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Sophie Gendron, directrice générale du Salon de l’agriculture. Crédit photo : Vincent Cauchy

Sophie Gendron, directrice générale du Salon de l’agriculture. Crédit photo : Vincent Cauchy

Les producteurs sont prêts

Après avoir envahi l’espace médiatique en automne dernier, notamment pendant la plus récente campagne électorale provinciale, l’environnement était la tête d’affiche du 33e Salon de l’agriculture qui a eu lieu en janvier dernier à Saint-Hyacinthe. Les 15 000 visiteurs ayant franchi les portes de l’événement ont pu profiter de l’occasion pour se renseigner sur les nouvelles technologies et les solutions novatrices qui contribuent à réduire l’empreinte écologique des producteurs, tout en leur permettant de faire des économies de temps, et même d’argent.

D’ailleurs, aux dires de Sophie Gendron, directrice générale du Salon de l’agriculture, les producteurs sont prêts à faire le virage, et plusieurs l’ont même déjà entamé. « Les producteurs sont au rendez-vous et nos exposants l’ont compris, dit-elle. La technologie qui leur est proposée, les agriculteurs l’achètent. »

Il suffisait de se promener à travers les 300 kiosques d’exposants pour constater que les innovations technologiques, autant en intelligence artificielle qu’en agriculture de précision, sont maintenant bien présentes dans le quotidien des producteurs agricoles québécois.

« Nous avons beaucoup de nouvelles technologies, des choses que l’on ne pouvait même pas imaginer il y a cinq ans, poursuit la directrice générale. Il y a de plus en plus de machineries qui permettent le travail minimal du sol. Ces technologies permettent non seulement aux producteurs de pratiquer l’agriculture de façon plus écologique, mais également de faire des économies de temps et d’argent. »

Déjà un grand pas de fait

D’emblée, il importe de dire que les producteurs agricoles en font déjà beaucoup pour réduire leur impact écologique. Une étude du groupe Agéco, réalisée en 2018, démontre d’ailleurs que l’adoption de meilleures pratiques agricoles par les producteurs laitiers du Canada a contribué à améliorer grandement leur bilan énergétique. De 2011 à 2016, l’empreinte carbone, la consommation d’eau et l’utilisation des terres associées à la production de lait ont diminué respectivement de 7,3 %, 5,6 % et 10,9 %. « Les agriculteurs en font beaucoup plus que ce que le public croit, affirme Charles Gauvin, directeur de la Division agroentreprise et agroalimentaire de Financement agricole Canada. Des fois, ils font de petits gestes qui sont minimisés, mais ils veulent être de bons citoyens. Ils veulent contribuer positivement et ne veulent pas être perçus comme des pollueurs. Ils sont très soucieux sur ce point. »

Il ajoute même que les producteurs du Québec sont en avance sur le reste du pays, « notamment en ce qui touche les lois sur l’environnement, la gestion des fumiers ou l’implantation de bandes riveraines ».

Un point de rencontre pour semer l’avenir

Année après année, le Salon de l’agriculture attire autant les producteurs agricoles que les fabricants, car il donne l’opportunité aux deux parties de se rencontrer. C’est d’ailleurs dans des événements comme celui-ci que les discussions sont lancées; les producteurs ayant un accès direct aux fournisseurs, ils peuvent exprimer leurs besoins et leurs préférences. 

« Le Salon, c’est un lieu de rassemblement et d’échange, soutient Mme Gendron. Nous agissons comme un entremetteur qui vise à faciliter la rencontre entre les fournisseurs et les clients. Et ça, les fournisseurs l’apprécient, car quand tu reçois des centaines de commentaires de clients sur ton produit, ce qui est bien, ce qui l’est moins ou ce qui pourrait être amélioré, tu sais exactement ce que le client désire. C’est comme ça qu’on finit par changer les choses et qu’on trouve des solutions pour l’avenir. »

Le futur, c’est maintenant

Une chose est certaine, le monde change, les mentalités évoluent et l’agriculture n’y échappe pas. Et les agriculteurs, tout comme les fabricants, en sont conscients.

« Les producteurs agricoles ont toujours été bien au fait que la terre est empruntée à leurs enfants, image Sophie Gendron. Ils ont toujours eu cette conscience que la terre les nourrit et qu’elle va nourrir les générations futures. »

Charles Gauvin abonde dans le même sens : « Les producteurs veulent léguer à la prochaine génération quelque chose qui va être en bon état, qui va être durable. »

« Le futur, c’est maintenant », conclut Sophie Gendron.