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Le bateau-robot prototype mis au point par Viacheslav Adamchuk et Shiv Prasherk, chercheurs au Département de génie des bioressources de l’Université McGill. Photo : Viacheslav Adamchuk

Le bateau-robot prototype mis au point par Viacheslav Adamchuk et Shiv Prasherk, chercheurs au Département de génie des bioressources de l’Université McGill. Photo : Viacheslav Adamchuk

Un bateau-robot pour « scanner » la santé des lacs

Imaginez un bateau robotisé équipé de capteurs qui sillonne les plans d’eau pour récolter des données sur la température, le pH, l’oxygène dissous et les contaminants. Grâce à la transmission d’un signal acoustique, ces données s’affichent en temps réel sur une carte qui permet de connaître la distribution et la dynamique des polluants, à des millions d’emplacements.

« On sait déjà que certaines parties des lacs sont plus polluées que d’autres, notamment près des drains agricoles, mais on ne sait pas comment ces contaminants se distribuent et interagissent à la grandeur du plan d’eau », explique le chercheur Viacheslav Adamchuk, du Département de génie des bioressources de l’Université McGill, qui a mis au point ce prototype avec son collègue Shiv Prasherk pour combler cette lacune.

L’outil suscite déjà un intérêt commercial. Il pourrait en effet s’avérer fort utile aux producteurs qui sont aux prises avec des problèmes de pollution, mais qui peinent à en déterminer la source. L’azote et le phosphore, qui font l’objet d’épandage sur les terres agricoles, sont de bons exemples de contaminants pouvant se retrouver par lessivage dans les plans d’eau. Ces deux substances sont notamment montrées du doigt en ce qui touche la prolifération des algues bleu-vert.

Réagir plus vite

« Plusieurs plans d’eau québécois ont des problèmes de toxicité, et on se doit de pouvoir mesurer les paramètres de qualité de l’eau rapidement, explique M. Adamchuk. Récolter des données en des millions de points sur un lac, au lieu d’une centaine comme c’est le cas actuellement, permettrait de mieux contrôler l’état de santé du plan d’eau et de réagir plus efficacement afin d’éviter, par exemple, une contamination par des algues bleu-vert », précise-t-il.

Pour l’instant, comme il est impensable d’installer des capteurs sur l’ensemble d’un plan d’eau, la qualité de l’eau n’est évaluée qu’à certains endroits. Ces « radiographies partielles » ne permettent toutefois pas de savoir comment se porte généralement le plan d’eau. De plus, pour obtenir un diagnostic sur cet état de santé, les données récoltées par les capteurs doivent être analysées en laboratoire. Une démarche qui peut s’avérer coûteuse en temps et en argent!

En « scannant » un plan d’eau dans sa totalité et en transmettant les données sur la qualité de l’eau par télémétrie acoustique, en quelques minutes, à une application mobile, comme le permet le bateau-robot prototype, il serait plus facile pour les producteurs, mais aussi pour les agences gouvernementales et les chercheurs, de réagir lorsqu’un plan d’eau montre des signes de mauvaise santé. 

Lacs toxiques

Les algues bleu-vert, ou cyanobactéries, se multiplient lorsqu’un lac contient trop d’azote ou de phosphore. Elles peuvent libérer des toxines qui affectent la santé humaine et animale.