Le pâturage en rotation intensive implique des déplacements fréquents des animaux, parfois quotidiens ou plusieurs fois par jour. Photos : PBQ
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S'abonner maintenantLa gestion des pâturages est un élément clé pour optimiser la production fourragère et répondre aux besoins du troupeau. Différents systèmes existent, allant du pâturage en continu au pâturage en rotation intensive, chacun ayant ses avantages et ses limites.
Le choix du système dépend des objectifs de l’entreprise, des ressources disponibles et du niveau de gestion souhaité. Une bonne planification permet d’améliorer l’utilisation des pâturages, d’optimiser les rendements et de faciliter la gestion quotidienne. Cet article présente les principaux systèmes de pâturage ainsi que les étapes essentielles pour mettre en place un plan de gestion adapté à votre entreprise.
Les systèmes de pâturage
Trois principaux systèmes de pâturage sont utilisés : le pâturage en continu, le pâturage en rotation simple et le pâturage en rotation intensive.
Le pâturage en continu consiste à laisser les animaux à un seul endroit pendant toute la saison ou à les déplacer très peu. Ce système demande peu de gestion, peu d’investissement en clôtures et peu de main-d’œuvre. Toutefois, il entraîne des rendements plus faibles et une qualité de fourrage inférieure. Ce système d’utilisation des pâturages est hétérogène, certaines plantes étant surconsommées alors que d’autres sont délaissées en raison d’une densité plus faible des animaux. Cela peut entraîner une augmentation des mauvaises herbes, une perte de matière sèche et une distribution inégale du fumier.

Le pâturage en rotation simple consiste à diviser les superficies en parcelles et à déplacer les animaux périodiquement. Par rapport au pâturage en continu, ce système améliore les rendements et la qualité des fourrages, permet des périodes de repos pour les plantes et prolonge la période de pâturage. Il entraîne également une meilleure distribution du fumier. Cependant, il nécessite davantage d’investissement en clôtures et en systèmes d’abreuvement, tout en offrant des rendements inférieurs à la rotation intensive.
Le pâturage en rotation intensive implique des déplacements fréquents des animaux, parfois quotidiens ou plusieurs fois par jour. Il permet d’accroître les rendements, d’augmenter le nombre d’animaux par hectare, d’améliorer la distribution du fumier, de mieux contrôler les mauvaises herbes et d’obtenir une prise alimentaire plus uniforme. Ce système offre une grande flexibilité pour répondre aux besoins nutritionnels, mais demande une gestion plus intensive, des besoins en main-d’œuvre plus grands et des investissements initiaux plus élevés.
Les principes clés de la gestion intensive
La gestion intensive des pâturages repose sur des principes de base visant à maximiser la production de biomasse et à assurer une bonne repousse des plantes.
Le premier principe consiste à équilibrer le nombre d’animaux avec la disponibilité des fourrages. Une charge animale trop élevée peut entraîner une dégradation rapide des pâturages, alors qu’une charge trop faible peut mener à une sous-utilisation des ressources disponibles.
Le deuxième principe vise à gérer efficacement la distribution du bétail. Une bonne répartition permet d’assurer une utilisation uniforme des pâturages et d’éviter que certaines zones soient surpâturées tandis que d’autres sont sous-utilisées. Cela contribue également à une meilleure distribution du fumier dans les
parcelles.
Le troisième principe est d’assurer des périodes de repos suffisantes entre les périodes de paissance. Après le passage des animaux, les plantes doivent pouvoir reconstituer leurs réserves et produire une nouvelle biomasse. La durée de repos dépend de plusieurs facteurs, notamment la vitesse de repousse, la température, les précipitations, le type d’espèces fourragères et les conditions du sol. Bien qu’elle varie selon la température, les précipitations et la période de l’année, une période de repos de 25 à 30 jours est généralement observée.

Le quatrième principe consiste à éviter la paissance lors de périodes sensibles, comme en conditions d’inondation ou de sécheresse. Dans ces situations, les pâturages sont plus vulnérables et peuvent être endommagés sur le long terme, ce qui affecte leur productivité.
