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Le racinarium de l’ingénieur Bruno Garon permet de constater le bon travail des racines dans un sol non compacté. Selon lui, seulement 40 % d’entre elles sont visibles à l’œil nu. Crédit photo : Josianne Desjardins/TCN

Le racinarium de l’ingénieur Bruno Garon permet de constater le bon travail des racines dans un sol non compacté. Selon lui, seulement 40 % d’entre elles sont visibles à l’œil nu. Crédit photo : Josianne Desjardins/TCN

Gare à la compaction au champ! La pression des pneus à la rescousse

Au-delà du poids de la machinerie, la juste pression des pneus peut réduire les risques de compaction et améliorer ainsi le rendement des sols. C’est d’ailleurs ce qu’a voulu démontrer un représentant du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) lors d’une clinique sur l’utilisation des pneus en agriculture, la première initiative du genre à Expo-Champs, de Saint-Liboire.

Bruno Garon, ingénieur à la direction régionale Montérégie-Est au MAPAQ, a sensibilisé plusieurs producteurs sur l’importance de prêter attention au gonflage des pneus de leurs engins pour éviter la compaction. Une démonstration a aussi permis aux agriculteurs présents de mesurer l’impact en surface et en profondeur du passage d’un tracteur de 6,4 t.

« C’est peut-être déplaisant d’avoir à changer la pression des pneus, mais il existe des systèmes de contrôle intégré quasi automatiques, dit l’expert sur un ton léger. Il faut savoir tirer avantage des facteurs qui contribuent à la productivité à la ferme. »

Des pneus gonflés à bloc peuvent entraîner des dommages considérables à la santé du sol et à son potentiel de développement racinaire. Certains plants, comme le maïs, peuvent comporter jusqu’à 8 km de racines. « Il faut que le travail puisse se faire. Les racines ne poussent pas dans un sol argileux », souligne M. Garon.

« Beaucoup de producteurs ajustent leurs pneus à 35 psi, parce que c’est la seule mesure qu’ils connaissent », révèle Bruno Garon, après la démonstration à l’aide d’un tracteur qui a permis de déterminer l’impact du passage de celui-ci en surface et en profondeur. Crédit photo : Josianne Desjardins/TCN

« Beaucoup de producteurs ajustent leurs pneus à 35 psi, parce que c’est la seule mesure qu’ils connaissent », révèle Bruno Garon, après la démonstration à l’aide d’un tracteur qui a permis de déterminer l’impact du passage de celui-ci en surface et en profondeur. Crédit photo : Josianne Desjardins/TCN

Prévenir plutôt que guérir

Peu importe la technique culturale privilégiée, soit le labour ou le semis direct, la pression des pneus est un élément que les producteurs ne devraient pas négliger, mentionne M. Garon. Le niveau de pression adéquat peut augmenter le rendement au champ de façon significative, tout en réduisant de 15 % la consommation d’essence de la machine et le risque de patinage.

Patrick Marcotte, responsable du développement et du maintien des ventes agro-industrielles chez Robert Bernard, ajoute qu’un pneu radial est plus efficace qu’un pneu diagonal. « Le flanc du pneu est indépendant de la couronne. On peut ajuster la pression et c’est vital pour la santé des sols. Moins on met d’air dans un pneu, plus c’est bénéfique… lorsque la technologie le permet », souligne-t-il.

Un sol compacté n’entraîne pas nécessairement des conséquences irréversibles, « mais ça prend un travail irréprochable par la suite. Il faut faire du sous-solage pendant des années », prévient M. Garon. Aussi, ce dernier mentionne les risques d’inondation accrue des terres, alors que l’eau ne parvient plus à s’infiltrer adéquatement dans le sol.

En 1985, on estimait le coût de la compaction des sols agricoles à plus de 100 M$ par année au Québec. Aujourd’hui, ce coût est évalué à plus de 500 M$, selon le MAPAQ.