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Avec sa dent robuste munie d’un soc en V, le sarcleur lourd est adapté à toutes les conditions. Photo : Institut de technologie agroalimentaire du Québec

Avec sa dent robuste munie d’un soc en V, le sarcleur lourd est adapté à toutes les conditions. Photo : Institut de technologie agroalimentaire du Québec

Le contrôle mécanique des mauvaises herbes comme solution pour la réduction des herbicides (partie 2)

Est-ce que le contrôle mécanique des mauvaises herbes fait partie de la solution à la réduction des herbicides?

Dans la chronique précédente, nous avons abordé les outils de désherbage mécanique en plein champ. Nous nous intéresserons maintenant aux outils de contrôle mécanique entre rangs et aux systèmes de guidage qui permettent d’améliorer l’efficacité des interventions mécaniques.

Différents types de sarcleurs pour le contrôle entre rangs

Le sarcleur lourd : Possédant une seule dent de travail robuste avec un système de tension élevé, le sarcleur lourd peut travailler dans tout type de sol (ferme/dur, lourd ou argileux, avec ou sans résidus de culture et avec ou sans mauvaises herbes vivaces). Cette dent est munie d’un soc en V couvrant la largeur de l’entre-rang et ayant pour fonction de découper horizontalement le sol pour exposer les racines des mauvaises herbes. Sa plage opérationnelle est beaucoup plus importante que celle des autres types de sarcleurs. Une barre porte-outils permet d’ajouter des équipements supplémentaires (ex. : des disques qui vont permettre de retirer du sol et des mauvaises herbes très près du rang). C’est le sarcleur de choix pour l’application d’un fertilisant en post-levée dans une culture de maïs; il sera introduit dans le sol aux extrémités du soc.

Le sarcleur mi-lourd ou léger : Plus légers et moins coûteux à l’achat, ces types de sarcleurs comportent de trois (mi-lourd) à cinq dents (léger) par entre-rangs. Ils sont très bien adaptés pour le désherbage dans des sols à texture sableuse (loam sableux, sablonneux), mais ils sont à éviter dans les sols lourds ou comportant des résidus de cultures. Comme ils sont munis de plusieurs dents, il y a un risque de bourrage avec les résidus. Ce ne sont pas des outils qui ont la capacité de travailler le sol en profondeur et d’extirper des mauvaises herbes plus coriaces ou des vivaces. Ils sont donc efficaces pour des mauvaises herbes de stades peu avancés. Le sarcleur à doigts : Il permet de sarcler sur le rang directement. Plusieurs modèles existent pour travailler différents types de sols (doigts rigides ou doigts semi-
rigides). Les doigts sont entraînés par une cage d’acier située en dessous du système. Par la vitesse tangentielle des doigts, il a la capacité d’extirper les mauvaises herbes très près sur le rang. Le contrôle est beaucoup plus précis, mais nécessite des ajustements. Un système de guidage va permettre d’obtenir une meilleure précision sur le rang.

Les sarcleurs en rangs (légers, lourds et mi-lourds) ont l’avantage, par rapport à la houe rotative et au peigne, de pouvoir être utilisés dans les entre-rangs lorsque les mauvaises herbes sont à un stade beaucoup plus avancé (stade de quatre feuilles pour le maïs et de feuilles trifoliées pour le soya). Par contre, plus la mauvaise herbe est à un stage avancé (hauteur de 20 cm ou présence de vivaces), plus il est difficile de la contrôler avec un sarcleur léger ou mi-lourd. Le sarcleur lourd aura une meilleure capacité à travailler, compte tenu de l’interaction entre sa dent unique et les mauvaises herbes. Certains opteront pour le sarclage de l’entre-rang avec l’application d’un herbicide en bande sur le rang de culture. Cette option réduit considérablement l’utilisation d’herbicides par rapport à une pulvérisation plein champ.

Des systèmes pour améliorer l’efficacité des interventions

Les choix des outils et des technologies d’agriculture de précision dépendent de plusieurs facteurs : le type de culture, le type de sol et son état, la présence de résidus, la régie culturale à la ferme (conventionnelle, travail minimum ou semis direct), les infrastructures de communication disponibles (accès à un réseau cellulaire ou à un réseau de signal GPS), etc. Différents systèmes de guidage permettent d’améliorer l’efficacité du désherbage mécanique avec les sarcleurs. Les systèmes optiques (caméras 3D) repèrent le rang en temps réel et corrigent la position du sarcleur afin de s’assurer que les dents demeurent toujours près du rang, sans toutefois aller sur le rang. Les systèmes de guidage mécanique sont très peu coûteux. Ils nécessitent cependant que les plants soient suffisamment développés afin de permettre le guidage de la tige du système sur le rang.

Qu’ils soient optiques ou mécaniques, les systèmes de guidage contrôlent la tête d’attelage (ou tête de guidage) pour déplacer le sarcleur en rangs de gauche à droite afin de permettre un sarclage maximal. Dans les deux cas, le guidage GPS du tracteur lors du semis des cultures en rangs va faciliter le guidage du sarcleur par la suite. Également, on retrouve de plus en plus de GPS installés sur le sarcleur comme alternative au système optique ou mécanique. La gestion des mauvaises herbes nécessite des interventions régulières en fonction des cultures implantées. La dernière partie de ce texte traitera des différents moments d’intervention et de la gestion intégrée à l’échelle de l’entreprise agricole.

Vincent Lamarre, professeur en Gestion et technologies d’entreprise agricole à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec, campus de La Pocatière et professeur associé à Biopterre