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Même si elles ne laissent pas de traces apparentes à la surface du sol, une batteuse ou une voiture à grain peuvent facilement afficher un poids de plus de 10 tonnes/essieu et créer une compaction sévère à plus de 60 cm (25 pouces). Photo : Gracieuseté Agro-Sol

Même si elles ne laissent pas de traces apparentes à la surface du sol, une batteuse ou une voiture à grain peuvent facilement afficher un poids de plus de 10 tonnes/essieu et créer une compaction sévère à plus de 60 cm (25 pouces). Photo : Gracieuseté Agro-Sol

La compaction du sol, un mal sournois

« Le producteur dit parfois : ‘’Mon drainage fonctionne moins bien, il faudrait que je mette d’autres drains.’’ Mais le problème est parfois ailleurs, c’est la compaction du sol en profondeur qui est en cause », explique Peter Enright, chercheur à l’Université McGill.

Appelé semelle de labour pour les uns et sabot pour les autres, le problème est causé par la circulation des tracteurs et équipements dans les champs tout au long de la saison. Ces passages provoquent immanquablement une pression sur les sols, une situation qui peut s’aggraver lorsque la compaction survient sous le seuil des opérations régulières, soit la couche allant de 20 à 40 cm sous le sol.

« Avec l’évolution du parc de machines agricoles qui sont de plus en plus lourdes et puissantes, si on passe dans de mauvaises conditions, on va se retrouver avec un problème de compaction en profondeur et de réduction de la structure du sol », renchérit Stéphane Martel, du MAPAQ.

« La compaction de surface s’enlève facilement avec le travail du sol, mais lorsqu’elle se situe plus en profondeur, ça entraine des problèmes de drainage et de développement racinaire. C’est un problème caché dont on parle trop peu », mentionne Peter Enright, ajoutant l’importance de bien ajuster la pression des pneus du tracteur et de la machinerie avant d’aller au champ. « Ça peut réduire un peu l’impact », dit-il.

Travailler le sol lorsqu’il est humide accentue le phénomène disent les études. Les producteurs utiliseront alors une sous-soleuse pour corriger un problème de compaction en profondeur, mais son recours n’est pas sans conséquence.

Agronome au MAPAQ, Louis Robert suggère d’attendre une longue période sans pluie, soit en août ou septembre, pour que le sol atteigne le degré d’assèchement requis pour entreprendre le sous-solage. Rappelant que cette opération est un correctif et non pas une méthode de ­travail, il conseille même de sacrifier une saison sans récolte aux producteurs qui y ont recours et d’éviter tout passage avec de la machinerie jusqu’au printemps ­suivant.

Parce que le sous-solage comporte un caractère agressif affectant la vie microbienne du sol visé, l’agronome recommande un semis d’engrais vert environ un jour ou deux avant les opérations afin de permettre l’établissement d’un système racinaire actif le plus tôt possible.

Bernard Lepage, collaboration spéciale