fbpx
La haie brise-vent est un système agroforestier implanté dans les parcelles agricoles qui vise à protéger les sols, les cultures ou les infrastructures agricoles. Crédit photo : CRAAQ

La haie brise-vent est un système agroforestier implanté dans les parcelles agricoles qui vise à protéger les sols, les cultures ou les infrastructures agricoles. Crédit photo : CRAAQ

Les professionnels de l’agroforesterie : l’agronome et l’ingénieur forestier

L’agroforesterie est un domaine d’expertise qui évolue constamment au Québec et ailleurs. Mais en quoi consiste-t-elle? En fait, il s’agit d’un système intégré qui repose sur l’association intentionnelle d’arbres ou d’arbustes à des cultures ou à des élevages. L’interaction créée entre ces espèces permet de générer des bénéfices économiques, environnementaux et sociaux.

L’agroforesterie se décline en différents projets qui s’articulent autour des systèmes suivants :

Les cultures implantées sous couvert forestier (ex. : ginseng, pâturages pour les animaux d’élevage);

Les systèmes agrosylvicoles dans lesquels on vise, sur une même parcelle, la production de bois et d’agriculture (ex. : alternance de rangées d’arbres et de bandes cultivées);

Les systèmes sylvopastoraux qui introduisent l’élevage de bêtes à l’intérieur d’un boisé ou dans une parcelle agrosylvicole ou des arbres dans un pâturage;

Les bandes riveraines agroforestières (arbres ou arbustes associés à une culture) implantées sur la rive des plans d’eau;

Les haies brise-vent implantées dans les parcelles agricoles ou en bordure de celles-ci dans le but de protéger les sols, les cultures ou les infrastructures agricoles (ex. : bâtiments d’élevage);

La plantation d’arbres fruitiers et d’arbres à noix en interaction avec des cultures ou des animaux d’élevage.

Pour planifier et réussir l’instauration de tels systèmes, il est essentiel qu’un agronome ou un ingénieur forestier procède à un diagnostic agroforestier. Le choix du professionnel qui réalisera cette étape dépend de ce que l’on souhaite accomplir. Or, la collaboration entre les deux types de professionnels est souvent nécessaire pour mener à terme ce genre de projet. 

Le diagnostic agroforestier donne la possibilité d’établir des mesures de gestion pour optimiser son fonctionnement. Il permet aussi de déterminer des moyens de prévention ou de protection pour contrôler l’impact de l’implantation ou de l’aménagement sur la vocation productrice de la parcelle (ex. : santé du peuplement forestier, cultures agricoles adjacentes). 

Tout système implanté ou aménagé sur une terre, qui se situe au sein ou en bordure d’une parcelle agricole ou à proximité d’infrastructures agricoles (ex. : bâtiment d’élevage, serre), nécessitera un diagnostic agroforestier réalisé par un agronome. Par contre, les systèmes qui se trouvent sur une terre forestière à l’intérieur d’une plantation sylvicole ou d’un peuplement forestier naturel situé en zone forestière, agricole ou urbaine, devront être mis au point par un ingénieur forestier.

L’implantation de cultures (ex. : ginseng, pâturage) en vue d’une production agricole et l’élevage d’animaux sous couvert forestier ou dans un sous-bois est le seul système qui relève d’un acte professionnel réservé et exclusif à un agronome. Tous les autres cités plus haut sont partagés entre l’agronome et l’ingénieur forestier, pourvu que le diagnostic agroforestier soit préalablement réalisé par le professionnel attitré.

Raymond Leblanc, agr., M. Env., MBA, Conseiller en pratique professionnelle, Ordre des agronomes du Québec
Francis Gaumond, ing. f., M. Sc., Inspecteur et responsable de la pratique professionnelle, Ordre des ingénieurs forestiers du Québec