Ces principes permettent d’assurer un bon rendement en biomasse et de maintenir la persistance des pâturages dans le temps. Une gestion rigoureuse permet également d’améliorer l’uniformité de la consommation et de limiter les pertes de matière sèche.
Il est également important de limiter la durée de paissance dans une même parcelle. Il est recommandé de ne pas laisser les animaux plus de 6 jours dans une parcelle afin d’éviter une défoliation excessive qui pourrait nuire à la repousse des plantes et affecter les rendements.
La hauteur des plantes à l’entrée et à la sortie des animaux influence également la durée de paissance. Une gestion adéquate de ces paramètres permet d’optimiser l’utilisation du fourrage et de maintenir la qualité des pâturages.
Planifier son système de pâturage
La planification d’un système de pâturage intensif débute par une bonne compréhension de l’entreprise et de ses objectifs.
Les objectifs de l’entreprise doivent être définis à moyen et long terme. Ils peuvent inclure l’augmentation du cheptel, l’amélioration des performances animales, la réduction des coûts de production ou l’amélioration de la santé des sols. Ces objectifs orientent les décisions liées à la gestion des pâturages.
L’inventaire des prairies permet d’identifier les superficies disponibles pour le pâturage et de regrouper les champs afin de faciliter les déplacements des animaux. Il est également important d’identifier les facteurs limitants à la productivité, comme la fertilité du sol, le type de sol, la profondeur, ainsi que les zones à risque (inondation, pentes) et les zones sensibles (cours d’eau, puits, zones boisées).
L’inventaire des espèces fourragères permet d’évaluer la composition des prairies, la présence de mauvaises herbes, la diversité des espèces, la densité et la vigueur des plants, ainsi que le niveau d’utilisation des pâturages. Il permet également de considérer les différentes courbes de croissance des espèces, qui influencent la gestion des parcelles.
L’inventaire des animaux est essentiel pour déterminer les besoins alimentaires du troupeau en fonction du stade physiologique. Il permet aussi d’anticiper les besoins en fonction de l’évolution du cheptel et d’adapter les infrastructures en conséquence.
Le système d’abreuvement doit être bien planifié. Les animaux doivent avoir accès à de l’eau en tout temps, avec un débit suffisant. L’emplacement des points d’eau influence directement l’uniformité de la paissance. Il est recommandé que l’accès à l’eau soit situé à moins de 250 mètres (800 pieds) de l’extrémité du pâturage.
Les clôtures doivent être adaptées au type de gestion choisi. Il est important de connaître leur emplacement et leur état afin de planifier leur entretien. L’emplacement du corral doit également être pris en compte pour faciliter les déplacements et les manipulations du troupeau.
La planification doit tenir compte du nombre de parcelles, de leur taille et de leur localisation. Le nombre de parcelles dépend de la période de repos et de la durée de paissance.
En conclusion, la gestion intensive des pâturages repose sur une planification rigoureuse et une bonne compréhension des ressources disponibles. En structurant efficacement les parcelles, les déplacements et les infrastructures, il est possible d’optimiser l’utilisation du fourrage et de mieux répondre aux besoins du troupeau.
Calcul du nombre de parcelles
Le nombre de parcelles peut être estimé en utilisant la formule suivante :
Nombre de parcelles = (Temps de repos / Temps de paissance) + 1
La période de repos varie généralement entre 25 et 30 jours. La longueur de la période de paissance dans une parcelle influence directement la date de retour des animaux. Il est recommandé de ne pas laisser les animaux plus de 6 jours dans une même parcelle afin d’éviter une défoliation excessive et de préserver la reprise, le rendement et la persistance des prairies.
Calcul de la taille des parcelles
La taille des parcelles dépend des besoins journaliers du troupeau, de la durée de paissance et du rendement fourrager des parcelles.
Elle peut être estimée avec la formule suivante :
Taille de la parcelle = (Besoins du troupeau en kg MS/jour × période de paissance) / rendement (kg MS/ha)
Pour favoriser une paissance uniforme, les parcelles devraient présenter des caractéristiques semblables en termes de sol, de pente, de topographie et d’espèces fourragères. Une parcelle de forme carrée favorise aussi une meilleure uniformité de pâture qu’une parcelle rectangulaire.