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Pour l’emplacement, on choisira un terrain surélevé avec un sol ferme et bien drainé d’une capacité portante de plus de 2 200 lb/pi2 pour recevoir la dalle et les fondations des murs. Photo : Gracieuseté de Silo J.M. Lambert

Pour l’emplacement, on choisira un terrain surélevé avec un sol ferme et bien drainé d’une capacité portante de plus de 2 200 lb/pi2 pour recevoir la dalle et les fondations des murs. Photo : Gracieuseté de Silo J.M. Lambert

Le bunker, un repère unique pour les récoltes

Les silos horizontaux sont aujourd’hui dans la mire des producteurs québécois, notamment en raison du fait qu’il y a davantage de petites fermes. Couloir, meule ou boudin, quel que soit votre choix, il sera toujours fait en fonction du troupeau à nourrir. Si, toutefois, vous avez un cheptel plus nombreux ou encore une récolte plus abondante, qu’à cela ne tienne, d’autres options s’offrent à vous.

Pour l’emplacement, on choisira un terrain surélevé avec un sol ferme et bien drainé d’une capacité portante de plus de 2 200 lb/pi2 pour recevoir la dalle et les fondations des murs. L’enceinte sera éloignée des habitations, afin de ne pas causer de nuisances et de mauvaises odeurs. 

« Les dimensions du silo doivent être réfléchies en fonction du troupeau, du nombre de têtes à nourrir et des quantités quotidiennes nécessaires à l’alimentation de celui-ci. » Hugues Ménard  / expert, stratégie d’affaires agricoles en production laitière chez Sollio Agriculture

« Les dimensions du silo doivent être réfléchies en fonction du troupeau, du nombre de têtes à nourrir et des quantités quotidiennes nécessaires à l’alimentation de celui-ci. » – Hugues Ménard / expert, stratégie d’affaires agricoles en production laitière chez Sollio Agriculture

« L’orientation nord-sud est préférable. Elle permet de réduire l’effet du gel et les vents dominants, surtout si on doit installer une toile de 60 pieds de large par 200 pieds de long », mentionne Jean-François Lemay, expert, stratégie d’affaires agricoles en production laitière chez Sollio Agriculture. »

Ensuite, on déterminera les dimensions du silo selon les besoins du troupeau. « Les dimensions du silo doivent être réfléchies en fonction du troupeau, du nombre de têtes à nourrir et des quantités quotidiennes nécessaires à l’alimentation de celui-ci, estime de son côté, Hugues Ménard, expert, stratégie d’affaires agricoles en production laitière chez Sollio Agriculture. De plus, on ne peut pas le construire plus étroit que deux fois la largeur du tracteur qui va compacter. »

Pente d’inclinaison

La pente d’inclinaison est importante, car les intempéries, la pluie et la neige migrent vers l’extérieur du silo et non sur la masse récente quand la moitié de la pellicule est retirée. « Comme pente d’inclinaison, on suggère un pouce aux huit pieds à l’intérieur afin de faciliter la compaction le long de la structure du mur à l’aide d’un tracteur ou d’un chargeur, précise M. Lemay. La plupart des producteurs construisent un mur droit. C’est rare qu’il soit incliné étant donné que c’est plus compliqué pour concevoir les formes. »

Bruits de couloir

De tous les types de silos hors-sol, le « couloir » (ou bunker) est sans doute le plus populaire, en particulier pour la conservation du maïs haché et pour les troupeaux de 100 têtes (vaches laitières ou de boucherie) et plus. Réservé aux grands volumes et relativement simple à construire, le bunker comprend plusieurs cellules côte à côte sur un plancher généralement en béton en raison de nos conditions climatiques. Il comporte habituellement trois murs bétonnés avec ou sans cloison au fond permettant ou non l’accès par les deux côtés. L’entrée du matériel s’effectue à l’aide de boîtes (wagons) basculantes à déchargement arrière ou de camions pour les très gros volumes. « En général, avec un silo sans mur de fond, la pente n’est pas évidente, constate l’agronome Jean-François Lemay. C’est un avantage financier parce qu’on fait l’économie d’un mur. Cependant, on met moins d’ensilage parce qu’il y a deux pentes au lieu d’une. »

