Une lacération du trayon est considérée comme une urgence chirurgicale. Crédit photo: Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Une lacération du trayon est considérée comme une urgence chirurgicale. Crédit photo: Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Trayon lacéré : que faire?

La lacération des trayons est un malheureux incident qui affecte dramatiquement la vache et sa production laitière. Elle a par le fait même des conséquences directes sur le revenu de la ferme.

Comme il s’agit d’une urgence, plus la blessure sera réparée tôt, meilleur sera le pronostic. C’est pourquoi il est important d’agir rapidement afin de mettre toutes les chances de son côté.

En tant que producteur, il vous est possible d’intervenir dès que l’incident est signalé, avant même que le médecin vétérinaire arrive à la ferme. Voici donc quelques conseils et trucs pratico–pratiques afin d’améliorer les chances de guérison d’une lésion de trayon.

La première intervention à effectuer à la ferme, outre appeler son médecin vétérinaire, serait de nettoyer la plaie avec un jet délicat d’eau froide. En plus d’enlever la saleté, cela contribuera à diminuer l’inflammation du trayon. Par la suite, il est essentiel de garder la lacération propre et de la protéger afin d’éviter une possible mammite. Pour ce faire, on peut réaliser un bandage autour du trayon avec un matériel confortable. L’utilisation de bandages conçus spécialement pour les trayons serait l’idéal. Puis, pour solidifier le tout, du vet wrap peut être appliqué par-dessus le bandage, mais il faut faire attention de ne pas le serrer trop fort. Il est très important de ne pas traire le quartier à la machine. Si le pis doit être vidangé, il est préférable d’utiliser une petite canule stérile en plastique ou si cela ne fonctionne pas, une sonde métallique. Il est primordial de bien aseptiser celle-ci avant de l’introduire dans le trayon, avec de l’alcool par exemple. Cependant, il ne faudrait jamais forcer l’introduction d’une sonde, car cela pourrait empirer la lésion. Bien entendu, toute manipulation de la région blessée devrait être effectuée le plus proprement possible.

Pour conclure, gardez espoir : bien que certaines lacérations soient pires que d’autres, il faut se rappeler que tant que le trayon n’est pas totalement arraché, il y a toujours une possibilité de guérison.

Facteurs influençant le pronostic

Le pronostic dépend de l’intervalle de temps entre le moment où la lésion s’est produite et la réparation de celle-ci, mais également du type de lacération. Par exemple, une coupure transversale ou plus près de la base du trayon aura un pronostic plus sombre qu’une lésion longitudinale ou au milieu du trayon. La profondeur et l’implication du canal papillaire, qui se manifestent souvent par un écoulement de lait, influencent également le pronostic.

Amélie Laliberté, candidate au doctorat en médecine vétérinaire,
en collaboration avec le Dr Sylvain Nichols, M.V.