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Kahshennoktha Deer, étudiante au Campus Macdonald et employée du centre horticole. Crédit photo : Florence Pelletier-Solasse

Kahshennoktha Deer, étudiante au Campus Macdonald et employée du centre horticole. Crédit photo : Florence Pelletier-Solasse

Les agriculteurs et le défi de bien manger

Bien qu’ils bougent beaucoup, les agriculteurs présenteraient des problèmes de surpoids, plus que le personnel de bureau! Cette observation n’étonne pas Florence Pelletier-Solasse, car les producteurs font face à plusieurs défis alimentaires qui font souvent osciller la balance vers le haut. La jeune femme est bien placée pour le savoir. Après avoir fait un baccalauréat en nutrition et diététique, sous la supervision de Maureen Rose, chercheuse à l’École de nutrition de McGill, elle travaille comme agricultrice dans les secteurs maraîcher et laitier à la ferme du Campus Macdonald.

Mieux manger pour mieux bouger

Les producteurs maraîchers marchent beaucoup dans les champs et les serres et se penchent souvent pour planter et récolter des végétaux. Ils dépensent beaucoup d’énergie, peut-elle témoigner. Forte de son expertise en nutrition, Mme Pelletier-Solasse recommande à ces gens de manger plus, mais en évitant les gros repas qui rempliront l’estomac et compliqueront certains mouvements. Elle préconise ainsi, pendant les heures de travail, plusieurs repas de format collation, exempts de riz, de pâtes et de légumes, que l’on garde pour le souper. « Dans ce domaine, manger souvent est primordial, même si l’on ne ressent pas la faim, car l’énergie baisse vite quand on bouge beaucoup », explique-t-elle. 

Inversement, dans le secteur des grandes cultures, les travailleurs passent beaucoup de temps assis dans leur tracteur. La nutritionniste-agricultrice leur conseille d’avoir plusieurs collations santé sous la main, mais de ne pas en garder trop dans le tracteur. Pour les producteurs laitiers qui se lèvent très tôt, elle suggère de déjeuner au réveil, mais elle comprend que tout le monde n’arrive pas à manger à 4 h du matin. « L’important est de ne pas sauter le déjeuner, précise Mme Pelletier-Solasse. Je recommande une pause déjeuner un peu plus tard en matinée, sinon, on aura tendance à se tourner vers la restauration rapide ou à trop manger à l’heure du souper pour combler le manque de calories. »

Écouter les signaux de la faim

Peu importe leur spécialisation, les agriculteurs doivent augmenter leur apport calorique durant la grosse saison. Pour maintenir un bon niveau d’énergie, Mme Pelletier-Solasse privilégie les protéines au déjeuner. Les œufs sont son coup de cœur : plus faciles à digérer que la viande, ils coupent la faim pendant un bon moment.

Lorsque la charge de travail ralentit, les gens doivent revenir à une alimentation plus traditionnelle : trois repas par jour et deux collations quand la faim se fait sentir. « Après une période de rush, il est facile de continuer à manger beaucoup par habitude, même si le corps n’a plus besoin d’autant de nourriture », rappelle-t-elle. En tout temps, elle conseille de ne pas calculer les calories, mais d’écouter sa faim et de surveiller la balance. 

Nathalie Kinnard, Agence Science Presse