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Anne-Sophie Paquet, ici en compagnie de sa sœur Catherine à la Ferme Syldia, de Neuville, a l’impression que comme femme, elle doit travailler plus fort pour faire ses preuves. Photos : Gracieuseté du Cégep de Lévis

Anne-Sophie Paquet, ici en compagnie de sa sœur Catherine à la Ferme Syldia, de Neuville, a l’impression que comme femme, elle doit travailler plus fort pour faire ses preuves. Photos : Gracieuseté du Cégep de Lévis

Quel avenir pour les finissantes en agriculture?

Le Conseil du statut de la femme s’est penché pour la première fois de son histoire sur la réalité des agricultrices au Québec. Il a publié les résultats de son étude en novembre 2019 dans un rapport intitulé Les femmes en agriculture – Cultiver les possibles. Ce document contient plusieurs constats sur la relève au féminin. Par exemple, les femmes s’établissent plus tard que les hommes et elles privilégient davantage le démarrage d’une entreprise (44 % comparativement à 32 % pour les hommes). Elles sont aussi plus scolarisées. Une autre constatation : les agricultrices subissent des exigences plus sévères au financement.

Sarah Desjardins a démarré son entreprise maraîchère La voie des jardins, à Sainte-Croix, avec son conjoint.

Sarah Desjardins a démarré son entreprise maraîchère La voie des jardins, à Sainte-Croix, avec son conjoint.

En octobre 2018, le Conseil avait fait paraître un rapport d’étape : Remuer ciel et terre, portrait ­d’agricultrices. Dans ce document, on rapporte le vécu de trois agricultrices. L’une d’elles donne des exemples d’embûches qu’elle a rencontrées : difficulté d’être prise au sérieux, exigence d’une validation masculine, remarques discriminatoires d’intervenants du milieu, etc.

Il y a peu de données permettant de suivre l’évolution des femmes en agriculture au Québec. Les tableaux suivants, qui montrent une augmentation constante du nombre de femmes en agriculture et en formation agricole dans Chaudière-Appalaches, suggèrent qu’elles seront encore plus présentes au cours des ­prochaines années.

Un avenir meilleur?

Les changements d’attitude, la publication de nouvelles études et de nouveaux outils pour accompagner les agricultrices auront sans doute un impact positif. Par exemple, les Agricultrices du Québec ont mis en place « Dimension E » (« E » pour entrepreneure), une boîte à outils de ressources pour accompagner les entrepreneures. Ce programme vise à outiller les ­agricultrices de différentes façons : répertoire de financement, ­services professionnels tels que des ­avocats, fiscalistes, notaires, etc.

Le mot de la fin revient à de jeunes agricultrices : Anne-Sophie Paquet, diplômée du Cégep de Lévis en 2018 et jeune entrepreneure, a tout de même ­l’impression que comme femme, elle doit travailler plus fort pour faire ses preuves. De son côté, Sarah Desjardins, finissante, qui a démarré son entreprise maraîchère avec son conjoint, soutient : « Je me suis toujours sentie traitée d’égal à égal par les intervenants lors de leurs visites. » Noémie Nadeau, diplômée et employée en production laitière, partage également ce point de vue.

Si toutes les diplômées du Québec, qu’elles travaillent en agriculture ou se lancent en affaires, pouvaient affirmer être reconnues pour leurs compétences, sans égard à leur sexe, ce serait vraiment une bonne nouvelle pour une professeure de cégep en agriculture. 

Nathalie Gagné, agr., professeure au Cégep de Lévis et coordonnatrice du programme Gestion et technologies d’entreprise agricole