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Selon Mme Kyling, l’ÉcoBed diminue grandement la poussière et les odeurs dans les fermes. Photos : Marc Mancini/TCN

Selon Mme Kyling, l’ÉcoBed diminue grandement la poussière et les odeurs dans les fermes. Photos : Marc Mancini/TCN

Copeaux Kyling : faire place à l’innovation

Déjà bien implantée dans les fermes du Québec depuis 1975, l’entreprise Copeaux Kyling est un joueur majeur dans la distribution de litière à base de copeaux de bois (ripe) en vrac.

On pourrait peut-être même affirmer que depuis leur acquisition des installations de Sciures Jutras, à Saint-Césaire, en janvier dernier, ils sont maintenant les plus gros fournisseurs au Québec avec près de 60 000 pi2 d’espace d’entreposage.

La popularité fulgurante de leur nouveau produit, l’ÉcoBed, pourrait même mener à la construction d’un bâtiment supplémentaire sur les terrains de leur siège social de Stanbridge Station, dans la MRC Brome-Missisquoi.

Remplacer le sable et la paille

Pattes sales, présence de contaminants, développement de bactéries pathogènes et usure des équipements seraient quelques-uns des inconvénients reliés à l’utilisation d’une litière conventionnelle. « Pour l’industrie laitière, on cherchait une texture confortable qui se rapprochait du sable, mais sans ses inconvénients, explique Anne-Lise Kyling, propriétaire et présidente de la compagnie depuis 2005. Notre mélange de bran de scie et de chaux n’est pas abrasif pour les installations et, contrairement au sable, a une grande valeur organique et permet d’enrichir le sol. »

Selon Mme Kyling, l’ÉcoBed diminue grandement la poussière et les odeurs dans les fermes. « C’est dans les premiers commentaires que l’on reçoit. Les clients sont agréablement surpris et en recommandent. D’autant plus que pour les producteurs qui utilisent normalement la paille comme litière, mais qui ne la font pas eux-mêmes pousser, notre solution représente une belle économie d’argent. »

De gauche à droite, Serge Plouffe, Directeur du développement des affaires, avec les deux propriétaires de Copeaux Kyling, Benoit Gagnon et Anne-Lise Kyling.

De gauche à droite, Serge Plouffe, Directeur du développement des affaires, avec les deux propriétaires de Copeaux Kyling, Benoit Gagnon et Anne-Lise Kyling.

Grand intérêt

Depuis le début de la distribution à des fermes locales, en octobre dernier, la deman­de a explosé. Il y aurait présente­ment une quarantaine d’étables et le nombre augmenterait chaque semaine. « On ne fait même pas de publicité; tout se fait par bouche-à-oreille, souligne la présidente. Juste avant Noël, une publication sur les réseaux sociaux a eu 30 000 vues et j’ai dû répondre à plus de 400 messages venant des quatre coins de la province. Pour le moment, le marché local est suffisant pour écouler notre production, mais avec les transporteurs qui viennent déjà nous livrer nos matières premières venant de plus loin, ça nous donne une belle opportunité d’augmenter le rayon de livraison possible en remplissant ces mêmes camions pour leur trajet de retour. Il y a même une liste d’attente pour de nouveaux clients! » se réjouit-elle.

Pour répondre à la demande, la construction d’un entrepôt supplémentaire permettra à l’entreprise de produire en plus grande quantité dans des conditions saines, propres et sans contaminants extérieurs. « On attend la conclusion de l’étude en cours pour confirmer nos plans avant de construire », précise Mme Kyling.

Étude en cours

Des résultats encourageants à des tests préliminaires au printemps 2020 ont mené à une étude plus poussée afin de s’assurer que l’ÉcoBed soit « un produit écologique 100 % naturel, sans contaminants et sans danger pour les animaux et l’environnement », mentionne la propriétaire. « Présentement et jusqu’en septembre, nous avons neuf fermes laitières qui participent à l’étude, dans trois environnements différents : stabulation libre avec matelas, logettes creuses et entravées. Les clients remplissent un questionnaire à différents moments pour évaluer plusieurs éléments comme le confort, l’odeur, l’humidité, le contrôle des bactéries, etc. Jusqu’à maintenant, les observations sont excellentes! note l’entrepreneure. Les animaux aussi semblent apprécier et réagir favorablement au changement. »

Les impacts des conditions d’entreposage de l’ÉcoBed chez les clients sont aussi surveillés du coin de l’œil. « Comme notre produit est livré encore humide [en raison du procédé de fabrication] et pratiquement sans bactéries nuisibles, on préconise ­l’entreposage intérieur pour éviter la contamination. Ça permet aussi au mélange de sécher plus rapidement pour gagner en efficacité. Quoique même là où on l’entrepose dehors sur des dalles de béton, ­l’ÉcoBed semble demeurer très efficace et les bactéries ne se développeraient pas beaucoup plus », ajoute Anne-Lise Kyling. 

Perspectives d’avenir

Les activités et projets de développement de Copeaux Kyling sont motivés par le souci de favoriser l’économie de proximité. « Tous nos fournisseurs de sous-produits de bois sont québécois. Les installations de notre fournisseur de chaux sont à 200 m de chez nous. Nos clients ne sont pas, pour le moment, trop éloignés. Ça touche directement les coûts de transport, et les retombées financières et environnementales sont bénéfiques pour tous », mentionne Mme Kyling. Questionnée sur la forte activité du marché du bois, elle se veut rassurante : « La demande actuelle dans l’industrie du bois fait qu’il y a une grande disponibilité de sous-produits comme les copeaux et le bran de scie. Advenant une récession ou une pause dans la transformation du bois, nos larges réserves nous permettraient d’approvisionner nos clients pour plusieurs mois. Chaque fois que je prends un nouveau client, je m’assure de pouvoir le fournir! »

Présentement, l’ÉcoBed et les autres produits de la compagnie sont exclusivement vendus en vrac, à la tonne, pour les marchés avicoles, fermes laitières et écuries. La demande pour de l’ensaché et pour d’autres marchés est toutefois présente. La construction possible du nouvel entrepôt prévue à l’automne pourrait contribuer à faire avancer de nouveaux projets.

Olivier Grégoire, collaboration spéciale


Cet article a été publié dans l’édition de mai 2021 du magazine L’UtiliTerre.