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La subvention de 500 000 $ accordée par le CRDI à Denis Archambault (photo) et à son équipe provient du programme mondial Innovation en vaccins pour le bétail doté d’un fonds de 57 millions $, dont 60 % provient de la Fondation Bill et Melinda Gates. Photaco : Gracieuseté de l'UQAM

La subvention de 500 000 $ accordée par le CRDI à Denis Archambault (photo) et à son équipe provient du programme mondial Innovation en vaccins pour le bétail doté d’un fonds de 57 millions $, dont 60 % provient de la Fondation Bill et Melinda Gates. Photaco : Gracieuseté de l'UQAM

Les nanovaccins comme arme de guerre

Un groupe de quatre chercheurs franco-canadiens, dirigé par Denis Archambault, vient de recevoir une subvention de 500 000 $ pour le développement d’un nanovaccin visant à combattre le virus de la grippe aviaire.

Même si le Québec a été épargné jusqu’ici, le Canada a eu à composer dans le passé avec quelques épisodes du virus de l’influenza aviaire, le dernier en lice ayant eu lieu en 2014 en Colombie-Britannique où près de 80 000 volailles avaient été euthanasiées.

Ce demi-million de dollars provient du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et il vient s’ajouter à une autre subvention de 1,3 M$ accordée à l’automne 2017 et qui avait permis une belle avancée.

« Nous avons développé deux plateformes prometteuses, une synthétique et une de protéines naturelles, qui ont donné, sur des souris, un taux de protection de 100 % contre le virus de l’influenza. Maintenant, nous allons poursuivre nos travaux, mais en travaillant sur l’espèce cible, soit des poulets », explique Denis Archambault, professeur au Département des sciences biologiques à l’UQÀM.

Comme le projet porte sur la grippe aviaire comportant une souche virale de type H5N1, la plus pathogène et potentiellement transmissible à l’humain, les travaux seront menés au Centre national des maladies animales exotiques à Winnipeg, le seul laboratoire de niveau de biosécurité 4 en Amérique du Nord. « Nous devions débuter en juin, mais tout est arrêté à cause de la COVID-19 », précise le chercheur qui souhaite reprendre ses travaux au début de l›automne.

Vétérinaire de profession, Denis Archambault prévoit mener deux séries d’expériences sur une période d’environ cinq mois. « Si les résultats sont concluants, on passera alors au fine tuning. C’est l’étape qui consiste à cibler la plateforme la plus prometteuse, à déterminer le nombre d’administrations du vaccin; son mode d’administration : intranasale ou intramusculaire. Ce sont tous des paramètres qui doivent être étudiés, mais qui demanderont du financement supplémentaire. »

Denis Archambault fait équipe dans ce projet avec un autre Québécois, Steve Bourgault, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en chimie des nano-assemblages biologiques, et deux chercheurs français : Christophe Chevalier et Ronon Le Goffic. « Ils mèneront leurs expériences à l’École vétérinaire de Toulouse avec une souche virale moins pathogène que le H5N1 puisque leur laboratoire est de niveau de biosécurité 3 », poursuit le professeur.

Présentement, il n’existe aucun vaccin contre la grippe aviaire et son éclosion entraine automatiquement l’abattage des élevages touchés. Jusqu’à maintenant, les cas recensés de l’influenza aviaire au Canada comportaient toujours une souche faiblement pathogène, donc non transmissible à l’humain contrairement à la H5N1. 

Bernard Lepage, collaboration spéciale