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En employant les sons pour mesurer la fermeté, la texture, l’humidité et l’acidité des fruits et des légumes, il serait possible d’établir le meilleur moment pour la récolte ainsi que la durée maximale d’entreposage. Photo : Archives/TCN

En employant les sons pour mesurer la fermeté, la texture, l’humidité et l’acidité des fruits et des légumes, il serait possible d’établir le meilleur moment pour la récolte ainsi que la durée maximale d’entreposage. Photo : Archives/TCN

Mieux mesurer la qualité des aliments

Originaire du Nigeria, Jacob Tizhe Liberty a toujours cherché à développer des solutions aux problèmes locaux qu’il observait. C’est ce qui l’a amené, dans le cadre de ses études doctorales, à mettre au point de nouvelles techniques pour mieux évaluer la qualité des aliments et ainsi diminuer le gaspillage.

Les consommateurs devraient pouvoir connaître la qualité de la nourriture qu’ils achètent, croit l’étudiant de l’Université McGill. Toutefois, il n’est pas toujours facile de mesurer la qualité des fruits et des légumes en se fiant à leur apparence visuelle ou en les palpant. « L’utilisation des sens est plus ou moins fiable et peut être destructive », souligne-t-il.

Semblable aux ultrasons

Pour obtenir un portrait plus objectif, Jacob Tizhe Liberty s’intéresse à l’imagerie acoustique non destructive, une technique semblable aux ultrasons. Son utilisation dans le domaine alimentaire repose sur les mêmes principes que les techniques d’échographie employées pendant la grossesse. En effet, le son peut se propager à l’intérieur d’un aliment comme une vague. Selon les propriétés de l’échantillon analysé, la vitesse de ces vagues peut accélérer ou ralentir.

« Notre instrument envoie des sons sur l’aliment, explique l’étudiant. En nous basant sur les caractéristiques des sons qui nous reviennent, nous pouvons déterminer la maturité du fruit ou du légume. C’est comme si nous pouvions voir la qualité avec nos oreilles. » Les sons permettent même de mesurer l’acidité, la viscosité et le contenu en sucre d’un aliment.

Cependant, chaque type de fruit ou de légume réagit différemment. « Notre principal défi actuellement est la calibration de l’instrument, souligne Jacob Tizhe Liberty. Nous avons tout un spectre d’aliments qui sont hétérogènes et complexes. » Son équipe doit donc faire le lien entre les mesures reçues grâce aux sons et la maturité du fruit ou du légume testé.

Moins de gaspillage

Lorsque la calibration sera terminée, l’étudiant souhaite tester la technique auprès des producteurs et des manufacturiers. « Nous voulons confirmer l’applicabilité et l’utilité de l’appareil pour déterminer la qualité des aliments. »

En employant les sons pour mesurer la fermeté, la texture, l’humidité et l’acidité, il serait possible d’établir le meilleur moment pour la récolte ainsi que la durée maximale d’entreposage. La technique que développe Jacob Tizhe Liberty permettrait donc de diminuer le gaspillage alimentaire.

Prédire la durée de vie des fruits et légumes sur les tablettes pourrait même réduire l’empreinte de carbone attribuable au gaspillage, souligne l’étudiant. « Cela est d’autant plus important que le gaspillage alimentaire, s’il était un pays, serait le troisième plus grand producteur de CO2 du monde », rappelle-t-il. 

Une version portable

Le but ultime de Jacob Tizhe Liberty est de développer une version portable de son appareil. « Le consommateur pourrait ainsi évaluer la qualité des produits qu’il achète à l’épicerie », explique-t-il. Selon lui, un tel appareil pourrait être disponible d’ici trois à cinq ans.

Kathleen Couillard, Agence Science-Presse