécanique. Sans compter que l’opérateur travaille debout, évitant une posture penchée, moins sécuritaire. Les tiges allant jusqu’à 5 cm de diamètre se coupent aisément. Mais une personne employant des techniques appropriées peut abattre des tiges qui atteignent jusqu’à 10 cm de diamètre, commente Yann Allard, gérant des services techniques et de la formation chez Stihl. Arriver à un tel résultat nécessite d’utiliser une lame circulaire. Une lame munie de 80 dents pointues est peu dispendieuse et très efficace. Mais aussitôt qu’elle touche une pierre, elle s’émousse et son affûtage est difficile. Optons plutôt pour une lame circulaire de 22 ou 24 dents, qui s’aiguise avec une lime. »

Comme l’indique M. Allard, ce type d’outils doit s’utiliser adéquatement; la sécurité de l’opérateur en dépend. « L’opérateur doit couper un arbre en utilisant les sections de la lame situées près des gardes, et non la portion du centre. Il importe également de maintenir une vitesse constante, autant avant d’approcher l’arbre que durant la coupe. Si le rythme de rotation diminue, c’est que l’opérateur force trop la lame à entrer dans l’arbre. Il peut en résulter des rebonds. À ce sujet, la meilleure façon de se blesser et de démolir une débroussailleuse consiste à couper une tige en cognant la lame dessus. Assurons-nous d’avoir une bonne position des pieds et d’approcher l’arbre en douceur », conseille-t-il. L’opérateur doit aussi ajuster le harnais et les poignées de façon qu’au repos, la lame ne touche pas le sol et ne penche ni à gauche, ni à droite.