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Christian et Gislain Houle, copropriétaires du Meunier du 8, ont amené l’automatisation de leurs bâtiments à un haut degré de précision. Photo : David Riendeau

Christian et Gislain Houle, copropriétaires du Meunier du 8, ont amené l’automatisation de leurs bâtiments à un haut degré de précision. Photo : David Riendeau

Des bâtiments réglés au quart de tour

Lorsqu’il est question d’automatisation de bâtiments en production avicole, le Meunier du 8 fait figure de pionnier dans son domaine. Non seulement la ferme a assemblé son propre contrôleur intelligent au tournant des années 2000, mais elle a réussi à programmer ses bâtiments pour « dompter » ses poules pondeuses.

En 2013, alors qu’il était en voyage en Afrique du Sud, Gislain Houle a reçu une alerte sur son téléphone. Le ventilateur de l’un de ses poulaillers était à l’arrêt. D’un simple glissement de doigt, le système, pourtant à des milliers de kilomètres de distance, s’est mis en marche. « J’ai évité de déranger mon frère Christian qui était occupé au champ », raconte le copropriétaire du Meunier du 8. Un tel scénario aurait été impensable il y a quelques années seulement.

La ferme de Saint-Germain-de-Grantham, qui produit des œufs et des poulets à chair, est connue pour avoir été parmi les premières de la filière à automatiser et à contrôler à distance une grande partie de ses opérations, à une époque où l’Internet faisait son entrée dans les maisons. Cette modernisation est largement attribuable à Christian Houle, informaticien de formation, qui a assemblé une solution technologique adaptée aux besoins de la ferme.

« Il n’y avait rien sur le marché pour nous, mais la technologie était disponible. Du jour au lendemain, on était capables de contrôler à distance la plupart des fonctions du bâtiment et d’obtenir des données plus précises sur les oiseaux, comme la consommation en eau, résume-t-il. Cela a représenté un grand progrès. »

Conditionner les poules

Le Meunier du 8, qui a depuis troqué son système maison contre un contrôleur intelligent Maximus pour plus de robustesse, a poussé le concept de l’automatisation un peu plus loin en programmant le bâtiment de façon à conditionner les pondeuses à adopter certains comportements.

« Quand nous avons fait la transition des cages aux volières en 2012, il a fallu apprendre aux poules à rentrer dans le système pour éviter qu’elles pondent au sol, ce qui représentait un travail supplémentaire pour collecter les œufs », raconte Gislain Houle.

Après plusieurs séances d’observation de ses poules, l’éleveur a imaginé une recette d’éclairage susceptible de reproduire le coucher de soleil à l’intérieur du bâtiment, de façon à inciter les oiseaux à monter sur les perchoirs de la volière et à pondre leurs œufs à l’intérieur du système. « L’éclairage a été programmé pour diminuer de façon progressive du bas vers le haut, sur une période de 90 minutes en fin de journée. » De cette façon, le nombre de poules à pondre sur la litière a diminué de 2000 à 50 par bâtiment, un progrès énorme.

Chose certaine, les deux frères suivent de près le développement des nouvelles technologies et entendent moderniser davantage leur exploitation dans les prochaines années. D’ailleurs, le fils de Christian, qui étudie la robotique, rêve d’un petit véhicule autonome qui pourrait se promener dans la volière, ouvrir des portes et ramasser les œufs. « Chaque technologie développée amène ses applications dans le monde agricole. À nous de saisir les nouvelles occasions », conclut Christian Houle.