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Des centaines de plantes indigènes telles que Tiarella cordifolia sont offertes sur le marché. Photo : Gracieuseté du département d’horticulture du Collège Montmorency

Des centaines de plantes indigènes telles que Tiarella cordifolia sont offertes sur le marché. Photo : Gracieuseté du département d’horticulture du Collège Montmorency

La mise en valeur des plantes indigènes dans les aménagements paysagers

La planification d’un aménagement paysager soulève plusieurs questions. Lorsque le thème, le style, ou l’ambiance se dessine, plusieurs réponses s’imposent d’elles-mêmes. Au printemps dernier, les finissants du programme de Paysage et commercialisation en horticulture ornementale du Collège Montmorency ont fait l’exercice pour leur projet de fin d’études. Passionnés par la beauté du paysage, mais aussi soucieux des enjeux environnementaux, les étudiants ont choisi le thème de la mise en valeur des plantes indigènes.

Au fil des ans, l’appellation « plantes indigènes » a gagné en popularité pour surclasser celle de « mauvaises herbes », moins élégante. En fait, les plantes indigènes sont des végétaux établis dans un environnement depuis fort longtemps, voire des milliers d’années, sans l’intervention humaine. Ce sont des plantes très bien adaptées à leur milieu avec une bonne tolérance aux ravageurs et aux maladies. Elles jouent un rôle crucial dans la conservation de la biodiversité ainsi que dans la sauvegarde des écosystèmes. L’utilisation ou la conservation de plantes indigènes au jardin favorise non seulement la biodiversité végétale, mais aussi celle de la faune, pour laquelle ces plantes servent d’habitat, de nourriture, de terrain de chasse ou de protection.

Une place au jardin

De nos jours, l’expansion des zones urbaines, la déforestation et l’apparition des plantes exotiques envahissantes ont des impacts négatifs sur la conservation de notre flore indigène. Alors, pourquoi ne pas donner un coup de pouce « vert » à nos plantes indigènes en les utilisant dans notre cour arrière? Pour les petits ou les grands espaces, elles peuvent être utilisées au même titre qu’une plante ornementale cultivée, soit en les intégrant à une plate-bande existante, soit en créant un espace naturel pour le bonheur des pollinisateurs et autres petits animaux qui s’y retrouveront. Les plantes indigènes se prêtent très bien à la restauration des berges, à la végétalisation des abords d’autoroutes et même, en milieu agricole, à l’implantation des bandes fleuries.

Des producteurs québécois ont développé une expertise remarquable grâce à laquelle il est maintenant possible de retrouver des plantes indigènes dans la majorité des centres de jardin. Comme pour n’importe quelle plante, la sélection de celles-ci pour le jardin dépendra des conditions dans lesquelles elles se retrouveront : le type de sol, l’humidité de celui-ci, l’ensoleillement, l’espace disponible, etc. Il est important d’acheter des plantes indigènes qui ont été cultivées et non récoltées dans la nature afin d’éviter les récoltes excessives et de conserver la nature déjà établie. Pour s’assurer d’une bonne rusticité, il est souhaitable que les plantes indigènes soient produites et acclimatées au Québec et non chez des producteurs situés à des milliers de kilomètres où les températures peuvent être différentes.

De nombreuses idées

Des centaines de plantes indigènes sont offertes sur le marché et présentent des attraits tous aussi différents les uns que les autres. En voici quelques-unes : Lobelia cardinalis, d’un rouge écarlate qui ne passe pas inaperçu auprès des colibris; Iris versicolore, l’emblème floral du Québec; Leucanthemum vulgare, la marguerite des passionnés; Monarda fistulosa, un spectacle en douceur pour tous les papillons; Tiarella cordifolia, des petites bougies dans votre sous-bois; Comptonia peregrina, un petit arbuste aux allures de fougère; et Cornus alternifolia, un arbuste de grande taille au port étalé et majestueux.

Tout comme les étudiants l’ont fait en technique d’aménagement paysager, introduire des plantes indigènes dans son jardin, c’est mettre en valeur la beauté de notre flore québécoise, contribuer à la conservation de notre biodiversité et ainsi protéger notre environnement. Qu’allez-vous demander au printemps prochain à votre conseiller au centre de jardin? 

ANNABEL CARIGNAN, Professeure au Département d’horticulture du Collège Montmorency