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Kevin Wade, à l’emploi de l’Université McGill depuis 1992, réalise des graphiques qui représentent la rentabilité d’une vache en fonction de certains problèmes de santé. Photo : Gabriel Dallago

Kevin Wade, à l’emploi de l’Université McGill depuis 1992, réalise des graphiques qui représentent la rentabilité d’une vache en fonction de certains problèmes de santé. Photo : Gabriel Dallago

Pour une meilleure gestion des fermes laitières

Les recherches de Kevin Wade, chercheur et professeur agrégé au Département des sciences animales de l’Université McGill, ont comme objectif d’aider les producteurs laitiers à gérer leurs troupeaux et à rentabiliser leurs activités. Élevé dans une ferme laitière en Irlande, M. Wade rêvait de devenir vétérinaire avant de se tourner vers l’agronomie. Aujourd’hui, il se plaît à dire à ses étudiants : « C’est sans doute mieux ainsi, car je travaille avec des animaux en santé et non malades. »

Au fil du temps, il a constaté que plusieurs agriculteurs sont inondés de données informatiques provenant de leur propre ferme et de firmes-conseils qu’ils ont du mal à interpréter de façon optimale. C’est pourquoi il œuvre à développer un outil de calcul de la rentabilité des troupeaux laitiers au Québec. « J’analyse et je trie les données afin de les présenter sous forme de graphiques. Cette présentation visuelle permet aux producteurs de mieux comprendre les impacts de divers facteurs sur la rentabilité de leur entreprise », explique le scientifique.

Photo : Shutterstock.com

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Rentables à partir de 3 lactations

L’un de ses projets de recherche analyse l’impact de la longévité des vaches sur la rentabilité des entreprises laitières. Bien qu’une vache puisse avoir jusqu’à huit périodes de lactation avant d’être réformée, plusieurs bêtes sont vendues à l’abattoir au bout de trois lactations seulement. Or, certaines études rapportent que les vaches ne deviennent rentables qu’à partir de la troisième lactation. « Si les producteurs étaient au courant de ces données, peut-être se résoudraient-ils à conserver leurs bêtes un peu plus longtemps », souligne M. Wade.

Le chercheur s’intéresse aussi aux principales raisons qui poussent les agriculteurs québécois à réformer leurs vaches, dont la boiterie et la mammite, cette inflammation de la glande mammaire. Ainsi, il souhaite aider les producteurs laitiers à évaluer les impacts économiques des problèmes de santé de leur troupeau. « S’ils savaient, par exemple, qu’une mammite chez une vache de première lactation peut entraîner une augmentation des coûts de 74 %, ils miseraient davantage sur la prévention », note-t-il. 

Les coûts liés à la reproduction

En général, une vache donne naissance à son premier veau vers l’âge de deux ans. Le chercheur Kevin Wade calcule que pour nourrir et soigner la génisse durant les deux premières années de sa vie, l’éleveur engage des dépenses oscillant entre 2 500 $ et 3 500 $. Pour maximiser ses profits, il a avantage à recourir à l’insémination artificielle dès que l’animal est âgé d’environ 15 mois. À cela, il faut ajouter des frais liés aux soins vétérinaires.

Marie-Claude Ouellet, Agence Science-Presse