Pour des raisons pratiques, il vaut mieux construire deux silos juxtaposés ou plus, avec des murs et des appuis mitoyens, plutôt que de construire un silo de plus de 45 m (150 pi). Ce type d’aménagement (installation, construction, structure, équipement) présente également l’intérêt d’une certaine souplesse sur la masse stockée : on peut le remplir entièrement en cas de rendement de récolte supérieur. De plus, le plancher est en ciment parce que plus résistant. On utilise parfois l’asphalte, mais ce matériau aura tendance à se fissurer avec le temps. « On entrepose un matériel très acide, voire corrosif, ajoute M. Lemay. Ça va gruger le ciment à la longue. On peut toutefois ajouter un enduit protecteur comme l’époxy. »

Être à la hauteur

On préconise une hauteur minimale de six pieds, car il est difficile ­d’atteindre une densité raisonnable en deçà de ce chiffre. Quant à la hauteur maximale, le coût et la portée verticale de l’équipement de reprise en limite le niveau, qui se situe généralement entre 8 et 16 pieds (2,4 à 4,8 m).

Le silo fosse, de son côté, est une variante du couloir. Partiellement ou totalement enfouis, les murs sont façonnés à même le sol. Une variante du mur de béton est le muret à cloisons et embouveté. « L’avantage d’un mur de béton à sections modulaires par rapport à un mur coulé sur place est indéniable, soutient Marco Bégin, directeur des ventes chez Silo J.M. Lambert. Au bout de deux ans, on aperçoit quelques fissures dans le mur coulé sur place et plusieurs fissures après dix ans, alors que le préfabriqué ne présente pas de fissures même après vingt ans d’usage. De plus, l’ossature est en armature d’acier et la fumée de silice améliore la perméabilité du mélange. »

Dans le cas de l’enceinte préfabriquée, on suggère fortement la mise en place d’une toile de mur. « Étant donné les joints entre les modules, on conseille de fixer une toile sur les côtés de mur pour augmenter l’étanchéité, suggère M. Lemay. Très souvent, on a des parties déjà inclinées, ce qui le rend plus flexible que le silo coulé. »

Un silo tampon

Quant au silo meule, on l’aménage directement sur une dalle de béton et on le recouvre d’une pellicule plastique étanche. Ces gigantesques amoncellements, comme des taupinières, n’ont pas de murs et sont plus humides (30 ou 35 % de matière sèche). Il y a moins d’air dans la masse et les particules sont plus faciles à briser. De plus, les pertes sont habituellement plus importantes sur les pourtours du monticule.

Cylindre en plastique

Enfin, utilisé pour les petits volumes d’herbe, le silo presse est déposé au sol. Il nécessite un équipement approprié pour entasser l’ensilage dans un tube de plastique qui se déploie au fur et à mesure de l’entrée de la matière. « Le principe est simple, explique Jean Brisson, conseiller stratégique chez Lactanet. Le convoyeur dépose l’herbe dans la machine spéciale munie d’un rotor qui va pousser plus ou moins fort dépendant de l’ajustement d’un frein. Le frein retient le backstop et on peut forcer pour avoir une densité très élevée sans pour autant faire éclater le plastique. »

Silo de transition

Aux dires de certains experts, l’Ag-Bag, ou le Lastic Tube, serait la structure d’entreposage la plus étanche… quand elle est pratiquée selon les règles de l’art. Elle permet d’éviter la perforation ou la déchirure comme les « dos de chameau », les bosses ou encore les « vagues » sur les parois des tubes. On peut même gérer en même temps plusieurs petits lots, notamment en « silo estival » où les vaches en pâturage consomment moins d’ensilage. On peut également camoufler ces géants en plastique par une haie brise-vent.

Roger Riendeau, collaboration spéciale


Ce texte a été publié dans l’édition de juillet 2022 de L’UtiliTerre.