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Alimentation des porcs : Faire le bon choix

La transition vers le logement collectif aura des impacts sur les stratégies d’alimentation des truies. Alors que certains systèmes sont moins performants quant au vol de moulée, d’autres nécessitent des investissements importants. Survol des différentes solutions sur le marché.

Alimentation au sol

Ce système d’alimentation simultané des truies a l’avantage d’être simple et peu coûteux, mais demande beaucoup d’efforts en matière de régie du troupeau. « Avec ce système-là, c’est au plus fort la poche », illustre l’agronome et responsable bâtiment et régie d’élevage au Centre de développement du porc du Québec, Sébastien Turcotte. Pour limiter les vols de moulée, le spécialiste recommande d’offrir différents points d’alimentation en installant des cloisons en forme de « H ». « Il faut aussi faire des groupes de truies homogènes » en fonction de leur comportement, leur grosseur et leur état de santé, dit-il.

Superficie recommandée : plus de 22 pi2/truie

Photos : Gracieuseté du CDPQ


Alimentation en bat-flanc

Avec ce principe de cages ouvertes, les truies mangent côte à côte, séparées au niveau de la tête et des épaules par une cloison. Comme pour l’alimentation au sol, ce système requiert peu d’investissement, mais demande une bonne régie de troupeau. « Au début, chaque truie mange dans son panneau, mais si une truie dominante termine plus vite sa ration, elle peut facilement tasser une autre truie pour lui voler sa moulée », indique M. Turcotte. En ajustant la vitesse de distribution à la truie la plus lente, les producteurs peuvent mieux contrôler les comportements agressifs.

Superficie recommandée : plus de 20 pi2/truie, excluant l’espace pour les bat-flancs


Réfectoires autobloquants

« Ce système ressemble aux cages actuelles, mais la truie peut sortir et entrer de sa cage comme elle veut pour aller dans un espace de vie commune, explique Sébastien Turcotte. Le vol de moulée est impossible. » Comme les animaux ne choisissent pas toujours la même cage au moment des repas, il est plus difficile de nourrir individuellement les truies les plus maigres. « Ça ne se fait pas automatiquement, mais on peut le faire manuellement », précise le spécialiste. Ce type de système d’alimentation demande une grande superficie de plancher… et donc plus d’investissement.

Superficie recommandée : plus de 26 pi2/truie


Distributeur automatique de concentrés (DAC)

Les DAC permettent une alimentation personnalisée. Chaque truie est identifiée par une puce électronique qui détecte son entrée dans la zone d’alimentation. « Ça permet de lui offrir une ration adaptée avec différents types d’aliments », soutient l’agronome. Il faut cependant prévoir du temps pour entraîner les truies à se rendre au DAC par elles-mêmes. Un DAC alimente environ 60 truies et ne convient donc pas aux petits troupeaux. S’il coûte en moyenne 15 000 $ à l’achat, ce système entraîne des rénovations majeures au bâtiment existant.

Superficie recommandée : plus de 19 pi2/truie


Système mixte (DAC + réfectoires autobloquants)

Ce système d’alimentation relativement nouveau est un heureux mélange entre les DAC et les réfectoires autobloquants. « Comme avec les DAC, les truies ont une puce à l’oreille et entrent dans la station d’alimentation pour avoir leur ration personnalisée », affirme Sébastien Turcotte. Contrairement au DAC, le système mixte permet aux truies d’entrer et de sortir par la même porte. Le mécanisme, inspiré des systèmes réfectoires, est moins coûteux qu’un DAC et nécessite peu d’entretien. « Les truies sont logées par groupe de 40 ou 50, souligne-t-il. On parle d’environ 15 à 20 truies par station d’alimentation. » Ce système s’installe plus facilement dans les bâtiments existants et ne demande donc aucune rénovation majeure. 

Superficie recommandée : plus de 19 pi2/truie