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Les variétés hâtives n’étant pas nécessairement les plus productives, elles seront croisées avec des variétés à haut rendement. Crédit photo : Archives TCN

Les variétés hâtives n’étant pas nécessairement les plus productives, elles seront croisées avec des variétés à haut rendement. Crédit photo : Archives TCN

Le soya hâtif complètement décodé, une première mondiale

Les progrès réalisés par les chercheurs dans le domaine de la sélection génétique ont fait un bond énorme au cours des dernières années, notamment dans la culture du soya, qu’on retrouve principalement dans le sud du Canada.

Les découvertes scientifiques en lien avec cet oléagineux permettent aujourd’hui d’étendre la culture vers les latitudes plus élevées grâce à des cultivars hâtifs et performants, si bien que la production et la récolte ont augmenté de 55 % entre 2013 et 2017.

Des chercheurs de l’Université Laval et leurs collaborateurs ont séquencé de A à Z le bagage génétique de 102 variétés différentes de soya cultivées au Canada. Un travail colossal, puisque le génome entier d’une seule variété compte à lui seul plus d’un milliard de « lettres » composant son code génétique. En dressant la liste complète de toutes les variations génétiques de ces variétés, les chercheurs ont découvert ce qui distingue celles-ci sur les plans du rendement, de la teneur en protéines ou en huile, ainsi que de la résistance aux maladies, aux ravageurs et aux autres formes de stress.

C’est la première fois qu’un inventaire exhaustif de toutes ces variations est réalisé. À la lumière des résultats de cette étude, deux grands types de variations génétiques ont été identifiés :

  • variations de petite taille (touchant une seule lettre du code génétique);
  • variations de grande taille (touchant des dizaines voire des millions de ces lettres).

Au total, près de cinq millions de variants de petite taille ont été inventoriés, alors que pour les variants de grande taille, le chiffre s’élève plus humblement à 100 000.

À première vue, le nombre imposant de variants de petite taille (5 000 fois plus nombreux que ceux de grande taille) pourrait laisser croire que ceux-ci expliquent la plus grande part de la variation observée entre les variétés. Erreur! La grande majorité de ces variants n’a entraîné aucun changement dans le fonctionnement de ces gènes. Les variations de grande taille, rapportées pour la première fois dans ce travail de l’équipe SoyaGen, seraient responsables de plus de la moitié des changements génétiques qui différencient les variétés de soya.

Croisements prometteurs

Les efforts des chercheurs consistent maintenant à tenter d’associer ces marqueurs à des caractères génétiques. Les variétés hâtives n’étant pas nécessairement les plus productives, elles seront croisées avec des variétés à haut rendement. En sachant quels sont les gènes associés à la productivité, les chercheurs pourront utiliser la génomique afin de vérifier si, à la suite d’un croisement, tous les gènes souhaités ont été retenus. À l’aide de ces données inédites, de nouvelles variétés de soya plus performantes pourront être développées plus rapidement, au plus grand bonheur des producteurs et des consommateurs! 

Le soya : une culture d’avenir au Canada

Les progrès en matière de sélection réalisés par les phytogénéticiens canadiens, qui ont permis d’étendre la culture du soya polyvalent et de modifier ses propriétés, ont fait naître une demande pour ce produit dans les secteurs de l’alimentation, de l’élevage et de l’industrie. De plus en plus d’agriculteurs de partout au pays s’adonnent à cette culture, qui est vouée à un avenir radieux.

Davoud Torkamaneh, Doctorant en biologie végétale
François Belzile, Professeur au Département de phytologie