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Crédit photo: Producteurs de bovins du Québec

Crédit photo: Producteurs de bovins du Québec

Bien préparer sa ferme pour l’hiver

Avec l’hiver qui s’en vient, une grande partie du travail des producteurs changera radicalement. Mais peut-on optimiser le confort des animaux, et plus particulièrement des veaux, qui sont plus vulnérables? Comment s’assurer que les équipements seront sécuritaires tout au long de la saison?

Le cahier Bovins a fait une revue des éléments à surveiller pour bien préparer sa ferme.

La ventilation, une nécessité

Lorsque nous avons demandé à Gervais Pelletier, un producteur de Saint-Roch-des-Aulnaies, des trucs pour bien préparer sa ferme pour l’hiver, il s’est mis à rire. Ce travail peut paraître simple et routinier, mais au fil de la discussion, de plus en plus d’informations intéressantes ressortaient. « Une vache, c’est comme une fournaise, a-t-il mentionné. Si tu veux les réchauffer, tu dois t’assurer qu’elles ne manquent pas de nourriture. » Il a ensuite parlé de la ventilation nécessaire pour évacuer les gaz nocifs qui sont dégagés par les animaux dans l’étable, comme le monoxyde de carbone et l’ammoniac.

Steve Adam, spécialiste du confort et du bien-être animal pour Valacta, abonde dans le même sens. Même si le bâtiment se refroidit, la ventilation doit être maintenue pour éviter les troubles pulmonaires. « Il faut s’assurer qu’il y a quatre changements d’air à l’heure pour renouveler l’air et chasser l’humidité », dit-il. Pour éviter de trop grandes pertes énergétiques, certains producteurs ont installé des chambres préchauffées, qui servent de prises d’air pour la ventilation en hiver. Les producteurs qui ont une ventilation en tunnel ne devraient pas utiliser les mêmes entrées d’air qu’en été, note Steve Adam. « Il faut plutôt faire des entrées d’air un peu partout pour diffuser l’air et éviter de créer de trop gros courants d’air. » Pour optimiser la qualité de l’air, l’expert suggère aussi de garder un espace de 24 pieds carrés par veau à la naissance et de 35 pieds carrés pour les taures.

Il faut s’assurer d’évacuer les gaz nocifs qui sont dégagés par les animaux dans l’étable, comme le monoxyde de carbone et l’ammoniac, et ce, même lors des grands froids en hiver. Crédit : Gracieuseté Valacta

Il faut s’assurer d’évacuer les gaz nocifs qui sont dégagés par les animaux dans l’étable, comme le monoxyde de carbone et l’ammoniac, et ce, même lors des grands froids en hiver. Crédit : Gracieuseté Valacta

À VEAUX marques, prêts, partez

L’attention particulière nécessaire pour soigner les veaux semble d’ailleurs une notion importante pour les producteurs, car l’atelier À VEAUX marques, prêts, partez a été la formation la plus courue avec 127 séances et 1 398 participants l’hiver dernier. Les soins hivernaux font partie des notions abordées.

« Les veaux fonctionnent très bien dans un environnement de 10 à 25 °C, mentionne ce dernier. En dehors de cette plage-là, le système travaille pour s’équilibrer. » En hiver, ce sont les pertes de chaleur qui sont à surveiller, plus particulièrement pour les veaux, qui passent près de 90 % de leur temps couchés sur le sol. « Les pertes de chaleur se font beaucoup lorsque l’animal est en contact avec le sol, ajoute l’expert. C’est pourquoi il faut isoler le plancher avec un matériau qui contient beaucoup d’air, comme la paille. » A contrario, la litière et les particules fines représentent un moins bon isolant.

Il ne faut pas s’alarmer lorsque la température de l’étable baisse, mais il faut s’assurer que les petits peuvent se faire un nid dans la litière. À la naissance, le veau doit être maintenu dans un environnement de plus de 7 °C. Au besoin, des lampes chauffantes peuvent aider à atteindre ces températures. Lors des sorties extérieures, les producteurs peuvent aussi mettre un petit manteau ou une couverture sur les veaux, particulièrement lorsqu’ils sont exposés aux intempéries, ajoute Steve Adam. À l’intérieur, un tel manteau peut être utilisé, mais seulement pour les premiers jours, propose ce dernier.

Pour gérer la température dans l’étable, Gervais Pelletier fait pour sa part confiance à des thermostats synchronisés, avec des sondes bien équilibrées et placées aux bons endroits (pas de courant d’air).

Bouger pour plus de rentabilité

Dans la mesure du possible, Steve Adam recommande aussi de faire bouger les animaux à une fréquence régulière. « Ce n’est pas une question d’activisme animalier, précise-t-il. L’activité augmente la production, la profitabilité et la santé animale. Il reste à déterminer quelle quantité d’exercice ça prend pour dégourdir les animaux, mais il y a des bénéfices à bouger, même si c’est seulement 15 minutes par semaine. » Le spécialiste mentionne que des producteurs s’aperçoivent eux-mêmes des bénéfices, notamment sur les vaches taries, car elles ont moins de blessures aux jarrets, un meilleur appétit et un début de lactation plus rapide lorsqu’elles bougent. Une étude sur le sujet devrait d’ailleurs être publiée en 2018.

Une étable sécuritaire

Du point de vue de la sécurité, François R. Granger, ingénieur et agronome à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), recommande de bien drainer la cour avant l’arrivée de l’hiver pour éviter la formation de plaques de glace. « À défaut de pouvoir enlever l’eau, préparez de l’abrasif pour recouvrir la glace », soutient le conseiller-expert en prévention-inspection, qui suggère aussi de baliser les chemins près des fossés et des ponceaux.

Ce dernier recommande également d’être prévoyant et d’effectuer tout travail en hauteur, par exemple le nettoyage de la sortie de l’écureur, avant la fin de l’automne. En effet, les surfaces sont plus glissantes l’hiver. « Si vous devez travailler en hauteur l’hiver, pour le déneigement par exemple, pensez-y d’avance et préparez des systèmes d’ancrages, des harnais et des cordes. »

Pour prévenir les incendies, ce dernier suggère aussi de dégager et de nettoyer les panneaux électriques et les systèmes de chauffage afin d’éviter que la poussière ne cause un court-circuit.

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