fbpx
L’utilisation d’engins motorisés peut entraîner des dangers insoupçonnés. C’est le cas notamment du tracteur, ou d’une remorque qui peut se renverser à la suite d’une manœuvre (compactage, déchargement, etc.) effectuée trop près des bords du tas, surtout si l’amoncellement dépasse les murs de la structure. Photo : Shutterstock

L’utilisation d’engins motorisés peut entraîner des dangers insoupçonnés. C’est le cas notamment du tracteur, ou d’une remorque qui peut se renverser à la suite d’une manœuvre (compactage, déchargement, etc.) effectuée trop près des bords du tas, surtout si l’amoncellement dépasse les murs de la structure. Photo : Shutterstock

On ne lésine pas sur la sécurité

Comme dans bien d’autres activités agricoles, la sécurité autour des silos à ciel ouvert revêt une importance capitale même si, de prime abord, les tâches reliées à la mise en silo apparaissent fort simples et routinières. 

La prudence est de mise en tout temps. Lors de l’échantillonnage et de l’utilisation de la sonde de densité dans les silos couloirs (d’une hauteur de 8 pieds ou plus), il faut être doublement prudent. Prélever des carottes ou du matériel face au silo constitue un risque d’accident bien réel, d’autant plus que l’échantillon n’aura pas de valeur pour l’analyse en raison de la variabilité.

De plus, on ne conseille pas de prendre des fragments (aperçu, carotte) à la main dans la partie frontale d’un bunker. On a vu des effondrements s’y produire, surtout dans de gros amoncellements. On ne peut également utiliser ces portions de matériel pour analyse en raison de leur variabilité.

On recense d’ailleurs plus d’un cas où la masse du silo est tombée sur la personne, lui causant de multiples fractures et l’obligeant à réapprendre à marcher.

Pour éviter de telles situations, on accède à la masse en prenant une portion avec le godet du tracteur et ce, ­toujours devant témoins.

Machinerie lourde de conséquences

L’utilisation d’engins motorisés peut entraîner des dangers insoupçonnés. C’est le cas notamment du tracteur ou du camion qui se retrouve à la renverse à la suite d’une manœuvre (compactage, déchargement, etc.) effectuée trop près des bords du tas, surtout si l’amoncellement dépasse les murs de la structure.

On doit aussi éviter qu’une ou plusieurs personnes se tiennent dans le godet d’un chargeur pour prendre des échantillons de densité. Lors du déchargement, on doit également éviter de creuser dans le bas de l’ensilage avec la pelle. 

Gestion des effluents

L’entreposage des plantes fourragères peut entraîner la production et l’écoulement d’effluents d’ensilage, surtout si les végétaux ont une teneur élevée en eau. Quoique faible, il existe un risque de pollution, notamment si le niveau de matière sèche est bas. On suggère d’aménager la plateforme avec un plancher de béton et de voir à ce que les liquides et lixiviats n’atteignent pas les plans d’eau.

L’impact sur l’environnement peut se traduire par la mortalité des poissons. Deux raisons expliquent ce phénomène : la forte demande biologique en oxygène (de 60 à 450 fois plus élevée que les eaux d’égout non traitées) et l’eutrophisation des plans d’eau en raison de la forte teneur en nutriments.

En raison de leur pH élevé, ces eaux sont corrosives pour l’acier et nuisibles au béton. Elles peuvent aussi contaminer l’eau de surface et l’eau souterraine, celle des puits notamment. « La gestion des effluents de silo n’est pas vraiment une préoccupation au Québec, remarque Jean Brisson, agronome et conseiller stratégique chez Lactanet. Quand cela se produit, ce sont généralement des accidents ou en rapport à des conditions météo exécrables. »

En contrepartie, épandus selon les standards reconnus, les effluents constituent un excellent fertilisant pour les sols agricoles.

Le rythme rapide de remplissage et de compactage du bunker ne doit pas faire oublier les principales consignes sur les précautions de sécurité qui permettront de constituer une masse stable d’ensilage assurant une alimentation appétente tout au long de l’année. 

Roger Riendeau, collaboration spéciale


Ce texte a été publié dans l’édition de juillet 2022 de L’UtiliTerre.