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Même si la charrue n’est plus aussi populaire qu’auparavant chez les agriculteurs, Pierre Giguère en demeure un fidèle utilisateur. Photo : Bernard Lepage

Même si la charrue n’est plus aussi populaire qu’auparavant chez les agriculteurs, Pierre Giguère en demeure un fidèle utilisateur. Photo : Bernard Lepage

Jamais sans ma charrue

Même si la charrue n’a plus la cote comme auparavant, certains agriculteurs en font encore leur outil principal pour le travail le sol.

Propriétaire d’une ferme bovine à Shawinigan, en Mauricie, Pierre Giguère qualifie son approche du labour d’automne de « conventionnelle, mais la plus naturelle possible. » Contrairement aux exploitants de grandes cultures, le danger de la compaction du sol par les passages fréquents de la machinerie est un enjeu moins criant pour les producteurs de plantes fourragères.

« Habituellement, je laboure aux cinq ou six ans quand vient le temps de renouveler mes prairies, mais vois-tu cette année, le gel printanier a causé des dommages et je devrais devancer certains champs », explique-t-il.

Pierre Giguère traite ses champs aux petits oignons, gardant toujours en tête qu’un sol, c’est comme un compte de banque : « Tu ne peux pas toujours en retirer. Des fois, il faut que tu  en remettes un peu de temps en temps »

Pierre Giguère traite ses champs aux petits oignons, gardant toujours en tête qu’un sol, c’est comme un compte de banque : « Tu ne peux pas toujours en retirer. Des fois, il faut que tu en remettes un peu de temps en temps »

Pierre Giguère utilise son fumier pour engraisser ses terres, mais lorsqu’il n’en a plus suffisamment, il recourt aux engrais verts. « C’est très à la mode présentement dans les cultures biologiques de commencer à travailler le sol dès la fin août, après la 2e coupe, pour planter un engrais vert. »

Après le passage de la charrue ajustée pour trancher le sol à six ou sept pouces de profondeur et faire un labour debout, l’agriculteur revient avec un vibroculteur pour égaliser le sol, défaire les mottes et rendre la terre meuble.

« Lorsque je n’ai plus de fumier, je sème de l’avoine ou de la moutarde que je laisse pousser pour faire de la matière organique au sol. Dépendamment de l’espèce, la plante peut venir de un pied à un pied et demi de haut. L’automne, je n’y touche pas et au printemps, je l’incorpore au sol avec une herse offset », poursuit celui qui a déjà tâté de la politique durant un terme comme député de Saint-Maurice dans le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

N’ayant pas recours aux herbicides, le Shawiniganais repasse au printemps avec son vibroculteur dès que ses champs sont suffisamment portants. « J’attends une dizaine de jours pour que les mauvaises herbes commencent à pousser pis là, une journée avec un gros soleil, je repasse un autre coup de vibroculteur juste en surface pour déraciner les mauvaises herbes qui sèchent au soleil. »

Pierre Giguère traite ses champs aux petits oignons, gardant toujours en tête qu’un sol, c’est comme un compte de banque : « Tu ne peux pas toujours en retirer. Des fois, il faut que tu en remettes un peu de temps en temps », termine-t-il avec le sourire.

Bernard Lepage, collaboration spéciale