Après la chèvre de boucherie, Christiane Fournier et Jean Rousseau continuent de produire par plaisir et pour les besoins de leur famille. Photo Myriam Laplante El Haïli/TCN
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S'abonner maintenantSAINT-AUGUSTIN-DE-DESMAURES – Les dernières chèvres de Christiane Fournier et de Jean Rousseau ont pris la route de l’encan en novembre 2024. Avec un troupeau qui a déjà atteint 659 têtes, ceux qui ont déjà été les plus gros éleveurs de chèvres de boucherie du Québec ont dû se résoudre à cesser la production.
À 69 ans, ils gardent un pied en agriculture pour le plaisir et les besoins de la famille seulement. « Hier soir au souper, seulement les champignons ne provenaient pas de la ferme », mentionne Christiane, pour qui l’agriculture devait être un projet de préretraite qui a finalement duré 15 ans.
À l’époque, en 2009, il y avait beaucoup à faire pour développer le secteur de la chèvre de boucherie. L’éleveuse, qui a grandi dans une ferme laitière, s’est impliquée dans les associations de producteurs, a tenté de mettre en place un environnement d’affaires favorable aux éleveurs de chèvre de boucherie avec les encans et les abattoirs et a participé à de nombreux projets de recherche caprins du ministère de l’Agriculture pour faire progresser son secteur.
Après un petit virage vers le secteur de la fibre, le couple a décidé, en 2021, de réduire graduellement son troupeau. « Jean avait été malade, et on a décidé de prendre le temps de vivre », mentionne Christiane en précisant avoir observé une baisse de la demande locale pour ses produits « de luxe » en raison du contexte économique postpandémique. « Je ne regrette rien. On a vraiment eu beaucoup, beaucoup de plaisir dans cet élevage-là, mais à un moment donné, il faut que tu penses à toi et à ta santé », soutient-elle, alors que son mari souligne le manque de relève en agriculture.
Autosuffisance
Aujourd’hui, les retraités produisent pour leur consommation personnelle. L’un de leurs anciens bâtiments d’élevage abrite six veaux d’embouche achetés à la ferme laitière voisine, un autre contient des poules (pondeuses et à chair), tandis que le troisième a été aménagé pour permettre la production de légumes à feuilles vertes durant l’hiver. Des arbres fruitiers ont été plantés et un grand jardin leur permet de cultiver leurs propres petits fruits et légumes. Ainsi, les meilleurs aliments agrémentent les repas partagés chaque jour à la table de Christiane et de Jean par leurs enfants et leurs petits-enfants qui habitent cette maison de ferme intergénérationnelle.