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Combiner le travail du sol au semis

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Préparer un lit de semence et effectuer le semis dans un seul passage. Voici ce qu’offrent les systèmes à trémie frontale combinés à une herse rotative et un semoir pneumatique.

« On fait un labour de printemps puis, 24 heures après, je herse et sème en un seul passage », explique Michel Gaudreau, de la ferme Les Moissons dorées à Compton. Le travail de sol de la herse permet d’obtenir une granulométrie parfaite pour un lit de semence. « J’économise énormément de carburant », indique Michel Gaudreau, sans compter que la double opération libère aussi un tracteur et un opérateur. À Saint-Valérien de Rimouski, Ghislain St-Pierre, de la ferme Valépierre, a opté pour un combiné il y a quatre ans : « J’ai fait du semis direct pendant huit ans, mais avec la valorisation des lisiers, cela n’allait plus. Je cherchais une autre façon de faire tout en réduisant le nombre de passages au champ. » Dès que le sol se réchauffera, Ghislain St-Pierre ensemencera du blé, de l’orge, de l’avoine et du canola pour la quatrième saison avec ce système. « C’est un bon compromis entre le labour et le semis direct. Au printemps, j’épands du lisier sur les chaumes de céréales. Ensuite je passe le cultivateur puis je herse et sème en un seul passage », décrit-il. Sur les retours de prairies, le producteur arrose au glyphosate et effectue le semis avec le combiné.

À l’avant du tracteur se trouve une trémie frontale; à l’arrière, un semoir pneumatique, un rouleau et une herse rotative. Une répartition de poids avant-arrière permet de bien balancer le tracteur. Sur le combiné, le poids de la herse rotative et du semoir pneumatique repose sur le rouleau; aucune roue ne supporte leur poids. « Le rouleau améliore le contact du sol avec la semence et favorise une levée uniforme. » La présence de roches n’est pas un frein à l’utilisation de ce type d’équipement. Dépendamment de la taille des cailloux, la herse rotative les enfouit ou les rejette de chaque côté de l’équipement. Le travail de sol de la herse rotative permet de conserver un bon taux d’humidité du sol. « Dans des conditions sèches, comme ce printemps, il ne faut pas davantage assécher le sol avec le travail du sol », ajoute Michel Gaudreau.

« L’équipement est robuste et le semoir pneumatique offre une grande précision », soutient Ghislain St-Pierre. En terrain vallonné, surtout lors de la descente, ce type de semoir maintient un haut niveau de précision. « J’envisage d’aménager des voies d’accès pour l’application de fongicides. Rien de plus simple avec un semoir pneumatique », souligne M. St-Pierre. De l’intérieur de la cabine, on peut enclencher l’ouverture et la fermeture du clapet des tuyaux de distribution de semences.

La vitesse de travail peut sembler lente comparativement à un semoir conventionnel. Cependant, soulignent les producteurs, le combiné épargne un passage. « Avec un tracteur de 160 HP, on couvre 2 ha à l’heure. Cette année, j’ai un nouveau tracteur de plus de 200 HP. Je vais pouvoir maintenir une vitesse d’avancement de 12 km/h et couvrir 3 ha par heure », précise Ghislain St-Pierre. De son côté, Michel Gaudreau estime ensemencer 2 ha par heure. Les deux producteurs possèdent des herses de 4 mètres de large.

Une trémie frontale

À l’avant du tracteur, la trémie s’attache sur l’attelage. Un système de soufflerie propulse les semences vers le semoir à l’arrière, la soufflerie s’actionnant par la prise de force frontale ou à l’aide d’un moteur. Une roue d’entraînement mesure la superficie et envoie des pulsations au moteur électrique qui alimente les doseurs. Ce signal électrique est indiqué sur le moniteur dans la cabine du tracteur. L’opérateur peut alors faire varier le taux de semis directement de la cabine. Ce taux s’ajuste aisément grâce à la règle et à la vis sans fin sous la trémie. « La calibration du semoir est simple. Sous les doseurs, deux dans le cas du DF2 de Kverneland, on place deux récipients. Chaque doseur permet d’effectuer 85 tours, ce qui équivaut à une superficie de 1/10 d’hectare. Si l’on vise un taux de semis de 160 kg à l’hectare, il faut peser 16 kg dans chacun des récipients », décrit André Rodier, responsable de compte chez Kverneland. Partout sur la trémie, des clés permettent de régler le volume d’air de la soufflerie, de réduire la rotation des doseurs, etc. De la trémie, un long tuyau longe le tracteur jusqu’au système de distribution du semoir à l’arrière. Selon le type de semence, on fera varier le nombre de CFM. La forme de la trémie en V permet de la vidanger rapidement. « Lorsque l’on fait des parcelles d’essai ou des variétés IP, la trémie se nettoie rapidement », souligne André Rodier.

« Si l’on annonce 70 % de probabilité de pluie dans quelques heures, les producteurs ne vont pas ouvrir de terrain au vibro. Par contre, avec un combiné semoir et herse rotative, tu y vas! » donne en exemple André Rodier. Du côté des producteurs, on apprécie la qualité du travail de sol et les économies de temps et de carburant que procure le combiné.