Volailles 16 mai 2025

Un nouveau système « anti-emballement » sur le prix du quota de poulet

La prochaine séance de vente de quota de production de poulet, prévue en juillet, testera un nouveau mécanisme de stabilisation des prix, qui a pour objectif de réduire l’inflation sur la valeur du quota vendu lorsque l’augmentation des prix dépasse un certain seuil.

Ce mécanisme repose sur une enchère dite tronquée, qui se déclenche uniquement quand la croissance du prix est au-delà de 2 % du prix moyen des trois dernières séances de vente de quota. Selon différentes conditions, par exemple lorsqu’il y a une demande excédentaire, c’est-à-dire quand au moins un acheteur est prêt à payer plus cher que le prix demandé par le dernier vendeur de quota en jeu, un autre processus peut aussi être déclenché afin d’exclure 10 % des acheteurs les plus offrants, notamment. 

L’objectif de ce changement est « de décourager la spéculation, d’éviter la concentration des acheteurs et la collusion pendant les ventes », énumèrent les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ). «Surtout dans la période où le quota suscite un fort engouement et que des acheteurs peuvent être tentés de miser des prix plus élevés pour être certains d’obtenir leur mise », précisent-ils.

« Depuis deux ans, le prix du quota s’est emballé dans le reste du Canada. On a vu 50 % de majoration. C’est beaucoup! C’est néfaste pour l’établissement des jeunes, pour l’établissement des entreprises, et ça ne sert que les gens qui quittent l’industrie avec un plus gros magot. Ce n’est pas le mandat ni le but de la gestion de l’offre », confie Benoît Fontaine, président des EVQ, dans une entrevue accordée à La Terre. Ce nouveau système permettra quand même la croissance de la valeur des quotas de production, souligne-t-il, mais « une inflation correcte, juste et raisonnable », tout en maintenant, selon lui, des prix accessibles pour la relève et les entreprises existantes.

Ce règlement avait été déposé devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec en 2020. Après études et ajustements, il a été approuvé en janvier dernier. 

Rappelons qu’au départ, les EVQ avaient demandé à la Régie de fixer un prix plafond pour le quota de poulet, ce qui leur avait été refusé. Ils ont par la suite développé ce mécanisme de stabilisation des prix avec l’apport du conseiller économique Maurice Doyon, professeur au Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l’Université Laval.