fbpx
Maximiser la durée du pâturage avec des techniques adaptées aux installations permet des économies importantes de fourrages récoltés ainsi que de frais de machinerie et de carburant. Photo : PBQ/AgriCarrières

Maximiser la durée du pâturage avec des techniques adaptées aux installations permet des économies importantes de fourrages récoltés ainsi que de frais de machinerie et de carburant. Photo : PBQ/AgriCarrières

10 moyens pour mieux gérer les coûts d’alimentation

L’alimentation du troupeau vache-veau représente une charge de premier plan dans la comptabilité d’une entreprise. Le contexte économique des 10 dernières années et surtout des derniers mois ne laisse pas beaucoup de répit aux producteurs. Ainsi, il convient d’examiner les moyens les plus appropriés de réduire l’impact de ces bouleversements sur la situation financière de l’entreprise. 

Pour ce faire, voici une liste partielle des moyens disponibles :

1. Faites faire des tests de gestation

Dans un troupeau vache-veau, il est important que toutes les vaches vêlent et donnent annuellement un veau vivant. Un test de gestation précoce permet d’identifier les vaches non gestantes afin de les réformer rapidement. Une vache de taille moyenne nécessite en moyenne 15 kg par jour de matière sèche ou presque deux balles rondes par mois. Il faut penser à réformer celles qui sont trop vieilles, car leur fécondité diminue beaucoup au-delà de l’âge de 12 ans. Attention également aux vaches de plus de 1 750 livres qui produisent un veau d’à peine 500 livres à la vente.

2. Planifiez l’achat de vos intrants

Afin de bénéficier d’un rabais de volume, évaluez vos besoins en intrants, puis validez s’il est possible de les acheter en gros tout en considérant vos capacités financières ainsi que la date d’expiration de l’intrant (ex. : minéraux, suppléments protéiques, etc..).

3. Analysez vos fourrages et sous-produits

Il est important d’avoir en main les analyses de fourrages, car elles permettent :

  • de choisir le fourrage le plus adapté en tenant compte des besoins alimentaires des vaches;
  • d’établir la valeur marchande des fourrages et des sous-produits en tenant compte du prix du maïs et du tourteau de soya, ce qui pourrait vous permettre de vendre les surplus de fourrages selon leur valeur alimentaire et non à la balle ou à la tonne;
  • d’établir la valeur de substitution des sous-produits tels que les drêches de brasserie.

4. Comparez la valeur alimentaire de vos fourrages sur la base des nutriments

De façon générale, les producteurs évaluent la qualité des fourrages en fonction de la teneur en protéines. Généralement, on accorde des vertus exagérées à celle-ci puisqu’on pense par exemple que plus le fourrage est riche en protéines, plus la vache produira de lait. Cependant, c’est davantage le contenu en fibres ADF et NDF qu’il faut regarder, car ce sont les deux principaux paramètres pour évaluer l’énergie disponible et la consommation volontaire de matière sèche des fourrages chez les bovins.

5. Améliorez la tenue de vos registres

Les producteurs sont généralement des entrepreneurs. Ainsi, leur intuition est souvent leur meilleure référence. Cependant, ils doivent également être de bons gestionnaires et comme l’expression suivante le dit si bien : « On ne peut gérer efficacement ce que l’on ne mesure pas. » Par conséquent, chaque type de registre doit être suffisamment détaillé afin d’obtenir l’information pertinente pour prendre une décision éclairée et d’évaluer les résultats techniques et économiques espérés.

Les registres des champs doivent inclure les analyses de sols, le type de sol, les amendements, les fertilisants, le drainage, la composition végétale, les rendements fourragers, en herbe ou en grains. Les registres de troupeau doivent s’appuyer sur l’identification permanente des vaches et des veaux à jour. Ils doivent permettre de suivre la productivité de chacune des vaches ainsi que la croissance de leurs veaux jusqu’au sevrage et à l’abattage.

Une comptabilité à jour avec les quantités permet d’établir les coûts de production de fourrages conservés, de l’herbe ou des grains. Elle permettra de connaître le coût d’opportunité pour statuer si c’est plus avantageux de produire ses fourrages, de les faire récolter à forfait ou de les acheter.

Une vache de taille moyenne nécessite en moyenne 15 kg par jour de matière sèche ou presque deux balles rondes par mois. Photo : Les Producteurs de bovins du Québec

Une vache de taille moyenne nécessite en moyenne 15 kg par jour de matière sèche ou presque deux balles rondes par mois. Photo : Les Producteurs de bovins du Québec

6. Coupez dans le gras

Pour réduire les frais d’alimentation, il faut éviter de suralimenter les vaches et de les maintenir dans un état de chair trop élevé. L’embonpoint est à l’origine de problèmes de reproduction, de membres ou tout simplement d’accidents. 

7. Réduisez au maximum les pertes en fourrages

Les pertes à l’entreposage peuvent varier de 2 à 20 % sur une période de neuf mois selon le drainage du site ou selon que les balles sont couvertes ou non.  Les pertes de fourrages à la mangeoire peuvent varier de 5,3 à 21 % et représenter des pertes financières de l’ordre de 572 $ à 2 268 $ par période d’hivernement (ex. : 180 jours).

8. Élevez seulement les femelles de remplacement dont vous avez besoin

Selon l’état du troupeau, le taux de remplacement peut varier de 10 à 15 %. Étant donné que l’élevage d’une taure requiert une quantité importante de fourrages, il est important d’être très méticuleux dans la sélection de celles-ci et d’éviter un élevage superflu.

9. Allongez la période de pâturage

Maximisez la durée du pâturage avec des techniques adaptées à vos installations. Le pâturage permet des économies importantes de fourrages récoltés ainsi que de frais de machinerie et de carburant.

10. Ne coupez pas l’apport en minéraux

Choisissez un ou des minéraux répondant aux apports recommandés pour les bovins et rendez-les accessibles afin que tous les animaux puissent en consommer tous les jours.


Inspiré de « 10 Tips for Managing High Feed Prices », Beef Magazine (2022) Katie VanValin, University of Kentucky. 

Michel Lemelin, agr., M.G.P., consultant en zootechnie et gestion de projets / Conseil Élevage 5.0, Membre du Groupe Bovi-Expert