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Le collecteur de matières fécales est composé de deux pièces. La première longe le dos du cheval et sert à soutenir la seconde, qui est suspendue sous ce dernier, permettant de récolter le fumier. Sur cette photo, le collecteur est installé sur le cheval donneur. Photo : Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Le collecteur de matières fécales est composé de deux pièces. La première longe le dos du cheval et sert à soutenir la seconde, qui est suspendue sous ce dernier, permettant de récolter le fumier. Sur cette photo, le collecteur est installé sur le cheval donneur. Photo : Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

La transplantation de microbiote fécal s’améliore chez le cheval

Le microbiote intestinal est un ensemble de micro-organismes qui contribuent à maintenir la santé de l’hôte. Il entre en ligne de compte dans la nutrition, le métabolisme énergétique, le renforcement immunitaire et la défense du receveur en agissant comme une barrière qui empêche les bactéries nuisibles d’envahir l’intestin.

Plus spécifiquement, chez les chevaux, ces micro-organismes jouent un rôle essentiel puisqu’ils fournissent les principales sources d’énergie lorsqu’ils décomposent les aliments mangés par l’animal. En cas de déséquilibre du microbiote, on dit que l’hôte est atteint de dysbiose, ce qui peut conduire au développement d’une maladie intestinale. Plus important encore, les bactéries qui affectent le tractus intestinal sont l’une des plus importantes causes de morbidité et de mortalité chez les chevaux.

Les options

Pour que le microbiote revienne à l’état sain, il est possible d’essayer de le manipuler, ce qui peut être fait de différentes manières :

  • en modifiant le régime alimentaire;
  • en administrant des prébiotiques et des probiotiques;
  • en procédant à la transplantation de microbiote fécal (TMF).

Les deux premiers traitements ne durent pas longtemps, et il en résulte souvent une récidive ou un décès. Un moyen novateur et efficace de ramener le microbiote intestinal à son état normal est d’avoir recours à la TMF, qui implique la transplantation de selles contenant des milliards de bactéries d’un donneur en santé à un patient souffrant de dysbiose.

Les défis de la science

De nos jours, la TMF est de plus en plus explorée comme traitement alternatif des maladies intestinales. La thérapie est couramment utilisée en dernier recours chez les humains infectés par le Clostridium difficile, et elle a un taux de réussite de plus de 90 %. La TMF est plus efficace lorsqu’elle est administrée directement dans le gros intestin par un lavement.

Cependant, le tractus intestinal de l’homme diffère considérablement de celui du cheval. L’animal est doté d’un long petit côlon qui proscrit l’utilisation d’un lavement. En effet, lorsque celui-ci est administré par voie intragastrique, l’acidité de l’estomac et l’activité enzymatique relative à la fermentation dans l’intestin grêle et dans le cæcum réduisent la viabilité bactérienne au cours de la TMF. Par conséquent, les techniques de TMF doivent être améliorées pour atteindre des taux de réussite plus élevés chez les chevaux.

Les recherches réalisées par l’équipe de la Faculté de médecine vétérinaire ont montré que le microbiote intestinal distal est resté inchangé chez les chevaux atteints de diarrhées chroniques qui reçoivent ce type de transplantation. Les travaux se concentrent donc maintenant sur l’amélioration de l’utilisation de la TMF pour les mammifères équins, en évaluant différentes méthodes pour concentrer les bactéries fécales de l’animal donneur et augmenter leur viabilité pendant le stockage. 

Causes de la dysbiose

La colite : Inflammation du côlon.

Les coliques : Douleurs abdominales intenses provoquées par des gaz ou une obstruction intestinale. Les trois causes les plus courantes des coliques sont une impaction importante du côlon, un grand déplacement du côlon et la colique spasmodique.

Le changement de régime alimentaire : Souvent, un changement de régime rapide modifie les bactéries présentes dans l’intestin et peut mener à un déséquilibre.

L’administration antimicrobienne : Les antibiotiques peuvent éliminer les bonnes bactéries dans l’intestin, ce qui permet aux agents pathogènes de proliférer.

Rebecca Di Pietro, Étudiante à la maîtrise
Marcio Costa, DVM, Ph. D., professeur adjoint à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal