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L’un des employés du Centre de recherche horticole du Campus Macdonald, Manuel Almengo, et deux étudiants, Shane Wood et Michael Gossag, récoltent des oignons espagnols. Le Centre est accessible aux étudiants de divers départements : agronomie, diététique, génie rural, etc. Crédit photo : Michael Bleho

L’un des employés du Centre de recherche horticole du Campus Macdonald, Manuel Almengo, et deux étudiants, Shane Wood et Michael Gossag, récoltent des oignons espagnols. Le Centre est accessible aux étudiants de divers départements : agronomie, diététique, génie rural, etc. Crédit photo : Michael Bleho

L’approche écologique du Centre horticole

Depuis son arrivée en 1985 au Centre de recherche horticole de l’Université McGill, Michael Bleho rivalise d’ingéniosité pour cultiver des fruits et des légumes et combattre les ravageurs à l’aide de techniques plus respectueuses de l’environnement. « Autrefois, nous utilisions de grandes quantités de pesticides chimiques, mais de nos jours, nous privilégions les méthodes de lutte biologique et ça fonctionne très bien », affirme-t-il avec enthousiasme.

Il y a 15 ans, les employés du Centre horticole effectuaient trois arrosages de pesticides conventionnels au mois d’août pour protéger les poivrons contre la pyrale du maïs. Maintenant, ils relâchent plutôt des guêpes trichogrammes trois ou quatre fois durant la saison de croissance pour qu’elles s’attaquent à cet insecte nuisible. Cette méthode coûte un peu plus cher, mais elle est très efficace, car les guêpes parasitent et tuent les œufs du papillon. « Ça donne des poivrons sains qu’on peut manger directement dans le champ », mentionne le technicien horticole.

De plus, pour lutter contre un insecte appelé carpocapse du pommier, des diffuseurs à phéromones synthétiques sont installés dans le verger. Les phéromones sont des substances chimiques émises par les femelles afin d’attirer les mâles. Ces diffuseurs saturent donc le verger de phéromones, ce qui empêche les mâles de localiser les femelles. Étant donné que ce stratagème perturbe l’accouplement des insectes, leur population s’en trouve fortement réduite.

Et pour traiter les pommiers contre la tavelure, M. Bleho et ses collègues emploient un mélange de soufre et de bicarbonate de potassium. Grâce à RIMpro, un logiciel utilisé pour la prévision des infections primaires de ce champignon, ils déterminent le meilleur moment pour appliquer le produit en fonction des conditions de température et d’humidité enregistrées par la station météorologique de l’Université McGill. « L’an dernier, il n’y a presque pas eu de tavelure sur nos pommiers. Était-ce grâce au traitement ou aux faibles précipitations? Nous en aurons probablement le cœur net l’été prochain », lance-t-il.

Pour combattre cette maladie fongique, l’équipe du Centre horticole a aussi greffé et planté, en 2018, plus de 2 000 pommiers, dont le quart appartiennent à des variétés résistantes à la tavelure. Ce nouveau verger à haute densité requiert par conséquent moins de fongicides pour produire des fruits de qualité.

Changements progressifs

Quand M. Bleho est arrivé au Centre horticole, toutes les feuilles mortes ramassées sur le Campus Macdonald étaient jetées aux ordures. Mais depuis 20 ans, il en fait du compost. « Au bout de trois ans, ces feuilles produisent un beau compost noir, très riche en nutriments, que j’incorpore dans nos champs pour en augmenter la fertilité. Alors qu’une terre cultivée au Québec renferme en moyenne 1,5 % à 2 % de matière organique, nos champs en contiennent 5 % à 6 % », précise-t-il fièrement.

Maintenant, presque aucune tomate n’est plantée en plein champ sur le Campus. « Nous utilisons des tunnels qui prolongent la saison de croissance tout en limitant les maladies fongiques. Comme la pluie n’atteint pas les plants, les champignons pathogènes ont du mal à se développer », explique-t-il.

Ce qu’on y cultive

Le Centre horticole comprend deux serres et des vergers de pommiers, de pruniers et de poiriers. On y trouve aussi des champs où pousse une grande variété de fruits et de légumes comme des asperges, de l’ail, des courges d’hiver, des concombres, des cantaloups, des melons d’eau, des citrouilles, des fraises, des oignons, des laitues, des aubergines, des patates douces, des choux et même des raisins.

Marie-Claude Ouellet, Agence Science-Presse