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Salle de traite de type carrousel.

Salle de traite de type carrousel.

Choisir le bon système de traite

Robot ou salle de traite? La décision repose sur plusieurs facteurs, dont la disponibilité de la main-d’œuvre, les futurs projets d’expansion et l’investissement en temps comme en argent.

Quand vient le temps de moderniser ses installations, la gestion de la main-d’œuvre devient le nerf de la guerre. « Le robot de traite, ce n’est pas nécessairement moins de travail, mais on a plus de flexibilité sur les heures qu’on passe avec le troupeau », lance d’emblée le conseiller spécialisé en robotique pour Sollio Agriculture, Hugues Ménard. C’est pour cette raison que la robotisation plait aux jeunes producteurs qui veulent passer plus de temps en famille.

Les salles de traite sont encore populaires, selon les experts. Photo : Archives/TCN

Les salles de traite sont encore populaires, selon les experts. Photo : Archives/TCN

La salle de traite offre moins de flexibilité pour la main-d’œuvre, puisque le producteur doit être présent pour traire les vaches. « Par exemple, si on installe une double-8, on peut mettre 64 vaches dans la salle d’attente. On y va par groupe de 16 vaches à la fois et ça prend environ une heure pour toutes les traire », illustre le directeur pour l’Est du Canada chez BouMatic Robotics, Mario Gladu. Dans les grosses fermes aux États-Unis, il n’est pas rare de compter cinq employés qui font la traite en même temps.

Selon l’agronome, expert en production laitière – traite robotisée et conseiller stratégique chez Valacta, Gervais Bisson, la salle de traite est populaire chez les producteurs qui aiment être en contact étroit avec les animaux. « Ces producteurs sont souvent moins enthousiastes à l’idée d’avoir à gérer les alarmes envoyées par le robot à toute heure du jour ou de la nuit, mentionne-t-il. Si on n’est pas prêt à s’aventurer dans le sentier des données et des alertes, on va être déçu par le robot de traite. »

La salle de traite permet en effet de conserver la « tradition de la traite manuelle, une le matin et une autre le soir », tout en misant sur une technologie avancée, croit le directeur régional des ventes pour Waikato Milking Systems, Phil Kostuck.

La salle de traite a encore la cote

Phil Kostuck, estime qu’on assiste actuellement à un retour en force des salles de traite au Québec. Même son de cloche du côté de Mario Gladu de BouMatic, qui a vendu plus de 30 salles de traite dans les deux dernières années.

Selon lui, l’investissement initial y est pour quelque chose. « Avec une double-8, on peut traire 300 vaches pour le même prix qu’un robot simple qui, lui, peut traire 50 à 60 vaches. » Il faut également prendre en considération les coûts d’entretien, deux fois plus élevés pour le robot de traite, calcule-t-il.

«  Ce qui pèse dans la balance, c’est aussi la facilité avec laquelle tu peux grossir ton troupeau avec une salle de traite. Si tu avais 75 vaches au départ et que tu as installé une salle double-8, tu peux monter à 150 vaches et ça ne coûtera pas plus cher. »

Confort et rendements

La tendance vers le bien-être animal est déjà bien installée au Québec et plusieurs producteurs optent pour la robotisation et la stabulation libre pour assurer un meilleur confort à leurs animaux.

« La plupart des producteurs vont passer aux robots de traite et à la stabulation libre quand ils sont dus pour construire une nouvelle étable, indique Hugues Ménard de Sollio Agriculture. Dans ce nouvel environnement, qui est souvent plus confortable, plus lumineux et mieux ventilé, on peut espérer augmenter nos rendements. »

Reste que le choix entre un robot ou une salle de traite est bien personnel, affirme Gervais Bisson. « Il faut que le producteur réfléchisse comme il faut à ce qu’il est prêt à investir en temps et en argent, ce qu’il aime et ce qu’il aime moins. Le mieux, c’est toujours d’aller visiter d’autres producteurs pour voir comment ça se passe chez eux. » 

Pour une expérience agréable

Il existe deux façons d’organiser la traite robotisée : la circulation libre ou la circulation guidée, qu’on appelle aussi le trafic libre optimisé.

« Quand on parle de circulation libre, la vache peut faire ce qu’elle veut en tout temps », explique Hugues Ménard, qui avoue préférer cette stratégie qui mise sur le confort des vaches. 

Les vaches en circulation libre sont attirées jusqu'au robot par une alimentation bien adaptée. Photo : Gracieuseté de Valacta

Les vaches en circulation libre sont attirées jusqu’au robot par une alimentation bien adaptée. Photo : Gracieuseté de Valacta

Pour s’assurer que la vache se fasse traire, il faut que l’expérience au robot soit agréable pour elle. « Si le robot est mal ajusté, si la stalle de traite est trop petite ou si la mangeoire restreint trop l’espace, la vache ne passera pas un bon moment au robot », illustre le spécialiste. En contrepartie, une bonne luminosité, une ventilation adéquate et une alimentation adaptée sont autant de facteurs de réussite pour la traite robotisée en circulation libre. 

Dans certains aménagements, la vache doit absolument passer par le robot pour aller à la mangeoire ou, à l’inverse, pour aller se coucher. On parle alors de circulation guidée par un système de barrières. « Si elle veut aller manger et qu’elle est due pour une traite, la barrière ne la laissera pas passer tant qu’elle n’ira pas au robot », note le spécialiste en robotique pour le Canada chez DeLaval, ­Emmanuel Boisvert.

Selon lui, avec ce type de circulation guidée, le robot ne perd pas de temps avec une vache qui ne serait pas tout à fait prête pour la traite. Il est donc possible d’ajouter dix vaches par robot sans que ça affecte les performances.