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La Ferme Pellerat est dotée de bâtiments modernes où le confort animal est privilégié. Photos : Gracieuseté de la Ferme Pellerat

La Ferme Pellerat est dotée de bâtiments modernes où le confort animal est privilégié. Photos : Gracieuseté de la Ferme Pellerat

Quinze ans après l’incendie, la vie a repris son cours à la Ferme Pellerat

Le 24 septembre 2007, vers midi trente, le ciel de Saint-Roch-des-Aulnaies est assombri par une épaisse fumée. Un incendie s’est déclaré à la Ferme Pellerat. Le sinistre emportera avec lui tous les bâtiments d’élevages et presque la totalité du cheptel de vaches Holsteins. Quinze ans plus tard, de nouveaux bâtiments accueillent un troupeau reconstitué, la relève s’est intégrée et la ferme continue de briller parmi les meilleures à l’est de Québec. La vie a repris son cours.

Première rangée : Gervais, Jean-Guy, Maryline et Lysanne Pelletier. Deuxième rangée : Jenny Frappier, Daniel Pelletier, Francis Pelletier et son fils Nathan, et Carl Dubois.

Première rangée : Gervais, Jean-Guy, Maryline et Lysanne Pelletier. Deuxième rangée : Jenny Frappier, Daniel Pelletier, Francis Pelletier et son fils Nathan, et Carl Dubois.

« Cet incendie a été comme une claque en pleine face. Même si on sait que ça peut arriver, on n’est jamais préparé à ça », lance l’un des propriétaires, Jean-Guy Pelletier. Encadrées sur le mur de la laiterie derrière lui, on peut voir des photos de la ferme avant et après l’incendie.

Le feu a été allumé par une défectuosité du monte-balles, dit-il. Il s’est vite propagé à l’ensemble des bâtiments de ferme. Heureusement, les maisons ont été épargnées.

Les braises n’étaient pas éteintes que Jean-Guy et son frère Gervais avaient déjà pris la décision qu’ils reconstruiraient. Abandonner la ferme n’a jamais été une option. Les 90 bêtes qui ont survécu sur le troupeau de 450 têtes ont été relogées temporairement chez un éleveur de Montmagny.

Comme la saison hivernale arrivait, les frères Pelletier ont pris le temps de réfléchir et de visiter d’autres fermes aux États-Unis et en Ontario avant de lancer les travaux le printemps suivant. Il aura fallu treize mois avant que la ferme redevienne fonctionnelle et fasse sa première livraison de lait.

Déjà moderne

Jean-Guy et Gervais composent la 3e génération de cette ferme achetée dans les années 1960. « Avant l’incendie, la ferme était déjà très moderne avec une station de traite double douze », souligne Gervais. Déjà, depuis 2001, les deux tiers du troupeau étaient en stabulation libre. Depuis la reconstruction du nouveau bâtiment en trois sections, la ferme est dotée d’un carrousel de traite de 32 trayeuses. « On fait trois traites par jour », dit-il. La totalité du troupeau est maintenant en stabulation libre.

Un carrousel est utilisé pour la traite des vaches.

Un carrousel est utilisé pour la traite des vaches.

« La Ferme Pellerat compte aujourd’hui 420 vaches en lactation sur un troupeau de 880 têtes avec un quota de 640 kilos », souligne Lysanne Pelletier, qui fait partie de la relève avec son frère Francis et son cousin Daniel. « Le transfert embryonnaire de vaches élites a grandement contribué à rebâtir un troupeau à notre goût rapidement », ajoute l’agricultrice.

Les silos verticaux ont été remplacés par des silos horizontaux.

Les silos verticaux ont été remplacés par des silos horizontaux.

Carl Dubois et Jenny Frappier, respectivement conjoint de Lysanne et conjointe de Francis, font également partie de cette relève. Maryline, la sœur de Lysanne, travaille aussi sur la ferme. « Le fait d’être une équipe nous permet de répartir le travail et de prendre des vacances », souligne Lysanne. Parmi les autres améliorations apportées au fil des ans à la ferme médaillée d’or de l’Ordre national du Mérite agricole en 2017, les silos verticaux ont été remplacés par des silos horizontaux et un nouveau garage a été construit pour ranger la machinerie, souligne Jean-Guy Pelletier. Pour l’avenir, la ferme veut surtout continuer à acheter du quota et se moderniser.

Compte tenu des pertes qui s’y rattachent, un incendie n’est jamais un événement positif, soutient Gervais Pelletier. La ferme aurait de toute façon continué à se moderniser, dit-il, mais d’une autre façon. Le feu n’a fait que précipiter les choses. Les bâtiments sont maintenant dotés de portes et de cloisons coupe-feu.

Ironie du sort, l’année suivante, la Ferme Jeandon, voisine de la Ferme Pellerat, subissait le même sort. Elle a été elle aussi reconstruite et trône fièrement aux côtés de sa voisine à l’entrée est de la municipalité de Saint-Roch-des-Aulnaies.