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Nourrir le bétail avec un seul mélange de fourrages, de céréales, de suppléments de protéines, de vitamines et d’autres minéraux augmente en moyenne la productivité des vaches de 5 %, selon une étude de l’Université d’État de Pennsylvanie. Crédit photo : Archives TCN

Nourrir le bétail avec un seul mélange de fourrages, de céréales, de suppléments de protéines, de vitamines et d’autres minéraux augmente en moyenne la productivité des vaches de 5 %, selon une étude de l’Université d’État de Pennsylvanie. Crédit photo : Archives TCN

Produire une RTM optimale pour tous

La ration totale mélangée (RTM) constitue aujourd’hui l’approche la plus utilisée par les agriculteurs québécois pour nourrir leurs vaches laitières, mais sa composition doit être adéquate.

La RTM a été introduite afin d’améliorer la productivité des bêtes. Son objectif est de maximiser la rumination en amenant l’animal à manger de l’herbe sèche en plus des nutriments.

Et ça fonctionne. Nourrir le bétail avec un seul mélange de fourrages, de céréales, de suppléments de protéines, de vitamines et d’autres minéraux augmente en moyenne la productivité des vaches de 5 %, selon une étude de l’Université d’État de Pennsylvanie.

Mais pour arriver à pareille efficacité, encore faut-il que les RTM soient formulées de façon homogène puisque les bêtes dépendront entièrement de cette ration pour combler leurs besoins nutritionnels.

« L’important au départ, c’est d’obtenir les recommandations d’un nutritionniste », indique Stéphane Rousseau, professeur à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe et spécialiste en nutrition animale. Les recettes de RTM vont varier selon les objectifs : pour un parc à bœufs, on va miser sur des produits fins et peu de fibres, alors que pour des vaches laitières, c’est plutôt l’inverse. »

Une RTM homogène

Avoir un plan de production ne suffit pas. Il faut réussir à obtenir le mélange souhaité et faire en sorte que les animaux mangent tout ce que la RTM renferme.

« Le but du mélangeur, c’est de produire une RTM qui est la plus uniforme possible, explique Richard Caron, gérant de territoire chez Kuhn. Si des ingrédients s’accumulent dans le fond du réservoir, la RTM de la première vache à se nourrir ne sera pas la même que pour la dernière. »

Chaque mélangeur vient d’ailleurs avec son guide d’utilisation et les suggestions qu’on y trouve ont leur raison d’être, souligne-t-il.

Un trop grand volume de nourriture dans un appareil vertical, par exemple, nuira à l’homogénéité du mélange final. Il en va de même pour le temps de brassage. S’il est trop court, les rations ne seront pas homogènes d’un bout à l’autre de la mangeoire.

Il faut également faire attention au temps de brassage des mélangeurs verticaux, selon Stéphane Rousseau. « Les couteaux vont déchiqueter la fibre, dit-il, et si on mélange trop longtemps, cette fibre va perdre de son efficacité pour stimuler la rumination. »

Mais il faut aussi considérer le comportement des vaches. Celles-ci n’apprécient pas particulièrement les fourrages et tenteront de sélectionner les éléments les plus appétissants de la RTM si elles en sont capables. « C’est pour cette raison que la longueur des fibres doit être relativement uniforme, ni trop courte, ni trop longue », mentionne Richard Caron.

La préservation de l’état de la RTM est aussi à considérer, particulièrement l’été ou si l’on n’administre qu’une seule ration par jour. « La RTM peut perdre rapidement de sa fraîcheur à cause de la fermentation, explique Stéphane Rousseau. Pour éviter ça, on peut ajouter de l’acide propionique qui est un inhibiteur de moisissures. »  

Martin Primeau, journaliste