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Lorsqu’une vache est toujours non gestante après plusieurs saillies, le test d’estérase peut s’avérer utile pour détecter l’endométrite subclinique. Photo : Shutterstock.com

Lorsqu’une vache est toujours non gestante après plusieurs saillies, le test d’estérase peut s’avérer utile pour détecter l’endométrite subclinique. Photo : Shutterstock.com

Le test d’estérase facilite le diagnostic d’endométrite subclinique

L’endométrite subclinique est une maladie des vaches qui se distingue par une infection chronique de l’utérus au cours des deux mois suivant le vêlage. Comme son nom l’indique, il n’y a pas de façon de savoir si les bêtes sont affectées ou non, à moins qu’un vétérinaire fasse un test spécifique. En général, les producteurs en ont souvent beaucoup plus dans leur étable qu’ils ne le croient.

Au cours des dernières années, un gros travail de recherche a été réalisé pour faciliter le diagnostic de l’endométrite subclinique dans les fermes du Québec. Le test de référence s’effectue à l’aide d’un microscope pour lire et analyser un frottis de cellules provenant de l’utérus. Heureusement, le test d’estérase permet de faire ce diagnostic assez aisément dans l’étable en deux minutes. Pour ce faire, le vétérinaire prélève un échantillon de cellules utérines en utilisant une brosse montée dans un instrument qui ressemble à un cassou d’insémination artificielle. Cette dernière est ensuite plongée dans un liquide. Puis, on utilise une bande colorimétrique pour établir le diagnostic. Si elle devient mauve, la présence d’endométrite subclinique est confirmée. C’est une procédure relativement simple et rapide à suivre.

Cette brosse montée dans un instrument qui ressemble à un cassou d’insémination artificielle sert à réaliser le prélèvement.

Cette brosse montée dans un instrument qui ressemble à un cassou d’insémination artificielle sert à réaliser le prélèvement.

Le test d’estérase peut être utilisé dans différentes situations pour améliorer la performance en reproduction des vaches. L’approche la plus fréquente est de faire ce test chez les bêtes qui comptent de 30 à 60 jours de lactation pour déterminer celles dont le résultat est positif afin de les traiter avant de faire la première saillie.  Dans un tel contexte, on vise à guérir les animaux affectés, mais aussi à quantifier la proportion de ceux qui sont atteints. Si l’on relève beaucoup de cas d’endométrite subclinique dans un troupeau, la gestion de celui-ci pourrait être modifiée afin de prévenir la maladie.

Lorsqu’une vache est toujours non gestante après plusieurs saillies, le test d’estérase peut également être utile. Dans cette situation, il est possible que l’endométrite subclinique soit la cause du problème. Il peut alors être pertinent de tester la vache et de la traiter au besoin pour améliorer ses chances d’entrer en gestation au cours des semaines suivantes.

Finalement, ce test peut aussi s’avérer utile chez les vaches qui servent au transfert embryonnaire. Que ce soit pour les donneuses d’embryons ou pour les receveuses, il est clair que la présence d’endométrite subclinique peut être défavorable au succès de la procédure.

Alors, si un troupeau a une performance suboptimale en reproduction, la présence d’endométrite subclinique est à considérer. Le nombre de cas pourrait être plus important qu’on le croyait. 

Nombre de cas élevés

La proportion de vaches atteintes d’endométrite subclinique dans un troupeau laitier moyen au Québec est d’environ 30 %, soit presque une vache sur trois. C’est beaucoup. Autre fait étonnant : les meilleurs cheptels sont affectés dans une proportion de 5 %, alors que les moins bons ont 80 % d’animaux atteints.

Dr Jocelyn Dubuc, médecin vétérinaire, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal