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La clé réside dans la détection rapide des cas afin de mettre en place les mesures appropriées qui permettront d’éviter la propagation de la bactérie aux animaux d’un même élevage, mais aussi à d’autres troupeaux. Crédit photo : Archives/TCN

La clé réside dans la détection rapide des cas afin de mettre en place les mesures appropriées qui permettront d’éviter la propagation de la bactérie aux animaux d’un même élevage, mais aussi à d’autres troupeaux. Crédit photo : Archives/TCN

Prévenir les infections à Salmonella Dublin à la ferme

Largement répandue dans le monde, la salmonellose est une infection bactérienne qui peut se développer chez plusieurs espèces (humains, bovins, animaux de compagnie, animaux de la faune, etc.).

Le sérotype (deuxième nom donné à la bactérie pour l’identifier) « Dublin » est adapté aux bovins. On dit d’un sérotype qu’il est adapté à un hôte quand il peut causer une infection permanente avec un porteur sain. Isolée dans les élevages québécois pour la première fois en 2011, Salmonella Dublin a été tour à tour présente dans les ateliers de veaux lourds, dans les fermes laitières, puis dans les élevages de bovins de boucherie. Certains cas de transmission vers l’humain ont également fait la manchette.

Puisqu’elle est adaptée à son hôte bovin, Salmonella Dublin peut se loger dans un nœud lymphatique de l’animal et en faire un porteur à vie bien qu’aucun signe clinique ne soit visible (porteurs sains ou asymptomatiques). Des événements stressants vécus par l’animal porteur peuvent alors « éveiller » la bactérie, qui sera excrétée dans les fèces, le lait ou le colostrum, amenant ainsi un risque de contamination des autres animaux du troupeau.

Mesures de prévention à mettre en place à la ferme

La principale source de contamination est l’introduction d’un animal infecté dans le troupeau. Pour limiter les risques, il faut :

  • effectuer des examens de vente et d’achat avec les informations pertinentes sur le troupeau d’origine;
  • respecter le programme de biosécurité implanté à la ferme, y compris la période de quarantaine.

Les porteurs sains présentent un défi supplémentaire, car ni la quarantaine ni les tests sérologiques ne garantissent l’élimination du risque associé à ces sujets.

La vitesse de propagation de la bactérie dépend de plusieurs facteurs, dont :

  • la densité animale;
  • l’hygiène à la ferme;
  • l’alimentation;
  • le système immunitaire des animaux.

La clé réside dans la détection rapide des cas afin de mettre en place les mesures appropriées qui permettront d’éviter la propagation de la bactérie aux animaux d’un même élevage, mais aussi à d’autres troupeaux. De plus, les animaux infectés posent un risque pour les humains qui sont en contact direct avec eux, ou encore qui consomment du lait cru ou des fromages de lait cru provenant d’animaux infectés.

Si vous suspectez un ou plusieurs cas de Salmonella Dublin dans votre élevage, n’hésitez pas à communiquer avec votre médecin vétérinaire praticien, qui vous assistera afin de confirmer ou d’infirmer cette suspicion. Il vous aidera aussi à mettre en place les mesures appropriées.

Signes cliniques à surveiller en épisode aigu

  • Fièvre;
  • Anorexie;
  • Faiblesse;
  • Diarrhée (pas toujours présente, contrairement aux autres salmonelles);
  • Infection généralisée.

La bactérie affecte particulièrement les jeunes veaux âgés de trois à sept semaines. La proportion d’animaux affectés varie de 10 % à 50 % si les conditions sont défavorables dans un élevage en particulier.

Dr Gilles Fecteau, m.v., I.P.S.A.V., DACVIM