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Maxime d’Almeida Tohoué

Maxime d’Almeida Tohoué

Quelle est la santé financière des entreprises laitières, céréalières et maraîchères au Québec?

Entre l’inflation sur les actifs, la dette et les incertitudes sur les accords commerciaux, les fermes québécoises sont-elles assez solides pour supporter les probables chocs qui pointent à l’horizon?

Maxime d’Almeida Tohoué, finissant à la maîtrise en agroéconomie de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation, s’est penché sur le sujet, analysant la santé financière des entreprises laitières, céréalières et maraîchères.

Maxime d’Almeida Tohoué

Maxime d’Almeida Tohoué

Production laitière

Avec une rentabilité économique moyenne de 3,44 %, ce sont les producteurs laitiers qui obtiennent les meilleurs résultats. Le quart des entreprises est en pleine santé financière et affiche une rentabilité économique supérieure au taux d’intérêt. Malgré leur faible rentabilité, 53 % de ces entreprises disposent de liquidités pouvant les aider à redresser leur situation à terme. Ces résultats s’expliquent en partie par une bonne productivité du capital et une excellente maîtrise des coûts de production. Toutefois, la grande variabilité des résultats d’une période à l’autre et la baisse du pourcentage d’entreprises en pleine santé financière laissent planer des inquiétudes sur l’avenir de ce secteur contingenté.

Production maraîchère

Chez les producteurs de fruits et légumes, les résultats varient. Alors que 27 % des entreprises possèdent une bonne santé financière, 35 % sont en difficulté sérieuse et 37 % connaissent des difficultés chroniques. Ces performances en dents de scie peuvent s’expliquer par une excellente productivité du capital et par les coûts de production très élevés que doivent assumer certaines entreprises. Heureusement pour ce secteur, le pourcentage des entreprises en difficulté financière est à la baisse.

Production céréalière

Du côté des entreprises céréalières, seulement 11 % sont en bonne santé financière. Avec une rentabilité économique moyenne de 1,17 %, près du tiers de ces entreprises connaissent des difficultés financières. Comme dans le lait, la tendance n’est pas à une amélioration de la situation. Cette faible performance s’explique par une faible productivité du capital et des coûts de production élevés.

À la lumière de ces résultats, il est important pour chaque producteur d’identifier, de comprendre et d’analyser la productivité, l’efficacité et la performance technico-économique de son entreprise. En effet, la pérennité d’une entreprise repose bien souvent sur les choix de gestion des producteurs.

 

Une question de profits et de liquidités

La santé financière d’une entreprise est définie selon sa capacité à générer des profits (rentabilité) et à faire face à ses dettes et aux imprévus sans recourir à de nouveaux emprunts (liquidités). Les résultats sont issus de l’enquête financière sur les fermes réalisée conjointement par Statistique Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) au cours des 10 dernières années (de 2005 à 2015).