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Pour les sujets qui vont encore au pâturage, des secteurs d’ombrage sont indispensables. L’objectif est d’assurer un minimum de 65 pi2 d’ombrage par animal. Crédit photo: Archives TCN

Pour les sujets qui vont encore au pâturage, des secteurs d’ombrage sont indispensables. L’objectif est d’assurer un minimum de 65 pi2 d’ombrage par animal. Crédit photo: Archives TCN

Les vaches et le stress thermique

Dans notre chronique de l’édition du 16 août, nous avons vu que les vaches subissent un stress dû à la chaleur. Maintenant, voyons comment leur organisme s’y ajuste.

C’est en ajustant leur respiration que les vaches stabilisent leur température corporelle. Donc, lorsque la température et l’humidité ambiantes augmentent, l’animal accélère sa fréquence respiratoire. On peut ainsi estimer la température corporelle des bovins simplement en observant leurs flancs et leurs nasaux. Normalement, leur fréquence respiratoire est de 40 à 45 respirations par minute. À ce rythme, la température corporelle est d’environ 38,6 °C. À 60 respirations par minute, la température monte autour de 39,2 °C. De même, à 80 respirations, elle grimpe à plus de 39,7 °C. Cette fréquence respiratoire se calcule sur des sujets au repos.

Ainsi, la respiration accélérée du troupeau est le premier indice d’un stress dû à la chaleur. Les manifestations cliniques, quant à elles, sont une baisse de consommation suivie d’une baisse de production et du taux de gras du lait. De plus, cette respiration rapide par la gueule accentue le risque d’acidose. On a souvent tendance à augmenter les concentrés dans la ration pour pallier la baisse de consommation, ce qui accroît encore plus le risque d’acidose. La baisse de production s’explique en partie par la baisse de consommation, mais aussi par le fait que la vache ne peut plus métaboliser ses réserves corporelles. Elle doit utiliser son glucose pour ses besoins physiologiques, ce qui réduit l’énergie disponible pour la glande mammaire.

En ce qui concerne la reproduction, le taux de conception est le premier indice de stress dû à la chaleur. À la suite d’un épisode prolongé de stress thermique, le taux de gestation est diminué sur une période de près de 60 jours. Les sujets en début de gestation sont plus à risque de mortalité embryonnaire, car le jeune embryon est particulièrement sensible lorsque la température corporelle dépasse les 39 °C.

En résumé, le stress thermique hypothèque grandement le bien-être de nos vaches. La solution réside dans l’utilisation stratégique des quatre éléments suivants : l’ombrage, la vélocité de l’air, l’eau et le temps. Les groupes importants à cibler sont : les vaches en attente pour la traite, les vaches taries et en transition, et les meilleures productrices.

De l’ombre et du vent svp

Pour les sujets qui vont encore au pâturage, des secteurs d’ombrage sont indispensables, et ce, particulièrement pour les vaches taries, un groupe très important, car le lait d’automne en dépend. De grands arbres ou des structures de 12 à 16 pi de haut et de 20 à 30 pi de large sont nécessaires pour créer des conditions gagnantes. L’objectif est d’assurer un minimum de 65 pi2 d’ombrage par animal.

Pour les sujets en stabulation libre, la vélocité de l’air en période de chaleur devrait être de 360 à 540 pi par minute, et ce, peu importe le type de ventilation. Enfin, la vaporisation d’eau pour rafraîchir les vaches est une technique d’avenir à ne pas négliger, toujours dans le but de rétablir le bien-être de nos animaux.

Dr Edwin Quigley, m.v., collaboration spéciale