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Étant donné que 10 % des clients accaparent 90 % de l’énergie des entrepreneurs en déneigement, il est parfois préférable d’en laisser partir certains qui sont toujours insatisfaits. Crédit photo : Archives TCN

Étant donné que 10 % des clients accaparent 90 % de l’énergie des entrepreneurs en déneigement, il est parfois préférable d’en laisser partir certains qui sont toujours insatisfaits. Crédit photo : Archives TCN

Comment rentabiliser une entreprise en déneigement?

La concurrence féroce pèse lourd sur les épaules des entrepreneurs en déneigement, mais inutile de réduire les prix pour autant : le service à la clientèle demeure le meilleur moyen de rentabiliser sa compagnie.

Depuis 20 ans, Agriforfait œuvre dans le secteur du déneigement à Alma au Lac-Saint-Jean. L’entreprise, qui a démarré avec cinq tracteurs, compte désormais 35 déneigeuses qui couvrent autant le secteur résidentiel que commercial.

Quelle est la clé du succès pour perdurer dans un milieu aussi compétitif que le secteur du déneigement? « C’est d’être présent 24 heures sur 24 pour satisfaire les clients », mentionne Nathalie Vaillancourt, secrétaire comptable d’Agriforfait.

Presque tous les ans, de nouveaux joueurs apparaissent en tentant de casser les prix, et l’entreprise d’Alma les laisse faire. « Certains clients vont changer de déneigeur pour avoir un meilleur prix, mais ils vont revenir avec nous une ou deux années plus tard parce que le service n’est pas là », ajoute Mme Vaillancourt.

De toute façon, certains clients ne sont jamais satisfaits. « La plupart des entreprises en déneigement perdent 90 % de leur énergie pour satisfaire 10 % des clients », souligne André Prévost, fondateur d’Entreneige, un regroupement de plus de 2 000 déneigeurs dans la province. Quand un client menace de partir, André Prévost croit qu’il est souvent préférable de le laisser aller, car c’est exactement ce type de client qui va poser des problèmes.

Simon Vincent, propriétaire d’Excavations Simon Vincent, a pour sa part décidé de transférer ses activités dans le secteur commercial pour assurer la stabilité de son entreprise. « Ça prend beaucoup de temps dans le secteur résidentiel pour être capable de trouver suffisamment de contrats de 250 à 300 $ pour faire rouler les machines, dit-il. Quand tu réussis à parler à la bonne personne, c’est plus simple dans le secteur commercial, parce qu’un seul contrat peut valoir plusieurs dizaines de milliers de dollars. »

S’équiper pour le déneigement commercial coûte certes plus cher, mais c’est une valeur sûre pour se démarquer de la compétition, ajoute l’homme qui manœuvre 15 machines avec une vingtaine d’employés. Surtout lorsque les concurrents travaillent au noir dans le secteur résidentiel, comme c’est le cas dans la région de Varennes et de Verchères, où l’entreprise de Simon Vincent est à l’œuvre.

Autre conseil de l’entrepreneur : il ne faut pas vouloir se développer à tout prix, surtout ne pas tenter de le faire trop rapidement. « C’est un gros risque de se lancer dans le domaine du déneigement, dit-il. Tu dois acheter de la machinerie qui vaut des millions de dollars sans savoir combien de contrats tu auras l’année suivante. » Pour se prémunir contre les fluctuations du marché, 8 des 15 machines utilisées par Excavation Simon Vincent sont louées à des agriculteurs du secteur. Et comme l’opérateur vient avec la machine, c’est une solution gagnant-gagnant, car les producteurs font un revenu d’appoint et l’entrepreneur s’assure d’une main-d’œuvre de qualité.