Au moment du passage de La Terre à la ferme avicole Guylvie et Fils, à Saint-Bonaventure, dans le Centre-du-Québec, Samuel St-Pierre, propriétaire de l’entreprise, apportait les derniers ajustements au poulailler dont il achève la construction. C’est le premier que le jeune éleveur bâtit lui-même. Photo : Patricia Blackburn/TCN
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S'abonner maintenantSAINT-BONAVENTURE – Au moment du passage de La Terre à la ferme avicole Guylvie et Fils, à Saint-Bonaventure, dans le Centre-du-Québec, Samuel St-Pierre, propriétaire de l’entreprise, apportait les derniers ajustements au poulailler dont il achève la construction. C’est le premier que le jeune éleveur bâtit lui-même.
La ferme d’élevage de poulet de chair achetée par ses parents, Sylvie et Guy, en 1990, comptait déjà deux bâtiments datant de 1950. Des rénovations et un agrandissement ont été effectués sur l’un des deux en 1995. « Mais Samuel n’avait alors que 6 ans », rappelle affectueusement sa mère, Sylvie. Il s’agit du même âge qu’a le propre fils de Samuel, Alexis, qui sautille autour de son père pendant l’entrevue. « J’ai remarqué ça, dernièrement, qu’il avait le même âge que moi quand mon père a fait les travaux d’agrandissement. C’est un drôle de hasard », reconnaît l’éleveur.
La ferme possède 2 462 m2 de quota, soit l’équivalent de 34 000 oiseaux répartis dans les deux anciens bâtiments. Avec le nouveau, dont la surface d’élevage est de 76 sur 13 mètres (250 sur 42 pieds), la capacité de la ferme s’accroîtra de 27 500 places, soit 61 000 oiseaux au total. « Avant, on avait une production dans la moyenne faible, là, on sera plus dans la moyenne », évalue Samuel St-Pierre.

Il est impatient de pouvoir démarrer les activités et tester ses nouveaux équipements. « Mais je commence à être fatigué. Depuis le début du chantier, le 12 avril, le gaz est dans le fond », mentionne celui qui accueillera les nouveaux poussins le 6 novembre.

Le choix de miser sur des valeurs sûres
De l’extérieur, le poulailler fraîchement érigé semble imiter le modèle des deux autres. « Je sais que la mode est au poulailler à un étage, mais moi, je ne suis pas convaincu. Ça marche depuis 50 ans à deux étages et les attrapeurs sont habitués. J’aime mieux miser sur des valeurs sûres », explique le producteur.
Pour choisir l’équipement, il s’est inspiré des stratégies utilisées du côté des plus gros joueurs de l’industrie, en se disant que ceux-ci faisaient plusieurs tests avant d’opter pour un équipement plutôt qu’un autre. Figurent parmi ses choix une structure d’acier plutôt que de bois, des luminaires à DEL anti-scintillement, un système de refroidissement à l’eau (de type cooling pads) et onze ventilateurs qui permettent un débit de 20 PCM (pieds cubes par minute). « Je suis conservateur dans mes choix, mais j’ai quand même des technologies plus à jour, avec un système informatique qui permet un contrôle automatique et une gestion à partir du téléphone cellulaire. Si je trouve que ça va bien, je vais modifier mes deux autres bâtiments comme ça », planifie-t-il.
Il est par contre resté prudent par rapport à d’autres types d’équipements dernier cri, comme un échangeur d’air, donne-t-il en exemple. « Même si c’est la grosse mode », il préfère attendre que plus d’éleveurs l’utilisent pour savoir si l’investissement en vaut vraiment la chandelle, notamment par rapport au coût de propane qu’il permet de sauver.
C’est facile de dépenser l’argent, mais est-ce que tu as ton retour sur l’investissement tout le temps?
En assumant environ 50 % du travail et en confiant le reste à l’heure à un entrepreneur plutôt que selon une formule clé en main, il a réalisé d’importantes économies sur les coûts de construction, qu’il estime à environ 1,2 M$. La facture a aussi pu être amoindrie de 200 000 $ par des subventions, notamment d’Hydro-Québec pour les luminaires, et du Programme fédéral d’investissement à la ferme pour la volaille et les œufs.

Quota, endettement et 2e emploi
Pour remplir son nouveau poulailler, l’éleveur se tournera vers la location de quota plutôt que l’achat. Une approche qu’il juge plus rentable à court terme. « Car pour ce bâtiment, acheter du quota me coûterait environ 4 M$. Je suis un jeune qui démarre; j’aimerais le remplir [le bâtiment] avec du quota, mais je ne suis pas capable. En 1990, le quota, tu le remboursais en cinq ans. Maintenant, je dois étaler le remboursement sur 15 à 20 ans parce que c’est trop cher », expose-t-il.
Bien que la ferme lui demande déjà beaucoup de temps, il doit encore travailler à l’extérieur, en effectuant des semis de grandes cultures pour son voisin pendant l’été, afin de joindre les deux bouts. Son objectif est d’acheter du quota progressivement pour éventuellement ne travailler qu’à la ferme, comme ses parents ont pu le faire avant lui.