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L’utilisation de serres mobiles permet aux Jardins du pied de céleri d’allonger la saison de production de plusieurs semaines. Photo : Camille Roy et Christine Villeneuve

L’utilisation de serres mobiles permet aux Jardins du pied de céleri d’allonger la saison de production de plusieurs semaines. Photo : Camille Roy et Christine Villeneuve

Des serres qui bougent

Aux Jardins du Pied de céleri, une production maraîchère de Dunham, en Montérégie, les serres ont la particularité d’être amovibles. Au fil de la saison, elles sont déplacées sur le site de façon à mettre à l’abri des cultures qui s’amorcent au printemps ou qui s’achèvent à l’automne.

« On utilise des serres mobiles depuis trois ans. Elles permettent de prolonger la saison de production de plusieurs semaines entre la mi-avril et la mi-novembre », explique Félix Jetté, président de la coopérative de solidarité.

Benoit McConnell-Legault

Benoit McConnell-Legault

La pratique, qui est encore rarement utilisée au Québec, leur a été inspirée par l’américain Eliot Coleman, un des pionniers de l’agriculture bio-intensive. « Mais c’est nous qui avons inventé le système qui permet de bouger les serres. Ce sont des structures autonomes qui ne sont pas montées sur rails. On peut ainsi travailler les champs qu’on a mis à découvert », affirme Benoit McConnell-Legault, qui œuvrait jusqu’à récemment Aux Jardins du pied céleri et qui est aujourd’hui conseiller en culture maraîchère bio-diversifiée au Dura-Club.

Que faut-il pour déplacer une serre de 21 x 100 pieds? « Un peu de quincaillerie comme une barre en T de 3 pieds, des fers à angle, quelques œillets en métal, un bout de chaîne », explique Benoit McConnell-Legault. Et, bien sûr, un tracteur.

Au printemps, laitues, brocolis, céleris et rabioles poussent dans les serres à l’abri des intempéries. À l’automne, elles abritent les plants de tomates et de kale qui peuvent ainsi être récoltés jusqu’à tard dans la saison. « Cela nous permet d’augmenter la production puisqu’on peut faire plusieurs cultures différentes dans la même infrastructure. De plus, la clientèle apprécie d’avoir des légumes en primeur dès le mois de mai et des produits frais à l’automne », explique Félix Jetté. En plus des paniers hebdomadaires, la coopérative opère un kiosque à la ferme. 

Serre mobile vs tunnel chenille

Les serres amovibles sont une alternative intéressante au tunnel chenille, estime Benoit McConnell-Legault. Selon ses calculs, le temps d’installation est réduit de moitié ou presque. « La serre peut être déplacée par trois personnes en trois heures alors qu’il faut au moins huit heures de travail effectué par deux personnes pour déplacer un tunnel chenille, dit-il. Autre avantage, la serre mobile peut résister à des fortes rafales jusqu’à 100 km/h. » Le coût au pied carré est, par contre, un peu plus élevé pour la serre, soit 2 $ (avec des arches aux 4 pieds) comparativement à 0,96 $ pour un tunnel chenille (arches aux 8 pieds).

Des améliorations pourraient encore être apportées comme, entre autres, l’utilisation d’un plastique double épaisseur, des structures renforcées pour pouvoir y accrocher des cultures et l’automatisation d’un côté ouvrant. « Cela augmenterait légèrement le coût, mais la serre sera beaucoup plus performante », soutient M. McConnell-Legault.

« Beaucoup de gens doutaient de la faisabilité de notre projet de rendre les serres mobiles. On a prouvé qu’on pouvait les déplacer aussi loin qu’on voulait et à un coût bas », conclut-il non sans fierté dans la voix.