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Un champ de céréales mal drainé au printemps. Photo : Gracieuseté Éric Labonté, MAPAQ

Un champ de céréales mal drainé au printemps. Photo : Gracieuseté Éric Labonté, MAPAQ

Comment contrer la sécheresse?

Les intervenants du monde agricole sont nombreux à le constater, les changements climatiques font en sorte que les périodes de grandes pluies et de sécheresse sont de plus en plus imprévisibles. Les agriculteurs doivent donc trouver des moyens pour faire face à cette nouvelle réalité et éviter de perdre leur production.

L’Institut national de santé publique définit les ­sécheresses comme « des périodes de temps où l’environnement est trop sec pour que l’humidité puisse y rester ». Elles sont différentes de l’aridité qui, elle, est permanente. En période de sécheresse, les ressources en eau s’épuisent en grande partie et assèchent le sol. L’agriculteur peut aider la nature, entre autres par une meilleure irrigation ou par l’ajout de produits qui favoriseront la rétention d’eau.

Selon Danielle Harnois, directrice générale de Harnois Irrigation, il est clair que des productions telles que les grandes cultures, qui ne nécessitaient pas de système d’irrigation autrefois, en ont besoin aujourd’hui si elles veulent se développer et survivre. « Puisque les conditions changent, il faut désormais donner un coup de main à la nature », dit-elle.

Le drainage souterrain fait aussi partie des mesures pouvant favoriser la saine structure d’un sol et permettant un meilleur développement du système racinaire.

Le drainage souterrain fait aussi partie des mesures pouvant favoriser la saine structure d’un sol et permettant un meilleur développement du système racinaire.

Un bon système d’irrigation doit être adapté aux besoins du sol et donner la bonne quantité d’eau au bon moment, selon l’experte. Autrefois, on utilisait davantage des ­systèmes à haute pression. Maintenant, on propose ­plutôt des systèmes à basse pression, plus économiques, qui vont utiliser juste la bonne quantité d’eau pour ­nourrir la plante en la distribuant au bon endroit.

« Il n’y a pas de mauvais système. Chaque système a sa place sur le marché. Il faut le choisir selon le type de culture que l’on a », soutient Mme Harnois. L’objectif demeure toujours de permettre au producteur de rentabiliser rapidement l’équipement avec une récolte accrue, dit-elle. Harnois Irrigation produit des rampes munies de têtes d’arrosage à basse pression pour des cultures de 29 hectares ou plus.

Une structure saine

Selon Moranne Béliveau, chargée de projets R et D agricole chez Soleno, pour contrer les problèmes de ­sécheresse, il faut à la base s’intéresser à la structure du sol. Un problème qu’on rencontre souvent est la compaction du sol. Celle-ci fait en sorte que la densité apparente du sol augmente, réduisant les pores du sol. Cela aura nécessairement un impact négatif sur la vitesse du drainage, l’accessibilité à l’eau et l’air empêchant la bonne croissance des racines, explique Mme Béliveau.

L’eau aura du mal à s’infiltrer dans un sol trop compacté. « Un sol mal structuré aura habituellement moins d’eau disponible pour les plantes qu’un sol bien structuré », insiste la spécialiste. Le sol doit respirer et ­assurer une ­certaine rétention de l’eau pour offrir de bons ­rendements.

Un sol compacté aura un impact négatif sur la vitesse du drainage, l’accessibilité à l’eau et l’air empêchant la bonne croissance des racines. Photos : Gracieuseté de Soleno

Un sol compacté aura un impact négatif sur la vitesse du drainage, l’accessibilité à l’eau et l’air empêchant la bonne croissance des racines. Photos : Gracieuseté de Soleno

Un drainage souterrain adéquat

Le drainage souterrain fait aussi partie des mesures pouvant favoriser la saine structure d’un sol et permettant un meilleur développement du système racinaire. L’ajout d’un système de contrôle de nappe phréatique peut également s’avérer efficace pour contrer les périodes de sécheresse, ajoute Richard Bossinotte, directeur des ventes pour le ­secteur agricole chez Soleno.

« L’objectif est d’empêcher l’eau de la nappe phréatique d’être évacuée trop rapidement pendant la saison, et l’installation d’un système de contrôle de la nappe ­phréatique ­permettra d’emmagasiner l’eau en contrôlant la hauteur de la nappe », dit-il. On retrouve plusieurs modèles sur le marché, qui sont habituellement ajustables. Il est possible d’avoir une sortie complètement ouverte pour un drainage maximal et de permettre de maintenir une hauteur de nappe plus haute. L’ajustement dépendra du type de sol et de culture.

Un système de rétention d’eau

L’utilisation de réservoirs de rétention des eaux pluviales peut être une autre solution au problème d’assèchement des sols, selon M. Bossinotte. Ils peuvent être souterrains ou hors terre. Un tel équipement permet d’amasser l’eau en période de crue afin de l’utiliser durant les périodes de sécheresse. Le principe est efficace, bien qu’il soit limité par la capacité des réservoirs.


Stockosorb

Il existe aussi des produits pouvant améliorer la rétention d’eau dans le sol. C’est le cas du Stockosorb, qui a la capacité d’absorber l’eau pour la relâcher dans le sol quand la plante en a besoin. Expérimenté sur des sols sablonneux et argileux, ce produit peut aussi s’avérer très efficace sur n’importe quel type de sol en période de sécheresse, à condition d’avoir été appliqué de façon préventive avant la période de sécheresse, explique Geneviève Richard, responsable des communications chez Éco+.

Appliqué de façon préventive, le Stockosorb évitera que la plante subisse un stress dû à un manque d’eau. Le Stockosorb absorbe l’eau d’arrosage ou de pluies abondantes et la relâche dans le système racinaire des plantes en période de sécheresse.

Appliqué de façon préventive, le Stockosorb évitera que la plante subisse un stress dû à un manque d’eau. Le Stockosorb absorbe l’eau d’arrosage ou de pluies abondantes et la relâche dans le système racinaire des plantes en période de sécheresse.

Le Stockosorb est un hydrogel en granules qui absorbe l’eau d’arrosage ou de pluies abondantes pour la relâcher dans le système racinaire des plantes en période de sécheresse. En temps normal, il apporterait moins de valeur ajoutée à un sol qui posséderait déjà une bonne rétention d’eau. Toutefois, si on l’applique de façon préventive, il évitera que la plante subisse un stress dû à un manque d’eau. « Dans un cas comme celui-là, on ne doit pas attendre d’être en période de sécheresse pour l’appliquer, sinon il ne serait pas à son plein potentiel », souligne Geneviève Richard. Il faut agir de façon préventive.

L’investissement en vaut-il le coût? Oui, selon Mme Richard, puisque l’agriculteur pourra récupérer son investissement en réduisant l’arrosage. Et comme les longues périodes de pluie et les longues périodes de sécheresse sont pratiquement imprévisibles avec les changements climatiques, le produit sera un peu comme une police d’assurance contre les imprévus climatiques.