Le lauréat 2026 du Prix de l’intendance environnementale – section Québec, Victor Drury, est entouré de sa famille et de Francine Trépanier, vice-présidente des PBQ, et Nathalie Côté, directrice des affaires agronomiques des PBQ. Photo : Samuel Tessier, photographe
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S'abonner maintenantÉlever des bovins de façon durable et rentable, c’est possible. Parlez-en à Victor Drury, lauréat 2026 du Prix de l’intendance environnementale – section Québec. Le producteur de veaux d’embouche fait prospérer la ferme familiale située à La Pêche, en Outaouais, tout en multipliant les pratiques respectueuses de l’environnement. Portrait.
L’histoire de l’entreprise commence en 1974 lorsque le père de Victor, Gib Drury, acquiert en périphérie de Gatineau une ferme de 200 acres laissée en friche depuis une décennie. Au fil des 50 dernières années, le père, puis le fils, ont agrandi l’exploitation en intégrant cinq fermes voisines pour atteindre 900 acres de pâturages, en plus de louer 950 acres supplémentaires pour la production de foin.
Leur troupeau compte aujourd’hui 300 vaches Angus commerciales et leurs veaux, élevés en pâturage intensif et dans des enclos d’hivernement. Les veaux semi-finis sont commercialisés auprès de parcs d’engraissement et de producteurs spécialisés dans la finition à l’herbe. Près de 4 500 balles rondes de foin récoltées dans 28 fermes louées à proximité servent par ailleurs à l’alimentation hivernale.

Pratiques rentables et durables
La mise en place de pratiques agroenvironnementales n’est pas étrangère au succès de l’entreprise, qui a vu plusieurs améliorations tangibles au cours des dernières années.
Ainsi, l’introduction du pâturage intensif en rotation a permis de garder le troupeau plus longtemps aux champs. « Les bovins sortent des enclos d’hivernement vers le
20 mai et demeurent au pâturage jusqu’à la fin novembre. Ce système nous permet de prolonger la saison de pâturage d’environ deux mois après la fin de la croissance de l’herbe, car les animaux utilisent successivement l’un des 30 enclos, ce qui assure une réserve de fourrage. L’augmentation de la saison de pâturage diminue considérablement les coûts d’exploitation », note Victor Drury, qui gère la ferme conjointement avec son père.
Cette technique a favorisé la répartition naturelle du fumier et la croissance des plantes fourragères, rendant possible l’augmentation de la densité de son troupeau.
« À titre d’exemple, la ferme originale, qui ne pouvait accueillir que 10 vaches en été, soutient aujourd’hui 100 paires vache-veau », mentionne le producteur.
Après la saison de pâturage, la ferme utilise un système de pâturage sur balles rondes (bale grazing) durant le mois de décembre, ce qui évite la compaction des sols avant le gel et contribue à l’épandage du fumier. D’ailleurs, Victor Drury s’enorgueillit du fait que la ferme n’a pas eu recours à des engrais chimiques depuis 45 ans.
Selon le producteur, l’absence d’intrants de synthèse et de labour dans son exploitation a permis de restaurer la fertilité des sols, de réduire les émissions de GES de la ferme et de maintenir des coûts de production très bas.
Des gestes pour l’environnement
En plus de ces pratiques, les Drury sont membres fondateurs d’ALUS Outaouais, un programme de rétribution de pratiques agroenvironnementales. Leur participation à divers projets en biodiversité leur a notamment permis de remplacer les clôtures barbelées par des clôtures électriques afin de réduire les risques de blessures pour la faune et le bétail. La ferme pratique également la fauche tardive afin de favoriser la nidification de certaines espèces d’oiseaux dans ses pâturages. D’autres projets liés à l’environnement sont prévus dans les années à venir.
Le lauréat canadien du Prix de l’intendance environnementale sera connu en août lors de l’assemblée semi-annuelle de l’Association canadienne des bovins.