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L’identification de la localisation exacte du problème de boiterie chez le cheval et de sa nature est une prémisse au succès thérapeutique. Photo : Virginie Bérubé, ITAQ

L’identification de la localisation exacte du problème de boiterie chez le cheval et de sa nature est une prémisse au succès thérapeutique. Photo : Virginie Bérubé, ITAQ

Problèmes de boiterie chez le cheval : l’imagerie médicale à la rescousse

Les chevaux souffrent de diverses pathologies locomotrices. Les boiteries qu’engendrent ces affections peuvent limiter sérieusement leurs performances, voire rendre les chevaux inutilisables, et ce, même à des fins récréatives. Le défi du traitement de ces boiteries passe d’abord par un diagnostic précis. L’identification de la localisation exacte du problème et de sa nature est une prémisse au succès thérapeutique.

S’inspirant de la médecine humaine, les techniques d’imagerie médicale en médecine équine se sont grandement raffinées au cours des dernières années. Elles rendent désormais possibles un diagnostic très précis et un plan de traitement mieux adapté pour chaque cheval.

Sur le terrain, la radiographie et l’échographie sont des techniques d’imagerie facilement accessibles par les services vétérinaires ambulatoires. Avec le virage numérique, les appareils de radiographie se sont raffinés. Ils permettent l’obtention d’images de grande qualité, rendant ainsi plus facile l’identification de lésions qui étaient impossibles à cerner avec les appareils de radiographie conventionnels. La technologie numérique facilite également l’envoi rapide des images aux spécialistes en vue de l’obtention d’un avis d’expert.

Même si la qualité de ces images est impressionnante, il n’en demeure pas moins que la radiographie permet de visualiser seulement des atteintes osseuses. L’échographie devient alors l’outil parfait pour visualiser les tissus mous des membres (tendons, ligaments) et ainsi compléter l’examen vétérinaire sur le terrain. Utilisant les ultrasons, l’échographie est une technique non invasive et non douloureuse acceptée facilement par la plupart des chevaux. À l’instar de la radiographie, il existe maintenant des appareils échographiques portatifs très performants.

Bien que moins précise, la thermographie est une autre technique disponible. Utilisant des rayons infrarouges, ­l’examen par thermographie vise à identifier les variations de température. Les zones plus chaudes pourront alors faire l’objet d’investigations supplémentaires.

Des techniques de pointe pour aller plus loin

Dans les cas plus complexes, il arrive parfois que des techniques plus sophistiquées soient nécessaires pour préciser le diagnostic. Le propriétaire doit alors envisager de déplacer son cheval vers des centres de référence où l’on retrouve les appareils et l’expertise nécessaires à l’interprétation des images obtenues. Au Québec, trois types d’examens sont disponibles.

Parmi ceux-ci, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) est une technique de pointe qui permet de visualiser, avec une grande précision, les tendons et les ligaments des membres des chevaux. Cette technique n’utilise pas de rayons X. Elle repose sur l’utilisation de champs magnétiques générés par des aimants. Des techniques de médecine nucléaire (scintigraphie osseuse), quant à elles, permettent de détecter des problèmes osseux et articulaires. Lorsqu’elles sont employées, un produit traceur radioactif est d’abord injecté au cheval et une caméra spéciale (gamma caméra) capte les images. Finalement, la tomodensitométrie (CT scan) permet également de scruter les tissus à la loupe par l’émission de rayons X sur 360 degrés, autour de la région examinée. Les images obtenues sont des tranches qui pourront être traitées par des logiciels, pour obtenir des représentations en plusieurs plans, voire en trois dimensions.

Lors de ces examens sophistiqués, une anesthésie générale du cheval est nécessaire pour assurer l’obtention d’images de qualité et pour diminuer le stress imposé à l’animal. 

Certes, la disponibilité de différents procédés d’imagerie médicale est une forte avancée dans le diagnostic des pathologies locomotrices du cheval. Cependant, nous devons considérer ces outils comme des aides au diagnostic. En aucun temps, ils ne devraient, à eux seuls, remplacer l’examen attentif du cheval effectué par le vétérinaire.

Manon Galarneau, professeure en Techniques équines à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec, campus de La Pocatière