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L’engouement accru des consommateurs pour les vins du Québec incite certains vignerons à augmenter leurs surfaces de vignes, tandis que d’autres investisseurs songent à tenter leur chance avec cette culture. Crédit photo : Ordre des agronomes du Québec

L’engouement accru des consommateurs pour les vins du Québec incite certains vignerons à augmenter leurs surfaces de vignes, tandis que d’autres investisseurs songent à tenter leur chance avec cette culture. Crédit photo : Ordre des agronomes du Québec

Planifier l’implantation d’un vignoble

De quelques arpents de vignes à la fin des années 1970, la viticulture du Québec est passée à 939 hectares aujourd’hui. Les 239 vignerons québécois commercialisent deux millions de bouteilles de vin sur un marché potentiel au Québec de 220 M$ par année.

L’expertise québécoise, développée tant dans la gestion de la culture des vignes en climat nordique que dans les techniques de vinification, a grandement contribué à l’essor de la viticulture au Québec. Grâce à l’amélioration de la qualité des produits et de leur disponibilité dans les épiceries et le réseau de la Société des alcools du Québec (SAQ), l’engouement des consommateurs pour les vins du Québec est en progression. Cette croissance incite certains vignerons à augmenter leurs surfaces de vignes, tandis que d’autres producteurs et investisseurs songent à tenter leur chance avec cette culture.

Bonne planification nécessaire

L’implantation d’un vignoble est un projet à long terme. Dans la plupart des cas, cela représente plus de 15 ans de travail et exige un investissement important, tant en argent qu’en temps et en connaissances (plantations, gestion de la culture, vinification, bâtiments, équipement, distribution, vente, etc.).

Cela nécessite une bonne planification, que l’on doit amorcer d’un à deux ans avant l’implantation. Le raisin est récolté trois ans après la plantation de la vigne et le maximum de rendement est atteint à partir de la cinquième année.

Il est important de s’adresser à un œnologue dès le début de la démarche afin de définir les types de vins à produire et les techniques de vinification, et de sélectionner les équipements du chai. De plus, il est recommandé de consulter un agronome pour évaluer le potentiel viticole du site choisi. Plusieurs éléments importants sont à analyser avant l’implantation d’un vignoble : le climat, le site, le sol, les cépages, l’entretien, la phytoprotection, la mise en marché (règlements, indication géographique protégée, certification biologique, etc.) et, enfin, la rentabilité de l’entreprise.

L’analyse des données climatiques est parfois décisive quant à l’intérêt de poursuivre ou non l’étude du projet d’implantation d’un vignoble. À titre d’exemple, les données climatiques analysées pour un site sont les degrés-jours, le gel hivernal et printanier et le nombre de jours sans gel. L’agronome sera alors en mesure de suggérer un ou plusieurs cépages adaptés et, selon les contraintes analysées, pourra proposer des façons d’améliorer le site, comme le drainage, et suggérer des méthodes de protection, notamment contre le gel.

Des agronomes spécialisés en viticulture

Pour accompagner les vignerons dans le développement de la viticulture au Québec, quelques agronomes se sont spécialisés dans ce domaine. Généralement, ils sont membres du réseau Agriconseils et certains de leurs services-conseils sont admissibles à une aide financière.

Larbi Zerouala, agronome, conseiller en viticulture, en petits fruits et en agriculture biologique, MAPAQ, région des Laurentides