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Alimenter en un rien de temps

Tous souhaitent trouver des façons d’améliorer leur efficacité et l’automatisation de tâches répétitives représente une excellente piste de solution. À la Ferme Vitalait, la préparation des rations avec un mélangeur stationnaire a cédé sa place à un robot d’alimentation.

« L’automatisation de l’alimentation a permis de nous libérer du temps pour d’autres tâches. Lors de la période des travaux aux champs pour les grandes cultures, on sait que les vaches sont soignées à temps », évoque Alexandre Lambert, l’un des actionnaires de la Ferme Vitalait.

En 2000, le bâtiment d’élevage abritant les 60 vaches en lactation est rénové. Puisque celui-ci repose sur le roc, on opte pour la construction de silos fosses, un choix avantageux économiquement. Au fil des ans, Alexandre, Sonia Meganck, sa conjointe et son père Marc Lambert tentent d’automatiser leur système d’alimentation. Depuis plusieurs années, la Ferme Vitalait travaille de concert avec l’entreprise Rovibec en participant à des projets de recherche et développement. « Rovibec nous a alors proposé de tester un prototype de son robot d’alimentation, commercialisé maintenant sous le nom de DEC HDR », relate Alexandre. Aujourd’hui, le système d’alimentation marche au quart de tour.

Du silo fosse à la mangeoire
À l’extérieur, les producteurs manipulent les ensilages à l’aide d’un coupe-bloc prévu à cet effet. « Cet équipement permet des coupes nettes et franches, en plus de diminuer les pertes au silo et au chargement », décrit Alexandre.

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Ensuite, on transporte et dépose les ensilages sur un convoyeur distinct pour chacun d’entre eux. Les convoyeurs pénètrent dans l’aire d’alimentation. « Il faut compter environ 30 minutes par jour pour robot_fonctionnement2alimenter les transporteurs des deux types d’ensilage », dit-il. Au bout des convoyeurs, de grandes vis brisent les mottes d’ensilage et le matériel tombe sur un tapis roulant (petit convoyeur) jusqu’au robot. Selon la recette à fabriquer, on soigne trois groupes : les vaches taries, celles en lactation et les taures – le robot choisit les ingrédients dont il a besoin selon la recette établie et pèse avec précision le nombre de kilos de chaque aliment. Une fois ce nombre atteint, le convoyeur s’arrête. Puis c’est au tour du prochain ingrédient, et ainsi de suite. « Il faut 20 minutes au robot pour préparer la recette puis la mélanger. Ensuite, il part distribuer le tout. Le trajet ne prend que quelques minutes », explique Alexandre.

Le robot circule sur un rail suspendu dans le bâtiment. Advenant qu’un obstacle l’empêche d’avancer, il s’arrête, tente de repartir et si son passage est toujours obstrué, il stoppe complètement. La distribution de la ration totale mélangée (RTM) peut se réaliser des deux côtés du robot.

« On sert six repas par jour aux vaches laitières, tandis que celles qui sont taries et les taures en reçoivent trois. Entre les distributions, on programme le robot pour qu’il repousse la RTM », spécifie Alexandre. « C’est connu, plus on augmente le nombre de repas par jour, plus les vaches s’activent, se déplacent à la mangeoire et au robot de traite. On dispose donc de la nourriture fraîche en tout temps et nos bêtes se trouvent en meilleure santé », ajoute Jocelyn Lemay, directeur des ventes chez Rovibec.


Robot DEC HDR

« C’est un robot d’alimentation conçu pour les vaches en stabulation libre; il n’y a pas d’autre appareil qui se compare à celui-là », indique Jocelyn Lemay. Le robot mesure, prépare et distribue la RTM. Entre les repas, il circule au besoin dans l’allée afin de repousser les aliments. D’une grande capacité de 3,4 m3, cet automate peut aisément soigner des troupeaux de 300 vaches. Une balance mesure avec précision le poids de chaque ingrédient. Pour les petites quantités, un calcul volumétrique des aliments maintient un haut niveau de précision. Le robot est également écoénergétique. « Il n’y a qu’un seul et unique moteur électrique de 5 HP (3,8 kW); tout le reste est hydrostatique. » Les frais de fonctionnement de l’appareil oscillent de 21 à 25 cents l’heure. « À la Ferme Vitalait, il en coûte environ 2,50 $ par jour. C’est beaucoup moins, comparativement au duo tracteur et mélangeur vertical », évalue Jocelyn Lemay.

Un serveur Web est intégré directement au robot. Toutes les mises à jour du système s’effectuent à distance et automatiquement par l’équipe technique du fabricant. Dans le bâtiment, nul besoin d’une connexion Internet. Il suffit d’installer un routeur sans fil. Si un pépin technique survient et que l’on a besoin d’assistance, plusieurs personnes peuvent se brancher sur le robot simultanément. Cela veut dire que le producteur pourrait se trouver au champ et se brancher en même temps au service technique de Rovibec. « À l’aide de son téléphone, il peut également vérifier à distance l’état d’avancement des mélanges », souligne Jocelyn Lemay. L’écran du téléphone est identique à celui du robot. De son ordinateur ou d’une tablette, le producteur accède à une page Web; il n’y a aucun logiciel à installer. Ainsi, dans le confort de son bureau ou ailleurs, celui-ci entre les recettes à fabriquer. Selon Jocelyn Lemay, l’automatisation à l’aide de robots et l’aménagement d’aires d’alimentation avec des convoyeurs risquent d’être de plus en plus fréquents avec l’augmentation de la taille des fermes laitières.