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Photo : Archives TCN

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Qualité, confort et développement durable : un trio gagnant en production laitière

La filière laitière ne ménage aucun effort afin qu’en tant que consommateurs, nous puissions obtenir une grande diversité de produits de qualité arborant le logo de la vache bleue dont nous sommes si fiers. Rien n’est laissé de côté quant aux qualités bactériologiques et à l’innocuité du produit, au bien-être animal, de même qu’à l’empreinte environnementale laissée par les productions animales. Ce sont d’ailleurs des sujets d’actualité abordés par les consommateurs soucieux de faire les bons choix.

La qualité du lait revêt une grande importance dans la filière. Le comptage de cellules somatiques demeure un indicatif très important de la qualité du produit et de la profitabilité du troupeau. En 2019, selon les statistiques du Centre canadien d’information laitière, la mammite avait été utilisée à hauteur de 9,5 % comme raison de réforme, ce qui la place en deuxième position derrière les problèmes liés à la reproduction. Les pertes financières sont principalement associées à la réforme et à la mortalité, à la diminution de production, au lait jeté, au travail, de même qu’aux coûts des médicaments utilisés.

En ce qui concerne le bien-être animal, le confort est directement lié au nombre d’heures que les vaches passeront couchées, ce qui se répercute par un accroissement de 1,7 kg de lait produit par heure supplémentaire aux 10 h recommandées. On constate aussi une diminution de la réforme, ce qui a pour conséquence de diminuer les coûts d’élevage et d’accroître la production du troupeau en ayant plus de vaches de ­troisième lactation et plus.

Des projets de développement de litières

Du côté de l’impact environnemental, la production laitière pourrait s’avérer un chaînon important quant à la possibilité de récupérer certains sous-produits de transformation industrielle ou recyclés, tel du bois récupéré. Les producteurs recherchent des litières confortables, absorbantes, sécuritaires, saines et associées à la production de lait de qualité tout en étant abordables. Cela peut représenter un défi et les producteurs doivent parfois faire des compromis. Le recyclage de ces produits permettrait d’améliorer l’offre sur le marché et de diminuer l’enfouissement des matières résiduelles en les revalorisant sous une autre voie.

En tant qu’enseignante en productions animales à l’Institut de technologie agroalimentaire, campus de La Pocatière, je prends part avec l’équipe de Biopterre à la réalisation de projets de développement de litières pour le bétail. Certains intrants moins communs sont testés, comme le panic érigé, de même que des matières recyclées, entre autres des résidus de bois. Les litières ainsi produites sont comparées à celles qui sont communément utilisées, telles que la paille et la ripe de bois, pour déterminer leur impact sur l’incidence des mammites cliniques et le confort. L’évaluation du confort, de la propreté des animaux, des signes de boiterie de même que la notation des lésions apparentes au niveau des jarrets, des genoux et du cou permettent de tirer certaines conclusions quant aux produits en développement. À titre d’exemple, le graphique 1 présente l’évolution des blessures indésirables au niveau du cou, des jarrets et des genoux observées durant un test à la ferme.

De plus, des échantillons de chacune des litières sont prélevés et analysés lors de l’application dans la stalle, de même que 6 h et 24 h après l’application. L’entretien de la stalle est fait de façon habituelle et l’ajout de litière est fait au besoin. Le graphique 2 présente le comptage bactérien total dans les différentes litières pour Staphylococcus aureus, Streptococcus spp., E. coli et Klebsiella spp., bactéries associées à l’expression de la mammite clinique.

Ainsi, l’ensemble de la recherche menée à terme sert à améliorer l’offre sur le marché et à atteindre des objectifs de haute importance pour l’industrie laitière et pour l’environnement, tout en permettant un transfert de connaissances aux étudiants, nos intervenants agricoles de demain. Quoi demander de mieux?

Nathalie Ouellet, AGR., Professeure en Technologie des productions animales à l’ITA, campus de La Pocatière, professeure associée à Biopterre