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Des étudiants effectuent la récolte de fleurs dans le cadre de leur cours, sur une parcelle pédagogique qui sert également de site d’expérimentation pour un projet de l’Institut québécois du développement de l’horticulture ornementale en phytoprotection, avec la collaboration de Dubois Agrinovation. Photo : Claude Vallée

Des étudiants effectuent la récolte de fleurs dans le cadre de leur cours, sur une parcelle pédagogique qui sert également de site d’expérimentation pour un projet de l’Institut québécois du développement de l’horticulture ornementale en phytoprotection, avec la collaboration de Dubois Agrinovation. Photo : Claude Vallée

L’avenir de la fleur coupée au Québec

La production de fleurs coupées évolue au Québec. Et les possibilités aussi. Avant les années 1980, la production de fleurs coupées était pratiquée à petite échelle.

La majorité des producteurs vendaient leurs fleurs à la ferme ou dans des marchés saisonniers, en complément de leurs légumes. Un premier essor a eu lieu lors du boum serricole des années 1980, avec l’apparition des grands complexes de serres. Dans les années 1990, plus d’une quinzaine de producteurs étaient en activité au Québec, la plupart spécialisés dans la production de la rose en serre. Ces producteurs destinaient leurs productions aux grossistes, au marché floral interprovincial, ou encore à certains commerces. Les grossistes permettaient la distribution et l’écoulement des productions à l’année, assurant ainsi la stabilité des revenus pour la majorité des entreprises de production de fleurs en serre.

Puis, la compétition internationale, surtout de l’Équateur, de la Colombie, du Kenya et de l’Éthiopie, a mis à mal cet équilibre. Les coûts de production au Québec, principalement sous serres, n’étaient pas compétitifs; les frais de chauffage et de main-d’œuvre, entre autres, étaient beaucoup plus élevés au Québec.

Un nouveau consommateur

Toutefois, le vent tourne. La surface de production de fleurs coupées au Québec augmente, tout comme les ventes, stimulées par l’attrait des consommateurs pour les produits de proximité, à plus faible impact sur l’environnement, cultivés à petite échelle et selon une approche de culture responsable. Les produits issus de fermes familiales ont la cote. Un nouveau consommateur est au rendez-vous! Un consommateur plus sensibilisé, depuis la COVID-19, à l’autonomie alimentaire et aux avantages de l’approvisionnement local. Le consommateur tient désormais plus au développement de sa collectivité et à la protection de l’environnement.

Cette tendance demeure quand même fragile : en 2022, les ventes de fleurs du Québec ont diminué, probablement en raison de la possibilité de ­voyager, puisque la diminution constatée touche principalement la demande d’abonnements de bouquets estivaux.

Loin de se décourager, les fermes florales québécoises, estimées à près de 80, ne manquent pas d’imagination dans la diversification de leurs produits et services, afin de joindre le consommateur, qui démontre assurément un engouement pour les fleurs coupées du Québec.

La production locale des fleurs coupées, encore ­marginale, bénéficie d’une large perspective de développement. En effet, actuellement, elle représente ­seulement 5 % des achats de fleurs au Québec.

La régie de culture des fleurs coupées exige de la planification, des compétences en gestion, en ­production et en commercialisation pour émerger au Québec. Conscients de leur rôle, plusieurs intervenants tels le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de ­l’Alimentation du Québec, l’Institut québécois du développement de l’horticulture ornementale, les Producteurs en serre du Québec, Québec Vert et les institutions d’enseignement travaillent en ce moment pour appuyer le développement de ce secteur, chacun dans leurs missions respectives.

À l’heure où, d’un clic, le consommateur peut recevoir ses commandes dès le lendemain au pas de sa porte, l’innovation en commercialisation est assurément un élément clé du développement de cette ­spécialité ­agricole. 

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Claude Vallée

Professeur en horticulture ornementale, environnementale, nourricière et biophilique
Institut de technologie agroalimentaire du Québec