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Geneviève Gagné, Dany Rodrigue et leur fille Brenda-Lee. Ils proposent leurs services d’épierrage en partageant leurs expériences d’agriculteurs. Crédit photo : Studio Turquoise, Saint-Victor

Geneviève Gagné, Dany Rodrigue et leur fille Brenda-Lee. Ils proposent leurs services d’épierrage en partageant leurs expériences d’agriculteurs. Crédit photo : Studio Turquoise, Saint-Victor

Des entrepreneurs nous donnent leurs conseils

Une ferme seule ou en groupe dans une coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) trouvera de grands bénéfices à employer des ramasseuses et des broyeurs. Cependant, si l’on manque de liquidités ou de moments libres pour épierrer ses champs, on peut demander l’aide d’entrepreneurs à forfait. L’UtiliTerre en a rencontré trois qui nous ont généreusement donné des informations pratico-pratiques.

Faut-il appeler longtemps d’avance?

« Si c’est au milieu de l’été, alors nous avons le temps. Il suffit de nous téléphoner une semaine plus tôt », mentionne pour sa part Julien Belhumeur, entrepreneur à forfait et employé à l’exploitation de ses parents Jean et Carmen Belhumeur. Cela fait dix ans que la Ferme J. & C. Belhumeur, de Berthierville, a fait l’acquisition d’une ramasseuse-andaineuse, et huit ans que Julien offre le service d’épierrement.

Mais il insiste sur une chose : l’idéal est d’accomplir cette tâche une fois que le sol a séché. Sinon, c’est beaucoup plus long, et l’on facture à l’heure.

Faut-il préparer le sol?

L’ouvrage d’une ramasseuse ou d’un broyeur sera nettement plus facile dans une terre ameublie. « C’est toujours mieux pour faire sortir les cailloux », admet Julien Belhumeur. « On doit s’assurer de bien niveler le terrain, sinon, la machine aura tendance à laisser les pierres dans les creux qui suivent un dos-d’âne », ajoute Dany Rodrigue, forfaitaire de Saint-Victor, dans Chaudière-Appalaches. M. Rodrigue et sa conjointe Geneviève Gagné proposent l’andainage et l’épierrage des champs, parmi d’autres besognes agricoles.

Quant au broyage des roches, bien qu’il puisse se faire en profondeur – certains broyeurs descendent jusqu’à 40 cm –, un travail préalable du sol est très bien accueilli par l’entrepreneur Dominic Cardinal. Sa compagnie de Saint-Zotique, en Montérégie, fait de l’excavation, du nivelage et du broyage forestier depuis plusieurs années. Elle s’est lancée en septembre 2018 dans le broyage des pierres à forfait. En gros, M. Cardinal propose les mêmes outils de façon culturale que MM. Belhumeur et Rodrigue : « Une herse à disques, un vibroculteur ou, encore mieux, une herse à grosses dents, par exemple un cultivateur à dents en C », résume-t-il.

Dominic Cardinal , spécialiste du nivelage, de l’excavation et du broyage forestier, offre depuis septembre 2018 le broyage des roches dans les champs agricoles. Crédit photo : Nivelage Dominic Cardinal

Dominic Cardinal , spécialiste du nivelage, de l’excavation et du broyage forestier, offre depuis septembre 2018 le broyage des roches dans les champs agricoles. Crédit photo : Nivelage Dominic Cardinal

Dany Rodrigue, qui est aussi producteur de grandes cultures, ajoute qu’il obtient d’excellents résultats en ressortant une vieille machine : la charrue. « On la passe l’automne d’avant, dit-il. Mais au printemps suivant, on ne doit pas travailler la terre à plus de trois ou quatre pouces sous la surface. Sinon, on aura de la
compaction. »

Il est vrai que les agronomes déconseillent de descendre la herse plus bas que là où l’on déposera les semences. De cette manière, on n’assèche pas le sol sous les graines et l’on protège sa vie et sa structure. Toutefois, l’été où l’on veut épierrer son champ, on ne pourra totalement observer cette règle, surtout si l’on opte pour le broyage, qui se fait couramment à une profondeur de 20 cm (8 po). 

Faut-il aussi aligner les roches avant le broyage? Il arrive que l’andainage des cailloux s’impose quand ces derniers sont très dispersés, nous ont répondu Philippe Goubau et Marc-Olivier Benoît, respectivement distributeurs des broyeurs Bugnot et FAE.

Après le ramassage ou le broyage

« Notre ramasseuse-andaineuse égrène bien les mottes de terre. Souvent, on peut ensemencer tout de suite après, souligne Julien Belhumeur. Ensuite, on passera simplement le rouleau pour tasser les graines. »Les broyeurs peuvent également laisser un lit de semences impeccable, selon la finesse du concassage. Plusieurs agriculteurs vont y déposer les graines directement. « Des producteurs m’ont demandé de briser les pierres jusqu’à un diamètre final de trois quarts de pouce et ils étaient enchantés du résultat, mais ils ont travaillé légèrement le sol avant d’y semer du blé d’automne », précise quant à lui Dominic Cardinal.